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Boris Johnson sur le grill devant une commission sur le partygate
L'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson a affirmé mercredi "la main sur le coeur" qu'il n'avait pas menti au parlement, lors d'une audition devant une commission parlementaire qui va passer au crible ses mensonges durant la crise du Partygate, ces fêtes à Downing Street en pleine pandémie.
Combatif, l'ancien leader conservateur de 58 ans a promis de dire "toute la vérité" en prêtant serment sur la Bible à l'ouverture de cette audition télévisée qui pourrait durer quatre heures. "La main sur le coeur, je n'ai pas menti au parlement", a-t-il dit au début de sa prise de parole.
Boris Johnson va tenter de convaincre les sept députés qui composent cette commission d'enquête alors que son avenir politique est en jeu.
Le scandale du partygate lui a coûté son poste en juillet et a entrainé le Royaume-Uni dans des mois d'instabilité politique.
S'il se retrouve dans sa position favorite, au centre de l'attention médiatique et politique, le tonitruant dirigeant, désormais simple député, pourra-t-il éviter une sanction qui anéantirait tout espoir d'un retour au premier plan de la vie politique britannique?
Un extrait de ses déclarations de l'époque a été montré à l'audience.
- "Deux poids deux mesures" -
Le "partygate", ces révélations durant des mois sur les fêtes arrosées à Downing Street pendant le confinement au Royaume-Uni, avait suscité la colère des Britanniques, qui avaient dénoncé un "deux poids deux mesures" intolérable.
Dans un document de 110 pages rendu public mercredi matin, la commission retrace les déclarations officielles de Boris Johnson et ce qui se passait alors à Downing Street, photos et témoignages à l’appui.
En mai 2020, M. Johnson incite par exemple "l’ensemble du pays à obéir aux règles", mais participe quelques jours plus tard à une garden party dans les jardins de Downing Street. Le 10 juin, il "exhorte tout le monde à continuer de faire preuve de retenue et de respecter les règles" et participe le 19 à une fête d’anniversaire organisé pour lui par son épouse Carrie.
Et en novembre 2020, à l’occasion d’une petite fête, toujours à Downing Street, il ironise sur le fait que "c’est probablement le rassemblement le moins respectueux de la distanciation sociale dans tout le Royaume-Uni".
Selon le témoignage d'un employé de Downing Street, Boris Johnson "a eu l'opportunité de mettre fin" à ces rassemblements mais il y a au contraire pris part.
Si la commission, qui a obtenu les témoignages écrits de 23 personnes, conclut qu'il a menti, Boris Johnson risque de perdre son siège de député, compromettant le reste de sa carrière politique et ses espoirs de revenir un jour à Downing Street.
Les députés voteront sur les sanctions qu'il pourrait encourir, y compris une suspension qui, si elle dépasse 10 jours, pourrait déclencher une élection partielle dans sa circonscription, où sa majorité est faible.
- 220.000 morts -
Boris Johnson a reconnu avoir menti à la commission en niant l'existence de ces fêtes, puis en assurant qu'elles avaient respecté les règles anti-Covid, mais a plaidé la bonne foi dans un document de 52 pages rendu public mardi, où il pointe du doigt ses principaux conseillers.
Sa défense, assurée notamment par David Pannick, l'un des avocats les plus célèbres du pays, a coûté aux contribuables plus de 220.000 livres sterling (249.540 euros), selon les médias britanniques.
Un des conseillers de M. Johnson, Martin Reynolds, lui avait recommandé de ne pas affirmer au Parlement que les règles avaient tout le temps été respectées, jugeant que ce n'était pas "réaliste", selon son témoignage reçu par la commission.
Ces arguments ont déclenché la colère des familles de victimes de la pandémie, qui a fait plus de 220.000 morts au Royaume-Uni, le bilan le plus élevé en Europe après la Russie. Pour Bereaved Families for Justice, "il est évident que Boris Johnson a délibérément trompé le Parlement". Le groupe qualifie d'"écoeurant" le fait qu'il affirme avoir agi de bonne foi.
Début mars, la commission avait estimé que les éléments recueillis "suggèrent fortement" que les violations des règles anti-Covid devaient être "évidentes" pour Boris Johnson.
Il avait démissionné en juillet, poussé vers la sortie par une révolte au sein de son gouvernement.
A.Taylor--AT