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Pakistan : l'ex-Premier ministre Imran Khan, récemment blessé par balle, veut continuer le combat
L'ancien chef du gouvernement pakistanais Imran Khan a assuré samedi devant des dizaines de milliers de ses partisans qu'il continuerait à se battre, jusqu'à sa "dernière goutte de sang", dans son premier discours en public depuis qu'il a été victime d'une tentative d'assassinat au début du mois.
Il avait été blessé par balle aux jambes à l'occasion d'un précédent meeting, le 3 novembre, après une crise politique provoquée par son éviction du pouvoir à la suite d'un vote de défiance du parlement à son encontre en avril.
Le rassemblement de samedi organisé à Rawalpindi, qui abrite le quartier général de la puissante armée pakistanaise et jouxte la capitale Islamabad, a été le point culminant d'une "longue marche" organisée par le parti de M. Khan, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI).
Et ce avec pour objectif de faire pression sur le gouvernement afin qu'il convoque des élections législatives anticipées.
"J'ai vu la mort de près", a lancé, protégé par une vitre pare-balles, Imran Khan, 70 ans, qui est arrivé devant la foule en boitant, s'appuyant sur un déambulateur, entouré d'une myriade de gardes du corps.
"Je suis plus inquiet pour la liberté du Pakistan que pour ma vie", a-t-il poursuivi. "Je me battrai pour ce pays jusqu'à ma dernière goutte de sang".
- Une situation "insupportable" -
Imran Khan fait l'objet d'un véritable culte chez ses partisans, mais, samedi, il a prononcé son discours à des centaines de mètres du gros des 25.000 à 30.000 personnes présentes, séparées de lui par des rouleaux de fil de fer barbelé et un cordon de policiers.
Le 3 novembre, un homme armé avait ouvert le feu à bout portant sur l'ex-Premier ministre au moment où le camion dans lequel il empruntait une rue bondée.
Les bâtiments surplombant le site du rassemblement de samedi ont été fouillés pendant la nuit, a affirmé à l'AFP un responsable de la police, tandis que des tireurs d'élite étaient positionnés sur les hauteurs à proximité.
"Nous espérons que Khan introduira des réformes et que la situation s'améliorera", a dit auprès de l'AFP Saghir Ahmed qui a fermé sa boutique pour assister à l'événement.
Ce tailleur de 32 ans déplore une situation économique désastreuse avec une inflation galopante et une monnaie, la roupie, en chute libre qui ont rendu la vie "insupportable".
Dès le matin, des sympathisants du PTI avaient afflué de tout le pays, arborant des fanions de ce parti aux couleurs verte et rouge.
Les autorités ont mis en place un vaste dispositif de sécurité autour d'Islamabad pour empêcher les partisans de l'ancienne star internationale du cricket, reconvertie dans la politique, de marcher sur les bâtiments gouvernementaux.
- Scènes de chaos en mai -
Des milliers de membres des services de sécurité avaient été déployés et les routes avaient été barrées.
Les manifestations organisées en mai par Imran Khan avaient donné lieu à des scènes de chaos : la capitale avait été bloquée et des affrontements avaient éclaté à travers le pays entre policiers et manifestants.
La police avait averti que toute tentative des partisans de l'ex-chef du gouvernement d'entrer dans Islamabad serait, cette fois-ci, fermement réprimée.
Le ministre de l'Intérieur Rana Sanaullah, qui selon M. Khan est impliqué dans "le complot" ayant visé à l'assassiner au même titre que l'actuel Premier ministre Shehbaz Sharif et un haut responsable militaire, avait émis une "alerte rouge" à la veille du rassemblement.
Le gouvernement affirme que la tentative de tuer Imran Khan a été l'œuvre d'un seul homme, actuellement en détention. La police a diffusé une vidéo de "confession" de ce propriétaire d'un magasin de ferrailles dans laquelle il dit avoir agi parce qu'Imran Khan était selon lui contre l'Islam.
Le rassemblement de samedi a eu lieu deux jours après que le gouvernement a nommé pour prochainement prendre le commandement de l'armée le général Syed Asim Munir, mettant fin à des mois de conjectures à ce sujet.
Syed Asim Munir a été le chef du tout-puissant service de renseignement militaire (ISI) sous M. Khan, mais son mandat a pris fin au bout de huit mois seulement.
Les militaires ont une influence considérable dans cette nation musulmane de 220 millions d'habitants dotée de l'arme nucléaire. Ils ont organisé au moins trois coups d'État depuis l'indépendance en 1947, restant au pouvoir pendant plus de trois décennies.
W.Moreno--AT