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"30 ans que j'attends ça!": à Paris, premières baignades dans la Seine sous étroite surveillance
"Des années que j'en rêve!": après les athlètes des JO-2024, c'est au tour du grand public de pouvoir renouer samedi, sous étroite surveillance, avec les joies de la baignade dans la Seine en plein coeur de Paris, plus d'un siècle après son interdiction.
"Je suis trop contente! ça fait des années que j'en rêve de nager dans la Seine", se réjouit Ingrid, une Parisienne de 95 ans en maillot bleu turquoise, qui ne souhaite pas donner son patronyme. Elle est parmi les premières à venir se baigner sur le site de Bercy, accompagnée de sa petite-fille, descendant prudemment les marches qui la mène à une eau translucide à 25°C.
Ouvert à 11H00, le bassin, clos et équipé de transats et de parasols, a rapidement été pris d'assaut par un public hétéroclite.
Avant de sauter le pas, chaque nageur a dû s'équiper pour sa sécurité d'un flotteur jaune attaché à la taille, sous le regard attentif d'une dizaine de surveillants de baignade en T-shirts jaune fluo et shorts rouge vif, assortis à leur sifflet. Des bateaux pneumatiques de la préfecture de police de Paris postés autour du périmètre de sécurité entourant les nageurs complétaient le dispositif.
- "Comme une sirène" -
"Je me sens comme une sirène", jubile Isabel Bertelot, 65 ans. La Parisienne habite de l'autre côté du fleuve, dans le 13e arrondissement. "J'ai rêvé tellement de fois de traverser la Seine en nageant, autorisée ou pas. Donc là c'est bien, j'ai même pas à tricher!", ajoute-t-elle avant de plonger.
Toby, Américain de Californie s'exclame auprès de l'AFP: "c'est la joie, le bonheur. On en profite bien. On fait partie des premiers en 100 ans à pouvoir faire ça".
"Elle est vraiment super bonne et surtout beaucoup plus propre que ce à quoi je m'attendais!", s'étonne Peter, un touriste allemand originaire de Munich. "Je suis comme un nageur olympique, c'est génial!" ajoute en anglais le lycéen de 17 ans, éclaboussé par ses amis sous un soleil radieux, face à la bibliothèque François Mitterrand.
A côté de lui, bonnet de bain rose fluo sur la tête, Chantal Eyboulet, une ingénieure parisienne de 61 ans, achève une longueur, tout sourire: "Ca fait 30 ans que j'attends ça!".
Cette première journée de baignade autorisée dans la Seine, où celle-ci était interdite depuis 1923, avait débuté dès 08H00 depuis le ponton aménagé sur le bras Marie, face à l'île Saint-Louis.
"Franchement je suis super surprise, je pensais qu'elle était super glacée mais en fait elle est super bonne, (...) c'est génial", s'est réjouie Karine, 51 ans, auxiliaire de vie venue de Créteil, l'une des toutes premières baigneuses à rentrer dans l'eau.
La maire de Paris s'est rendue sur ce site, aux côtés de la ministre des Sports Marie Barsacq et des préfets de police de Paris Laurent Nunez et de la région Ile-de-France Marc Guilaume, peu avant 08H30.
Anne Hidalgo qui s'y était baignée avant les JO, n'a pas rejoint les Parisiens cette fois. "En bonne Parisienne, je vais venir me baigner" plus tard mais "je ne convoquerai pas la presse", a-t-elle précisé devant les caméras.
La ministre des Sports a elle revêtu une combinaison avant de se lancer dans la Seine à Bercy. "Elle est excellente!", a-t-elle commenté entre deux brasses, interrogée par l'AFP. "Elle est super propre. J'ai pris une bouteille, j'ai regardé. L'eau est translucide. Les niveaux de bactéries sont au plus bas", s'est félicité la ministre.
- Qualité sanitaire "exceptionnelle" -
La qualité sanitaire de l'eau est "exceptionnelle", a confirmé le préfet de région Marc Guillaume, soulignant que "toutes les informations (la concernant) sont publiques".
"On a deux bactéries que nous contrôlons, les E.coli et les entérocoques, pour les unes on est 10 fois sous les seuils et pour les autres plus de 25 fois sous les seuils", selon lui.
Un troisième site de baignade a été inauguré au bras de Grenelle dans la matinée. Comme les deux autres, il restera accessible gratuitement uniquement aux personnes sachant nager, jusqu'au 31 août si la météo le permet.
Le bras Marie peut accueillir 150 personnes en simultané, Bercy jusqu'à 700, dont 300 en zone de baignade. Grenelle, seul site à disposer d'un bassin sécurisé pour les familles avec un fond, a lui une capacité de 200 personnes à la fois. Une base nautique y proposera gratuitement la pratique du kayak.
Plus de 1,4 milliard d'euros ont été investis pour améliorer la qualité de l'eau en amont du fleuve, avec des travaux de captation des eaux usées pour éviter qu'elles ne s'y déversent.
Mais étant donné qu'à Paris, eaux de pluie et eaux usées se mélangent dans un unique réseau, la seule solution en cas de précipitations abondantes est de déverser le trop-plein dans la Seine.
Cet été comme à la plage, des drapeaux (verts, jaunes, rouges) permettront de connaître le débit de la Seine et la qualité de l'eau. Si les voyants sont au rouge, la baignade sera fermée.
L'an dernier, 13 décès lors de baignades dans la Seine ont été recensés et trois depuis le début 2025, selon les autorités.
Alors que les fortes chaleurs pourraient tenter certains de se jeter à l'eau en dehors des lieux autorisés, un arrêté préfectoral a été pris fin juin pour verbaliser la baignade sauvage.
Ch.Campbell--AT