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Une militante palestinienne assignée à résidence dans les Bouches-du-Rhône
Mariam Abou Daqqa, militante du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), en visite en France pour des conférences, a été assignée à résidence dans les Bouches-du-Rhône lundi avant une possible expulsion, qu'elle contestera en justice pour "faire valoir" ses "droits".
Le FPLP est une organisation qualifiée de terroriste par l'Union européenne.
"Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive: j'ai un visa valide. Je ne suis pas une terroriste mais une activiste de gauche qui ne vient (en France) que pour parler des droits des femmes et des Palestiniens. Je pensais que nous étions en démocratie ici", a-t-elle déclaré lundi à sa sortie d'un commissariat du centre de Marseille où elle doit se présenter quotidiennement.
Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Intérieur a indiqué que la militante était "membre du bureau politique du FPLP à Gaza" et que "le contexte actuel (programme de 15 conférences en France) est susceptible de constituer un trouble à l'ordre public qu'il s'agit de prévenir".
Dans son arrêté daté de dimanche et notifié à l'intéressée lundi, dont l'AFP a obtenu une copie, le ministère précise que Mme Abou Daqqa disposait d'un visa délivré par les services consulaires français à Jérusalem en août, avant la flambée de violences entre Israël et le mouvement palestinien Hamas.
Il indique que l'expulsion n'est pas applicable immédiatement car "il est nécessaire de prévoir l'organisation matérielle du départ" de Mariam Abou Daqqa, compte tenu notamment du "document de voyage" qu'elle détient actuellement.
"Je n'aimerais pas rester en France dans ces conditions mais si je peux faire valoir mes droits, j'attendrai" que la justice se prononce, a estimé cette militante de 72 ans qui a affirmé que 29 membres de sa famille étaient "décédés sous les bombes israéliennes à Gaza" ces derniers jours.
- "Parler aux deux côtés" -
Mme Abou Daqqa, dont la venue était prévue depuis de long mois à l'occasion de conférences sur le conflit israélo-palestinien dans plusieurs villes françaises, disposait d'un visa de 50 jours. Elle est arrivée en France fin septembre.
"Nous ne demandons que le respect du droit international qui n'est pas respecté par Israël depuis 75 ans", a indiqué cette militante contre l'occupation israélienne des territoires palestiniens.
A sa sortie du commissariat, Mme Abou Daqqa était accompagnée de Pierre Stambul, porte-parole de l'Union juive française pour la paix (UJFP), selon qui "l'arrêté d'expulsion est une décision illégale car on ne peut pas expulser quelqu'un vers un pays en guerre".
"La France trahit la position qu'elle avait depuis toujours, à savoir parler avec les deux côtés", a-t-il poursuivi. "On est contre toutes les victimes civiles", a ajouté le porte-parole de cette association juive laïque et antisioniste.
Plus de 1.400 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées lors d'une attaque d'une ampleur sans précédent lancée par des commandos du Hamas en Israël le 7 octobre.
Les bombardements israéliens qui ont suivi sur la bande de Gaza, territoire surpeuplé et sous blocus depuis des années, ont tué au moins 2.750 personnes, en majorité des civils palestiniens, dont des centaines d'enfants, selon les autorités locales.
Plusieurs personnes étaient par ailleurs toujours en garde à vue au commissariat de Marseille, dont une militante de l'UJFP, arrêtées après avoir participé dimanche à Marseille à un regroupement interdit par la préfecture, pour la défense des Palestiniens.
Plusieurs conférences, où devaient intervenir Mariam Abou Daqqa, ont été interdites ces derniers jours par les autorités françaises, notamment à Lyon et à Martigues (Bouches-du-Rhône).
Le 9 octobre, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet avait décidé d'interdire la venue de cette militante à l'Assemblée, invitée selon la présidence par la députée Ersilia Soudais (LFI) pour intervenir "à l'occasion de la projection d'un documentaire +Yallah Gaza+", le 9 novembre.
D.Lopez--AT