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Près de Nancy, onze morts dans le crash d'un avion lors d'un baptême de parachutisme
Onze personnes, dont des infirmiers libéraux qui devaient faire leur baptême de parachutisme, ont été tuées dimanche près de Nancy dans la chute encore inexpliquée du petit avion qui les transportait, un drame survenu sous les yeux de leurs proches et qui constitue l'accident d'aviation légère le plus meurtrier en France.
Les victimes sont cinq moniteurs de parachutisme, cinq élèves et le pilote. Toutes les personnes à bord sont décédées et "il n'y a pas de victimes collatérales", selon le préfet de Meurthe-et-Moselle Yves Séguy.
L'épave s'y trouvait encore en fin d'après-midi.
Certaines familles de victimes "ont assisté à la chute de l'aéronef, ce qui ajoute au choc et au traumatisme psychologique qui en résulte", a souligné le ministre.
Les élèves étaient un groupe d'infirmiers libéraux, "des collègues qui avaient décidé de faire un baptême de saut en parachute, pour décompresser sans doute", selon Thierry Pechey, président du Conseil départemental de l'ordre infirmier en Meurthe-et-Moselle.
Le pôle accidents collectifs du parquet de Paris a annoncé se saisir de l'enquête judiciaire. "Les investigations, nombreuses et d'une particulière technicité, sont confiées à la gendarmerie des transports aériens" (GTA), a-t-il précisé dans un communiqué. Au total, environ 35 gendarmes, dont 15 enquêteurs, ont été déployés sur place.
Selon le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA), il s'agit de "l'accident d'aviation générale le plus grave en terme de bilan humain" en France - l'expression "aviation générale" désignant toutes les activités aériennes civiles autres que le transport commercial.
"Il n'y a pas eu un accident aussi important au niveau aéronautique concernant le parachutisme depuis une trentaine d'années", a souligné de son côté le ministre des Transports Philippe Tabarot, également sur place.
Pour l'ancien président du BEA, Jean-Paul Troadec, "s'il y a eu une panne, ça peut être une panne de moteur, le plus probable". Une mauvaise disposition des passagers à l'intérieur de l'appareil pourrait aussi avoir entraîné un déséquilibre, a-t-il avancé. Ou bien, le pilote a pu faire un malaise, "une hypothèse qu'on va certainement examiner parce qu'il faisait très chaud".
- "Morts sur le coup" -
"J'ai vu l'avion qui montait", a raconté aux journalistes un témoin souhaitant rester anonyme. L'appareil "avait vraiment le nez en l'air, et puis tout d'un coup, plus de bruit, et il est parti sur la droite", a poursuivi ce témoin, qui s'est ensuite très rapidement rendu sur le lieu du crash pour contribuer à éteindre les flammes avec un extincteur.
"J'ai vu tous les corps sans vie à terre (…) On a vu tout de suite qu'ils étaient morts sur le coup", a ajouté cet homme.
Le baptême en parachute était organisé par l'association Tandemotion et pour certaines victimes "ce baptême était un cadeau", selon le président de l'aérodrome de Nancy, François Pélissier.
Ce modèle de Pilatus ne peut embarquer que 10 passagers en plus du pilote et était donc "bourré jusqu'à la gueule", a commenté auprès de l'AFP Yves-Marie Guillaud, président de la fédération française de parachutisme.
La structure ayant organisé le vol n'est pas affiliée à sa fédération - laquelle dépend du ministère des Sports - mais est placée sous l'égide de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) et donc "pas contrôlée" selon lui.
Des riverains du crash interrogés par l'AFP ont fait part de leur émotion. "On est choqués. Ça aurait pu tomber sur les maisons", a dit Sabrina Kosmala, 43 ans. Habitante de ce quartier de Tomblaine (banlieue de Nancy) depuis quatre ans, elle raconte qu'"on voit passer des avions tous les jours mais on n'a jamais vu ça. C'est la première fois".
Une cellule d'urgence médico-psychologique a été mise en place pour prendre en charge proches des victimes et témoins de l'accident.
A plus de 500 km de là, un autre accident aérien a par ailleurs fait un mort dimanche dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans le crash d'un ULM à La Palud-sur-Verdon.
cor-pho-sm-ab-pau/ab/cbn
R.Garcia--AT