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Au pied du mont Saint-Michel, Zemmour présente sa nouvelle recrue et exalte la "puissance" de la France
Dans un champ au pied du mont Saint-Michel, Éric Zemmour s'est essayé samedi à surfer sur sa dynamique en exaltant la "puissance" et les valeurs chrétiennes de la France après avoir présenté sa nouvelle recrue, Nicolas Bay, venue du RN.
Au lendemain des réunions publiques de ses rivales Valérie Pécresse et Marine Le Pen, le candidat d'extrême droite était le seul prétendant à l'Elysée à tenir un meeting samedi pour une mise en scène savamment orchestrée devant ce qu'il a appelé le "rocher le plus célèbre de France", "haut-lieu de notre mémoire nationale".
La lutte est particulièrement acharnée à l'extrême droite entre Marine Le Pen et Eric Zemmour. En hausse dans les derniers sondages, l'ex-polémiste continue à faire son marché dans les rayons du Rassemblement national dont il a déjà recruté quatre eurodéputés et son unique sénateur.
Dernière prise de guerre en date: l'eurodéputé Nicolas Bay, parti avec fracas cette semaine du RN auquel il a reproché ses "dérives sectaires". Le parti, en retour, l'a accusé de "sabotage" et d'espionnage, ce qu'il nie.
Ouvrant le meeting d'Eric Zemmour samedi au bord de la D275 en face d'une biscuiterie, M. Bay, par ailleurs conseiller régional en Normandie, a confié son "émotion" en ce "premier jour d'une nouvelle vie politique" et assuré d'emblée qu'on "ne remplace pas les Français" car "les "Français sont irremplaçables".
Accueilli par un millier de sympathisants agitant des drapeaux tricolores, les pieds dans la boue, M. Bay a vu dans le mont Saint-Michel le "symbole de la France éternelle qui ne veut pas mourir", alors qu'elle est "menacée par l'immigration de masse, l'islam politique", mais aussi "l'État tentaculaire, bureaucratique et spoliateur".
Le thème a aussitôt été repris par Eric Zemmour qui a multiplié les références aux valeurs chrétiennes de la France et fait une longue digression sur Saint-Michel, "ange supérieur et ange militaire", pour dire que les nations avaient "elles aussi un combat spirituel à mener" pour défendre leur "âme", leur "identité" et leur "indépendance".
- Macron visé -
"Toute ma vie, je combattrai cette vision de la France vassale, de la France valet, de la France marionnette", a-t-il souligné, estimant que "puissance de la France" était en péril, à cause notamment d'Emmanuel Macron, seul rival politique qu'il ait cité, et visé, samedi.
"En 2017, la France a élu le néant et elle est tombée dedans", a-t-il lancé sous les clameurs de son public criant "Zemmour président"
L'ex-polémiste avait commencé sa journée normande par un rendez-vous matinal avec des pêcheurs de Port-en-Bessin pour évoquer l'impact du Brexit, les difficultés administratives et les éoliennes qu'il juge "laides" et "inutiles", sur terre comme au large.
En redescendant d'un bateau baptisé "Le grand Charles", le candidat a dit aux pêcheurs qu'ils étaient coincés entre "les verts des gauchistes extrémistes" et le gouvernement "technocratique". "Il faut défendre vos moyens de subsister mais aussi un art de vivre. C'est une question de civilisation", a-t-il ajouté.
Sur le quai, l'ancien élu FN de Bayeux, Serge Michelini, en est persuadé: "Si Monsieur Zemmour n'est pas élu, il n y a plus de France."
Gérard Auzou, retraité et militant Reconquête!, a estimé que la "supériorité" d'Éric Zemmour vient du fait qu'il n'est "pas du sérail", contrairement aux autres candidats qui "sont usés jusqu'à la corde".
Valérie Pécresse et Marine Le Pen, au bout d'une semaine compliquée, sont, elles, repassées à l'offensive vendredi soir en meeting, la première dans les Alpes-Maritimes, la deuxième en Isère.
La candidate LR et la dirigeante d'extrême droite ont d'abord ciblé Emmanuel Macron, dont le bilan "ressemblerait, s'il était chef d'entreprise, à un dépôt de bilan", selon Mme Pécresse.
Mais Éric Zemmour en a également pris pour son grade. "Nous n'entendons pas seulement nous faire les interprètes d'une nostalgie française mais inventer et édifier la France de demain", a insisté Marine Le Pen à Vienne.
Pas de meeting prévu ce weekend à gauche où Jean-Luc Mélenchon, qui a reçu l'appui inopiné de l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal, continue à mener la danse avec 10-11% des intentions de vote.
Distancé pour l'instant, l'écologiste Yannick Jadot ne s'est pas privé d'ironiser sur ce soutien, affirmant qu'"en politique, (il) préférait la ligne droite et le tout schuss", plutôt que le slalom.
T.Sanchez--AT