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Une frappe sur une ambulance à Gaza fait 15 morts, des hommes du Hamas ciblés selon Israël
L'armée israélienne a confirmé avoir frappé une ambulance, affirmant avoir ciblé une cellule du Hamas, selon qui le bombardement a fait 15 morts tandis qu'une autre frappe sur une école a tué 20 personnes, toujours selon l'organisation islamiste palestinienne.
La frappe vendredi contre l'ambulance, devant l'hôpital al-Chifa, a fait 15 morts et 60 blessés, selon le ministère de la Santé du Hamas, qui a affirmé que le véhicule faisait partie d'un convoi qui transportait "plusieurs blessés en route pour être hospitalisés en Egypte".
L'armée israélienne a elle affirmé que l'ambulance ciblée était "utilisée par une cellule terroriste du Hamas".
Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus s'est dit "profondément choqué", rappelant que "les patients, les soignants, les établissements et les ambulances doivent être protégés en tout temps", sur X.
Le Hamas a par ailleurs affirmé tôt samedi que 20 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées dans une attaque "visant" une école transformée en camp de fortune pour les personnes déplacées dans la zone d'al-Saftaoui, dans le nord de la bande de Gaza.
- Déclaration du Hezbollah -
Ces frappes interviennent alors que le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a plaidé vendredi pour des "pauses humanitaires" lors d'une visite à Tel-Aviv.
M. Blinken a appelé à "faire plus" pour protéger la population de Gaza, et plaidé pour des "pauses humanitaires" afin de permettre "une distribution plus efficace et soutenue de l'aide", lors d'un entretien avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Ce dernier a indiqué peu après qu'il refusait toute "trêve temporaire" sans "la libération des otages" enlevés par le Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.
Un haut responsable de la Maison Blanche a affirmé vendredi soir que libérer les otages du Hamas, soit au moins 240 personnes selon l'armée israélienne, "nécessiterait une pause très conséquente du conflit" avec Israël.
Il a évoqué des "discussions très sérieuses" actuellement en cours et précisé qu'il n'y "avait pas pour l'heure d'accord" pour une telle pause, dans une conférence téléphonique avec la presse
Le puissant chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, allié du Hamas et soutenu par l'Iran, a lui accusé les Etats-Unis d'être "entièrement responsables" de cette guerre déclenchée le 7 octobre par l'attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien contre Israël, qui suscite des craintes d'embrasement régional.
Dans son premier discours depuis le début de la guerre, il a prévenu Israël contre la "bêtise" d'une attaque contre le Liban, ajoutant que l'arrêt de "l'agression contre Gaza" empêcherait un conflit régional.
- "Conférence humanitaire" -
En France, le président Emmanuel Macron a annoncé une "conférence humanitaire" le 9 novembre à Paris, appelant lui aussi à une trêve humanitaire, "parce que la lutte contre le terrorisme ne justifie pas de sacrifier des civils".
Depuis bientôt un mois, les 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza assiégée vivent sous les bombardements israéliens, dans une situation humanitaire catastrophique.
Selon un bilan publié vendredi par le Hamas, au pouvoir dans ce territoire de 362 km2 depuis 2007, 9.227 personnes, dont 3.826 enfants, ont été tuées dans les frappes israéliennes.
En Israël, au moins 1.400 personnes ont été tuées selon les autorités depuis le début de la guerre, en majorité des civils massacrés le jour de l'attaque du Hamas, d'une violence et d'une ampleur inédites depuis la création d'Israël en 1948.
Israël, qui a promis "d'anéantir" le Hamas, avait annoncé jeudi soir être parvenu à encercler la ville de Gaza, où des quartiers entiers sont transformés en champs de ruines.
- Travailleurs renvoyés -
En visite jeudi sur une base militaire près de Tel-Aviv, Benjamin Netanyahu s'était félicité de "succès impressionnants" sur le terrain, mais avait aussi reconnu des "pertes douloureuses".
L'armée israélienne, qui fait état de 341 soldats tués depuis le 7 octobre, mène depuis une semaine des combats au sol acharnés, accompagnés de bombardements, dans le nord de Gaza afin d'y détruire les infrastructures du Hamas.
Hamad Hamada, 28 ans, un habitant de la ville de Gaza, a survécu à un bombardement. "Il n'y a eu aucun avertissement, la maison a été visée par une frappe directe. Elle est entièrement détruite", a-t-il raconté vendredi à l'AFP. "Trois enfants d'une même famille ont été sortis, les dégâts sont énormes et tous les autres habitants sont encore sous les décombres", a-t-il ajouté.
Le Croissant-rouge palestinien a fait état de frappes incessantes aux abords de l'hôpital Al-Qods, semant la panique parmi les 14.000 civils qui y ont trouvé refuge.
D'après le gouvernement du Hamas, sept personnes ont été tuées dans un bombardement à Jabaliya, un camp de réfugiés palestiniens du nord de la bande de Gaza déjà visé par des frappes meurtrières les jours précédents, et 15 autres dans le quartier de Zaytoun, dans la ville de Gaza.
Ajoutant aux inquiétudes sur le sort des civils, Israël a commencé vendredi à renvoyer dans la bande de Gaza, malgré les bombardements, des milliers de travailleurs palestiniens qui étaient bloqués sur son sol depuis près d'un mois.
Vendredi, des flots de travailleurs palestiniens exténués ont commencé à traverser le poste-frontière de Karem Abou Salem (appelé Kerem Shalom du côté israélien), entre Israël et la bande de Gaza.
"Ca fait 25 jours qu'on est en prison et aujourd'hui on nous a amenés ici, on ne sait pas du tout ce qui se passe à Gaza", confie à l'AFP Nidal Abed.
Vendredi, 17 blessés et 448 étrangers, dont 96 enfants, ont pu quitter Gaza vers l'Egypte via le poste-frontière de Rafah, seule fenêtre sur le monde pour le territoire, selon le ministère égyptien de la Santé.
La veille, soixante Palestiniens blessés et quelque 400 étrangers avaient quitté Gaza via ce point de passage.
- 140 morts en Cisjordanie -
Les échanges de tirs sont quotidiens à la frontière entre Israël et le sud du Liban, où le Hezbollah est très présent.
Ces accrochages ont fait 72 morts dans le sud du Liban depuis le 7 octobre, selon un décompte de l'AFP, dont 54 combattants du Hezbollah. Six soldats et un civil ont été tués du côté israélien, selon les autorités.
Depuis le 9 octobre, le "siège complet" imposé par Israël à la bande de Gaza prive la population de livraisons d'eau, de nourriture et d'électricité.
Le territoire était déjà soumis à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis 2007.
Plus de 420 camions d'aide humanitaire sont arrivés depuis le 21 octobre selon l'ONU, un nombre très insuffisant.
F.Ramirez--AT