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Biden attendu en Israël par "solidarité" et pour débloquer l'aide vers Gaza
Le président américain Joe Biden se rend mercredi en Israël pour lui manifester sa "solidarité" après l'attaque sanglante du Hamas, mais aussi négocier un dispositif humanitaire pour la bande de Gaza, bombardée et en état de siège, et tenter de prévenir une escalade régionale.
Alors qu'Israël se prépare à une offensive terrestre pour "anéantir" le mouvement islamiste palestinien, l'activité diplomatique s'intensifie. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui appelé mardi "le monde à se tenir uni aux côtés d'Israël pour vaincre le Hamas".
"Je demande aux dirigeants du monde que ma fille nous soit rendue dans l'état où elle se trouve aujourd'hui ainsi que les autres otages", a exhorté Keren Shem, la mère de Mia, une otage franco-israélienne, devant la presse mardi à Tel-Aviv. "Je supplie le monde de me rendre mon bébé".
La Turquie, qui mène une médiation sur les otages, a annoncé mardi avoir commencé des discussions "notamment avec l'aile politique du Hamas". Le Hamas a fait jusque là état de 22 otages tués dans les raids israéliens.
Dans la bande de Gaza, pilonnée par l'armée israélienne en riposte à l'attaque du Hamas, plus d'un million de Palestiniens, selon l'ONU, ont fui leur foyer.
L'eau et la nourriture manquent pour les 2,4 millions de Gazaouis, privés aussi d'électricité, après le siège imposé par Israël le 9 octobre au petit territoire palestinien, déja soumis à un blocus terrestre, maritime et aérien depuis la prise de pouvoir du Hamas en 2007.
"Dans les magasins, les réserves (de nourriture) sont de quelques jours, peut-être quatre ou cinq", a averti mardi le Programme alimentaire mondial (PAM).
- Pas de "pitié" -
Dans le sud de Gaza, où les habitants ont fui par centaines de milliers, suivant un appel à l'évacuation du nord lancé par l'armée israélienne, le point de passage de Rafah, contrôlé par l'Egypte, reste fermé.
L'aide humanitaire qui afflue reste bloquée à cette seule porte de Gaza sur l'extérieur qui ne soit pas contrôlée par Israël.
Premier chef de gouvernement à se rendre en Israël depuis le début de la guerre, le chancelier allemand Olaf Scholz a indiqué avoir évoqué avec Benjamin Netanyahu la possibilité d'un "meilleur accès de l'aide humanitaire" à Gaza.
"Personne n'a pitié de nous", s'indigne Ibrahim Teyssir, qui s'est réfugié à l'hôpital al-Chifa dans la ville de Gaza pour tenter d'échapper aux bombes. "Qu'est-ce qu'on a fait pour mériter ça? Qu'est-ce que les enfants ont fait? Qu'est-ce que les femmes ont fait?", s'emporte-t-il.
Du nord au sud de la bande de Gaza, des centaines de familles palestiniennes s'entassent comme lui dans les hôpitaux déjà surchargés de blessés.
Mais l'Organisation mondiale de la santé avait déjà recensé lundi "111 infrastructures médicales" visées, "12 cadres soignants tués et 60 ambulances visées".
Et au moins six personnes réfugiées dans une école de l'ONU ont été tuées mardi dans un raid israélien, selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).
- "Minimiser les pertes " -
Alors que l'armée israélienne a déployé des dizaines de milliers de soldats autour du territoire palestinien, et au nord le long de la frontière avec le Liban, près de 500.000 civils israéliens ont été évacués depuis le 7 octobre pour les éloigner des zones de combat, selon l'armée.
Plus de 1.400 personnes ont été tuées en Israël depuis le début de la guerre, la plupart des civils tués le jour de l'attaque du Hamas, la plus meurtrière connue par Israël sur son sol.
Les frappes menées en représailles ont tué quelque 3.000 personnes, en majorité des civils, dont des centaines d'enfants, selon les autorités locales. Le Hamas a annoncé mardi la mort d'un de ses commandants, Ayman Nofal, dans un raid, Israël ayant déja affirmé en avoir tué quatre.
Israël a aussi annoncé avoir récupéré les corps de 1.500 combattants du Hamas après leur incursion.
A l'issue d'une nuit d'entretiens à Tel-Aviv avec M. Netanyahu, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a annoncé la visite de Joe Biden pour "réaffirmer la solidarité des Etats-Unis".
Joe Biden espère "entendre de la part d'Israël comment il mènera ses opérations de manière à minimiser les pertes civiles et à permettre l'acheminement de l'aide humanitaire (...) d'une manière qui ne profite pas au Hamas", a ajouté Antony Blinken.
- Menace iranienne -
M. Biden doit aussi rencontrer le président égyptien, le roi de Jordanie et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Amman.
L'Iran, ennemi d'Israël, a de son côté menacé d'une possible "action préventive" contre ce pays.
Si les Israéliens poursuivent leur guerre contre le Hamas, "personne ne pourra arrêter" les "forces de la résistance", a lancé le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, désignant ainsi les alliés régionaux de l'Iran (Syrie, Hamas, Hezbollah libanais entre autres).
Les Etats-Unis ont annoncé mardi que 2.000 soldats américains avaient été placés en alerte pour un éventuel déploiement dans la région.
La tension est vive aussi à la frontière avec le Liban, où les échanges de tirs sont quotidiens entre l'armée israélienne et le Hezbollah qui a annoncé que cinq de ses combattants avaient été tués dans le sud du Liban.
En Cisjordanie, un territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël, au moins 61 Palestiniens ont été tués dans des violences depuis le 7 octobre, selon les autorités locales.
A Gaza, l'armée israélienne "commencera ses activités militaires renforcées lorsque le moment sera propice", a déclaré mardi son porte-parole, Jonathan Conricus. Il a prévenu que "si les otages sont tués (...) le Hamas en paiera le prix".
Une telle opération s'annonce périlleuse sur ce terrain très densément peuplé, alors que le nord du territoire est truffé de tunnels où le Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, cache combattants et armes.
P.Hernandez--AT