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Présidentielle: Pécresse et Le Pen veulent se relancer, Mélenchon pour le "vote utile"
Après une semaine difficile, la candidate de droite Valérie Pécresse et sa rivale d'extrême droite Marine Le Pen tentent vendredi de "tourner la page" tandis que le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon compte sur le "vote utile" à gauche à moins de deux mois du premier tour.
Et la course à l'Elysée est déjà finie pour Florian Philippot, ancien bras droit de Marine Le Pen, figure médiatique des manifestants les plus radicaux contre le pass sanitaire. Il a jeté l'éponge après n'avoir recueilli qu'un seul parrainage d'élu, très loin des 500 nécessaires avant le 4 mars pour se présenter à la présidentielle.
"Aujourd'hui on tourne la page, je veux que mon projet se fasse connaitre", a insisté la candidate Républicains Valérie Pécresse à Cannes. "Le bilan d'Emmanuel Macron "ressemblerait, s'il était chef d'entreprise, à un dépôt de bilan". "Cinq ans c'était trop, dix ans ce sera trop tard", a-t-elle attaqué ensuite dans un meeting au Cannet (Alpes-Maritimes).
Face au président Emmanuel Macron, toujours pas officiellement candidat mais donné autour de 25% dans les intentions de vote, la bataille n'a jamais été aussi rude à droite pour décrocher le ticket pour le second tour.
La candidate LR et ses deux rivaux de l'extrême droite sont dans un mouchoir de poche, autour de 15% selon les enquêtes. Les prochains jours seront donc décisifs pour faire la différence et prendre l'ascendant au sein de l'électorat conservateur avant que la campagne ne s'électrise avec l'entrée en lice du président-candidat.
Ces derniers jours ont été laborieux pour Valérie Pécresse, après un premier grand rassemblement jugé raté par les commentateurs dimanche qui s'est traduit par une baisse dans les sondages.
- "Enterrement" du PS -
Semaine difficile aussi pour Marine Le Pen, après une nouvelle défection au sein du Rassemblement national. L'eurodéputé et membre dirigeant du parti, Nicolas Bay, a bruyamment rallié l'autre candidat de l'extrême droite Eric Zemmour qui n'exclut pas en cas de victoire de prendre comme Premier ministre Marion Maréchal, nièce de la candidate RN, si elle fait campagne avec lui.
En meeting à Vienne (Isère), Marine Le Pen, veut défendre ses propositions sur la sécurité.
Pendant ce temps, au sein d'une gauche divisée, le leader de La France Insoumise, qui fait campagne dans les Hautes-Alpes vendredi, réussit à tirer son épingle du jeu. Avec 10-11% des intentions de vote selon les sondages il est loin devant ses adversaires à gauche.
Le tribun de LFI a qualifié de "bienvenu" l'appui inopiné cette semaine de l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, selon qui "le vote utile à gauche, c'est le vote Mélenchon".
Le représentant de la gauche radicale est dans la situation qu'il espérait il y a quelques mois: distancer l'écologiste Yannick Jadot qui le concurrençait un temps et se trouve désormais aux alentours des 5%. Interrogé à ce sujet dans un entretien à l'AFP, M. Jadot a affirmé: "ma radicalité c'est d'être prêt à gouverner. Lui considère que sans l'Europe on peut y arriver, moi je pense qu'il nous faut l'Europe".
A couteaux tirés avec EELV, les Insoumis, qui s'évertuent depuis des semaines à se positionner comme étant le vote utile ou "efficace", se replient sur leurs anciens alliés communistes en 2012 et 2017. Sans succès pour l'instant.
Les communistes réunis derrière Fabien Roussel, qui a redonné un coup de jeune au PCF, assurent en coulisses que M. Mélenchon n'a aucune chance d'accéder au second tour.
"Notre objectif n'est pas de prendre des voix aux autres candidats de gauche" mais "de faire revenir à la gauche des Français qui s'en sont détournés", a plaidé son directeur de campagne Ian Brossat.
Quant aux socialistes, la candidate Anne Hidalgo, créditée de 1,5 à 3% dans les sondages et qui a fustigé une "campagne très moche, vulgaire, violente", elle entend poursuivre sa campagne coûte que coûte. Mais le PS est "plus proche de l'enterrement que de la résurrection", a ironisé le ministre des Affaires étrangères et ex-responsable socialiste Jean-Yves Le Drian.
T.Perez--AT