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Au Conseil de sécurité de l'ONU, Zelensky accuse la Russie d'être "criminelle"
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a directement interpellé la Russie lors d'une rare adresse mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU, dénonçant l'"agression criminelle" de Moscou contre son pays et "le blocage" de l'instance onusienne en raison du droit de veto russe.
"La plupart des pays du monde reconnaissent la vérité sur cette guerre", a déclaré M. Zelensky qui faisait face à l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassili Nebenzia, assis devant lui.
"Il s'agit d'une agression criminelle et injustifiée de la Russie contre notre nation, qui vise à s'emparer du territoire et des ressources de l'Ukraine", a-t-il affirmé.
M. Zelensky a appelé l'ONU à retirer à la Russie son droit de veto au Conseil de sécurité, parlant d'une réforme majeure nécessaire. "Le droit de veto aux mains de l'agresseur bloque l'ONU", a-t-il affirmé.
"Il est impossible d'arrêter cette guerre car tous les efforts font face au veto de l'agresseur ou de ceux qui soutiennent l'agresseur", a-t-il ajouté.
Auparavant, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, prenant la parole en premier, a lui aussi dénoncé le conflit qui "aggrave les crises géopolitiques et les divisions" dans le monde, appelant notamment la Russie à revenir dans l'accord sur l'exportation de céréales ukrainiennes duquel Moscou s'est retiré.
Signe d'une ambiance tendue, l'ambassadeur russe s'est plaint au début de la réunion que le président ukrainien soit autorisé à parler avant les autres membres du Conseil, dénonçant une instance "transformée en one-man show" et en "spectacle".
Ce à quoi le Premier ministre albanais Edi Rama, qui assure la présidence du Conseil a répliqué: "Arrêtez la guerre et le président Zelensky ne prendra plus la parole".
Alors que la guerre en Ukraine s'enlise, le président ukrainien a poursuivi mercredi son offensive diplomatique à New York où sont réunis les grands dirigeants de ce monde, en l'absence notable du Chinois Xi Jinping, du Russe Vladimir Poutine, du Français Emmanuel Macron et du Britannique Rishi Sunak.
La réunion de mercredi a été soigneusement calibrée et se déroule au plus haut niveau en présence de nombreux dirigeants.
C'est la première fois depuis le début de l'invasion russe de son pays, le 24 février 2022, que le président Zelensky s'exprime en personne devant le Conseil de sécurité de l'ONU.
Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov doit également prendre la parole devant le Conseil mais n'a pas assisté en personne au discours de M. Zelensky.
Les Etats-Unis et la France sont représentés au niveau de leurs chefs de la diplomatie Antony Blinken et Catherine Colonna.
- "Aucun vainqueur" -
S'adressant mardi à la tribune de l'Assemblée générale, M. Zelensky, habillé comme de coutume en treillis militaire, a accusé la Russie de commettre un "génocide" en Ukraine, s'efforçant de rallier à sa cause des pays du Sud parfois sceptiques en leur disant qu'ils avaient eux aussi intérêt en la victoire de Kiev.
Il a argué du fait que la Russie se sert de l'alimentation et de l'énergie nucléaire "comme d'une arme", ce qui impacte l'Ukraine comme "le reste du monde".
"Pour la première fois dans l'histoire moderne, on a l'occasion de faire cesser cette agression selon les termes du pays attaqué", a-t-il lancé en invitant les dirigeants de la planète opposés à l'agression russe à l'aider à préparer "un sommet de la paix".
Après un an et demi de guerre aux impacts en cascade sur le monde, notamment sur la sécurité alimentaire, certains pays du Sud plaident de plus en plus ouvertement pour une solution diplomatique.
Plusieurs dirigeants dont le président turc Recep Tayyip Erdogan ont ainsi appelé à "intensifier" les efforts de paix car "la guerre n'aura aucun vainqueur et la paix aucun perdant".
Pour Olga Oliker, de l'International Crisis Group, "bien qu'elle soit loin d'être le seul conflit qui agite le monde, la guerre de la Russie en Ukraine concerne à la fois la défense de la souveraineté de l'Ukraine, l'avenir de l'ordre de sécurité européen et la sécurité mondiale pour les années à venir. L'enjeu est de taille, pour nous tous".
Après New York, le président ukrainien doit se rendre à Washington jeudi pour y être reçu par le président américain Joe Biden, qui mène la coalition en soutien de Kiev.
Mardi à l'ONU, ce dernier a fustigé la Russie qui "croit que le monde va se lasser et la laisser brutaliser l'Ukraine sans conséquence".
P.A.Mendoza--AT