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Pakistan: meeting de l'ex-Premier ministre Imran Khan pour des élections anticipées
L'ancien Premier ministre pakistanais, Imran Khan, doit s'adresser samedi dans la soirée à ses partisans pour appeler à des élections anticipées, sa première sortie publique depuis une tentative de l'assassiner dont il accuse son successeur.
Le rassemblement organisé à Rawalpindi, ville jouxtant Islamabad, et qui devrait réunir des milliers de personnes, intervient dans un contexte particulièrement tendu. Le 3 novembre, l'ex-Premier ministre avait été blessé par balle aux jambes lors d'un meeting. Cette agression survenait après des mois d'une crise politique provoquée par son éviction du pouvoir suite à un vote de défiance du parlement à son encontre en avril.
La journée de samedi est l'étape la plus importante d'une "longue marche" organisée par son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI, Mouvement du Pakistan pour la justice) dans le but de faire pression sur le gouvernement afin d'obtenir des élections anticipées avant l'expiration du mandat du Parlement en octobre prochain.
"Ma vie est en danger et malgré mes blessures, je vais à Rawalpindi pour la nation", a tweeté le PTI samedi matin en citant M. Khan dont l’allocution est attendue en soirée. "Ma nation viendra à Pindi (diminutif de la ville) pour moi".
Rawalpindi, ville de garnison, abrite le quartier général de la puissante armée pakistanaise.
"Nous espérons que Khan introduira des réformes et que la situation s'améliorera", a témoigné auprès de l'AFP Saghir Ahmed qui a fermé sa boutique pour assister au discours.
Ce tailleur de 32 ans, déplore une situation économique désastreuse avec une inflation galopante et une roupie en chute libre qui a rendu la vie "insupportable".
Dès le matin, les partisans du PTI ont afflué de tout le pays arborant des fanions du parti verts et rouges et se sont dirigés en direction de la tribune protégée de panneaux pare-balle et installée à bonne distance de la foule.
Les autorités ont mis en place un vaste dispositif de sécurité autour de la capitale pour empêcher les partisans de l'ancienne star internationale du cricket, reconvertie dans la politique, de marcher sur les bâtiments gouvernementaux.
Des milliers de membres du personnel de sécurité ont été déployés et les routes ont été bloquées par des conteneurs.
- "Alerte rouge" -
Les manifestations organisées en mai par Khan, 70 ans, avaient dégénéré en chaos : la capitale avait été bloquée et des affrontements avaient éclaté à travers le pays entre la police et les manifestants.
La police a déclaré que toute tentative des partisans du PTI d'entrer dans Islamabad serait, cette fois-ci, fermement réprimée.
Le ministre de l'Intérieur Rana Sanaullah, qui selon M. Khan est impliqué dans "le complot d'assassinat" au même titre que l'actuel Premier ministre Shehbaz Sharif et un haut responsable militaire, a émis une "alerte rouge" vendredi, mettant en garde contre les menaces à la sécurité provoquées par le rassemblement.
"Le PTI a encore le temps (d'annuler)", a-t-il déclaré, citant les talibans pakistanais et Al-Qaïda parmi les groupes extrémistes qui pourraient s'en prendre à M. Khan.
Le gouvernement affirme que la tentative d'assassinat de ce dernier était l'œuvre d'un seul homme actuellement en détention. La police a diffusé une vidéo de "confession" de ce propriétaire d'un magasin de ferrailles dans laquelle il dit avoir agi parce que Imran Khan était contre l'Islam.
Le rassemblement de samedi a lieu deux jours après que le gouvernement a nommé un ancien maître de l'espionnage comme prochain chef militaire.
La nomination du général Syed Asim Munir a mis fin à des mois de spéculation pour un poste longtemps considéré comme le véritable pouvoir dans cette nation islamique de 220 millions d'habitants, dotée de l'arme nucléaire.
Syed Asim Munir a occupé le poste de chef du tout puissant service de renseignement militaire (ISI) sous Khan, mais son mandat a pris fin au bout de huit mois seulement.
L'armée pakistanaise, la sixième plus grande dans le monde, a une influence considérable sur le pays. Elle a organisé au moins trois coups d'État depuis l'indépendance en 1947, restant au pouvoir pendant plus de trois décennies.
P.Smith--AT