-
Près de Nancy, onze morts dans le crash d'un avion lors d'un baptême de parachutisme
-
Séismes au Venezuela: 1.450 morts, 189 immeubles entièrement écroulés
-
Athlétisme: Werro accélère encore sur 800 m, victoire sans record pour Duplantis à Paris
-
Championnats de France de natation: Ndoye-Brouard et Wattel répondent présent
-
Mondial-2026: une pluie de buts et de records
-
F1: victorieux en Autriche, Russell refait (un peu) son retard sur Antonelli
-
Championnat de France de cyclisme: le sacre annoncé et "rêvé" de Romain Grégoire
-
Venezuela: un jeune garçon sauvé des décombres, quête d'autres survivants "à la seule force des bras"
-
MotoGP: Ogura enfin récompensé, nouveau triplé pour Aprilia
-
Mondial-2026: les Bleus dans leur bulle
-
Nouvelle-Calédonie: les loyalistes gagnent du terrain, mais sans majorité au Congrès
-
Canicule: la chaleur reflue, la vigilance sanitaire demeure
-
Accident d'avion lors d'un baptême de parachutisme près de Nancy: onze morts
-
Les principaux crashs d'avions légers en France des 30 dernières années
-
Les fonctionnaires ne doivent pas être "les boucs émissaires" des difficultés financières, selon un ministre
-
L'intrigante "bulle froide" de l'Atlantique qui pourrait accentuer les vagues de chaleur
-
Nouvelle-Calédonie: les loyalistes largement en tête en province Sud, participation en recul
-
Ukraine: au moins deux blessés dans une attaque contre Kiev
-
Mondial-2026: les Tops et Flops de la phase de groupes
-
Comité d'alerte des finances publiques le 7 juillet, nouvelles économies à la clef, selon un ministre
-
En Corée du Sud, des milliers de chiens disparus avant l'interdiction de leur viande
-
Comité d'alerte des finances publiques le 7 juillet, nouvelles économies à la clef (ministre)
-
Championnat des Nations: six Toulousains en renfort, dont Dupont et Ntamack
-
Dans l'Idaho, la nouvelle génération de réacteurs nucléaires américains devient réalité
-
La Belgique balayée par de violents orages, un mort
-
Au salon du vélo Eurobike, l'IA pédale pour un secteur en recul
-
Mondial-2026: Place au tableau final !
-
Pakistan: trois paramilitaires tués dans une attaque à Karachi
-
Mondial-2026: hors de ses bases, le Canada veut continuer à écrire son histoire
-
Un écrivain victime d'usurpation d'identité dénonce une IA qui "fait vaciller le réel"
-
Canicule: la chaleur reflue mais le bilan sanitaire inquiète
-
Le gouvernement va réduire la liste des travaux éligibles à MaPrimeRénov'
-
Canicule: la chaleur refflue mais le bilan sanitaire inquiète
-
Nouvelle-Calédonie: participation en net recul aux provinciales, l'archipel attend les résultats
-
Ouganda: le principal groupe de médias indépendant fermé par le chef de l'armée
-
Inflation, dettes, course à l'IA... La BRI met en garde contre des "points de tensions" pour l'économie mondiale
-
Le centre de l'Europe écrasé de chaleur, la France commence à compter ses morts
-
Canicule: les craintes se confirment sur de nombreux décès en France, mais moins qu'en 2003
-
Canicule: les Français commencent à souffler, mais le bilan sanitaire inquiète
-
Australie: dans l'Outback, les dromadaires font la course pour la "Camel Cup"
-
Canicule: les craintes se confirment sur de nombreux décès en France
-
Nouvelle-Calédonie: vote dans le calme pour des provinciales à hauts enjeux
-
L'Ardèche sur la brèche pour réguler ses sangliers
-
Sous le zinc, la fournaise: à Paris, le casse-tête du rafraîchissement des toits
-
Mondial-2026: Croatie, Algérie, Autriche et RDC passent, l'Iran sort
-
Mondial: Superbe nul et qualification pour l'Algérie et l'Autriche, l'Iran éliminé
-
Venezuela: plus de 72 heures après les séismes meurtriers, la quête éperdue de survivants
-
Avec ses sacs plastiques omniprésents, l'Asie bousculée par le choc énergétique
-
Nouvel échange de frappes entre les Etats-Unis et l'Iran, que Trump menace d'anéantir
-
Venezuela: 72 heures après les séismes meurtriers, la quête éperdue de survivants
Au Liban, les riverains d'une centrale électrique l'accusent de les tuer à petit feu
Zeina Matar a perdu deux oncles d'un cancer du poumon; sa soeur et un cousin ont succombé à une fibrose pulmonaire. Dans la petite ville de Zouk, au nord de Beyrouth, les habitants accusent la centrale électrique vétuste de les tuer à petit feu.
"Il se peut qu'on meure demain", affirme à l'AFP Zeina Matar, une brunette énergique de 40 ans, qui dit "ne pas oser consulter" un médecin de crainte des résultats.
Comme de nombreux habitants du quartier jouxtant les centrales de Zouk Mikaël, Zeina vit un calvaire. Elle se réfugie désormais la plupart du temps chez son mari, dans le sud du Liban.
"On doit tout subir, même le bruit", sans électricité en retour, regrette sa cousine Rita, 50 ans, en sirotant son café sur sa terrasse, avec vue sur la centrale, qui dégage parfois une épaisse fumée noire.
Car du fait de l'effondrement de l'économie libanaise en 2019 après des décennies de corruption et de mauvaise gestion, l'Etat est incapable de fournir de l'électricité plus d'une heure par jour.
Zouk, une ancienne bourgade agricole à majorité chrétienne, à une vingtaine de kilomètres au nord de Beyrouth, a été défigurée par l'urbanisation galopante des dernières décennies.
En 2018, une étude de l'ONG Greenpeace, basée sur des images satellites et les niveaux de dioxyde d'azote (NO2) dans l'atmosphère, a désigné l'agglomération de Jounieh, dont Zouk fait partie, comme la cinquième ville la plus polluée du monde arabe et la 23ème mondialement.
La centrale de Zouk, construite dans les années 40, avait notamment été pointée du doigt par Greenpeace. Egalement mis en cause, les embouteillages monstres et les générateurs privés sur lesquels se rabattent les Libanais pour pallier les déficiences de l'Etat.
Pour ne rien aider, les montagnes environnantes retiennent les émissions, faisant de la baie une cuve.
"Les cheminées de la centrale étant trop basses, leurs émissions se heurtent aux montagnes", explique Paul Makhlouf, pneumologue de l'hôpital Notre Dame du Liban de Jounieh.
- Linge "troué" -
Depuis 1994, il a fait plusieurs études sur le phénomène et fait part de sa "détresse" face à l'inaction des autorités.
"Quand j'ai vu les résultats, j'ai déménagé d'ici, j'ai fui", affirme à l'AFP le médecin originaire de Zouk.
Dans sa clinique en 2014, les problèmes pulmonaires des habitants vivant autour de la centrale augmentaient anormalement de 2,5 à 3% par an.
Aujourd'hui, d'après les estimations, l'augmentation annuelle est "de 5 voire 6%", s'alarme-t-il.
Il évoque notamment une hausse annuelle des cancers et maladies de la peau chez les adultes et des maladies respiratoires chez les enfants.
Le fioul utilisé est "riche en sulfure et en monoxyde d’azote, tous deux cancérigènes, affectant surtout l’appareil respiratoire et la peau", explique le docteur Makhlouf.
Comme Rita, Zeina étend son linge désormais à l'intérieur, les murs de sa terrasse étant noircis par les émissions de la centrale.
"Après quelques lessives, nos vêtements sont troués (par le sulfure), bons à jeter", affirme-t-elle.
Une deuxième centrale censée fonctionner au gaz a été construite en 2014, "sans autorisation de la municipalité", affirme le maire de Zouk, Elie Beaino, déplorant "l'absence d'étude sur l'impact environnemental".
En dépit de ses nombreux avertissements aux différents ministères concernés, "rien n'a été fait".
Aujourd'hui, l'ancienne centrale ne fonctionne plus qu'une heure par jour, uniquement pour alimenter les institutions vitales du pays.
Mais face à l'urgence, l'Etat libanais a recours à du fioul de mauvaise qualité.
"On est parfois réveillés par une lourde explosion en pleine nuit", due au nettoyage du fioul lourd, déplore la mère de Rita, Samia Matar, 80 ans.
"Quand le fioul est déversé, on ferme les fenêtres, car l'odeur est insupportable", explique Zeina.
"La plupart des habitants réclament la fermeture des centrales", affirme M. Beaino.
- "Sept fois plus de cancers" -
"Nos résultats en 2018 ont montré qu'il y avait sept fois plus de cancers", à Jounieh qu'autour du campus de l'Université américaine de Beyrouth (AUB), affirme la députée écologiste Najat Saliba, qui a participé à la dernière étude en date de l'AUB.
Selon la députée, issue du mouvement de contestation d'octobre 2019, la combustion incomplète de ce fioul lourd toxique n'est pas appropriée en ville.
En attendant de fermer la centrale, "la solution, c'est d'importer du fioul de qualité et du gaz", explique-t-elle.
Début septembre, une épaisse fumée noire s'était dégagée de la centrale après l'utilisation de fioul lourd, provoquant un tollé sur les réseaux sociaux.
Le ministère de l'Energie avait alors expliqué avoir été forcé d'utiliser ce fioul de manière "exceptionnelle" pour "continuer d'alimenter l'aéroport, les hôpitaux et autres institutions vitales".
Depuis, les ingénieurs activent surtout la centrale la nuit, loin des caméras.
T.Wright--AT