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Premières évacuations depuis Gaza, Israël bombarde un camp de réfugiés palestiniens
Des centaines de blessés palestiniens et d'étrangers ont été évacués mercredi de la bande de Gaza, soumise aux bombardements incessants de l'armée israélienne qui a frappé pour la seconde fois en deux jours le plus grand camp de réfugiés du territoire.
Au 26e jour de cette guerre déclenchée par l'attaque sanglante perpétrée par le Hamas en Israël, un nouveau bombardement israélien a fait "des dizaines" de morts, selon le mouvement islamiste palestinien, dans le camp de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est dit "atterré" par ces bombardements.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui promis la "victoire" contre le Hamas, tandis que les combats se poursuivent dans le nord de la bande de Gaza entre soldats israéliens et combattants islamistes. Le Hamas a le choix entre "mourir ou se rendre sans condition", a déclaré mercredi le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant.
Rare éclaircie depuis le début de la guerre le 7 octobre, une première opération d'évacuation a permis à 76 blessés palestiniens et 335 étrangers et binationaux, selon un responsable égyptien, de quitter la bande de Gaza vers l'Egypte.
Le territoire palestinien est soumis depuis le 9 octobre par Israël à un "siège complet" qui prive sa population de livraisons d'eau, de nourriture et d'électricité et la situation humanitaire est jugée catastrophique pour ses 2,4 millions d'habitants.
- "Personne ne peut imaginer" -
"J'ai été brûlé, j'ai des éclats d'obus dans l'épaule", a dit à la chaîne égyptienne AlQahera News un des blessés évacués, Adel Mohammed, affirmant venir du camp de réfugiés d'el-Boureij. "Tout est détruit partout, personne ne peut imaginer: on n'a ni nourriture ni eau", a-t-il ajouté.
Dans l'après-midi, trois groupes de binationaux et d'étrangers ont pu quitter Gaza, selon un responsable égyptien et des chaînes de télévision égyptiennes.
Des soignants et secouristes égyptiens ont pris en charge les blessés et les ont transportés sur des brancards vers les ambulances.
"Mais l'attention ne doit pas se détourner des besoins encore plus grands" des milliers de "patients à Gaza dont la santé est trop précaire pour être évacués", a déclaré l'OMS.
Mercredi, le ministère de la Santé du Hamas a dit que 16 hôpitaux n'étaient plus opérationnels, sur les 35 que compte le territoire, selon l'OMS.
- 15 soldats israéliens tués -
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a fait état de 143 camions entrés jusqu'à lundi soir, mais insiste sur la nécessité absolue d'une aide beaucoup plus massive.
Une cinquantaine de camions transportant des médicaments et de la nourriture sont entrés mercredi, selon un responsable palestinien.
L'accord d'évacuation mis en oeuvre entre l'Egypte, le Hamas et Israël a été obtenu sous médiation du Qatar et en coordination avec les Etats-Unis selon une source diplomatique.
Selon les autorités israéliennes, au moins 1.400 personnes ont été tuées en Israël depuis le début de la guerre, en majorité des civils et la plupart le jour de l'attaque du Hamas, d'une ampleur et d'une violence inédites depuis la création d'Israël en 1948.
Dans la bande de Gaza, dirigée depuis 2007 par le mouvement islamiste, près de 8.800 personnes, dont 3.648 enfants, ont été tuées depuis le 7 octobre dans les bombardements israéliens, selon le Hamas. Plus de 2.000 personnes sont portées disparues sous les décombres, d'après la même source.
Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a accusé mercredi Israël de commettre "des massacres" à Gaza pour couvrir ses "échecs" et affirmé que la région ne connaîtrait pas de stabilité si les Palestiniens n'obtenaient pas leur "indépendance".
Après une première phase de sa riposte axée sur les bombardements massifs, Israël a aussi entrepris, depuis le 27 octobre, d'envoyer un nombre grandissant de chars et de soldats dans le nord de la bande de Gaza, où des combats féroces l'opposent, au milieu des ruines, aux combattants du Hamas.
Mercredi, l'armée israélienne a annoncé la mort de 15 soldats depuis la veille, portant à 330 le nombre de ses soldats morts dans cette guerre.
Des sirènes d'alerte aux roquettes ont une nouvelle fois retenti à Tel-Aviv et des bruits d'explosions ont été entendus par un journaliste de l'AFP. Aucune victime n'a été signalée.
- La Jordanie rappelle son ambassadeur -
Dans le territoire palestinien, selon les autorités israéliennes, au moins 240 otages, enlevés le 7 octobre, sont toujours aux mains du Hamas, qu'Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne considèrent comme une organisation "terroriste". Leurs proches, en Israël et à l'étranger, vivent dans l'angoisse de leur sort.
Mercredi, le Hamas a affirmé que sept otages, "dont trois détenteurs de passeport étrangers", avaient été tués la veille dans le bombardement sur le camp de Jabaliya.
Selon Israël, ce bombardement a permis d'"éliminer" un haut dirigeant du Hamas, Ibrahim Biari. Mais il a fait "des dizaines de morts et des centaines de blessés", d'après le ministère de la Santé du Hamas.
Alors que ce bombardement a été qualifié de nouvelle "atrocité" par le chef des opérations humanitaires de l'ONU Martin Griffiths, le camp de Jalabiya a été l'objet d'une nouvelle frappe mercredi qui a de nouveau fait "des dizaines" de morts selon le ministère de la Santé du Hamas, un bilan invérifiable dans l'immédiat.
Alors que chaque jour apporte ses craintes d'un embrasement régional, la Jordanie a annoncé le rappel "immédiat" de son ambassadeur en Israël en dénonçant "la guerre israélienne continue à Gaza qui tue des innocents et provoque une catastrophe humanitaire sans précédent".
Alors que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken doit se rendre vendredi en Israël dans le cadre d'une nouvelle tournée régionale, Ankara, la Turquie et l'Iran ont appelé à la convocation au plus vite d'une grande conférence internationale.
Au lendemain de tirs de missile par les rebelles Houthis au Yémen, proches de l'Iran, qu'elle dit avoir interceptés, l'armée israélienne a annoncé l'envoi de bateaux de guerre en mer Rouge.
A la frontière nord d'Israël avec le Liban, où les accrochages sont quotidiens, l'armée israélienne a dit avoir ciblé une "cellule terroriste" qui s'apprêtait à tirer des missiles antichars.
Huit soldats israéliens et un civil ont été tués à cette frontière depuis le 7 octobre, selon l'armée. Côté libanais, d'après un décompte de l'AFP, 63 personnes sont mortes, dont cinq civils et 47 membres du Hezbollah, allié du Hamas.
La guerre a également exacerbé les tensions en Cisjordanie occupée, où plus de 125 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre par des tirs de soldats ou de colons israéliens, selon l'Autorité palestinienne.
G.P.Martin--AT