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Les ventes de Renault soutenues par les partenariats et l'électrique au 1er semestre
Renault, dont le titre en Bourse a fondu de 30% depuis juillet 2025 sur fonds d'accélération de la concurrence chinoise en Europe, a vu ses ventes mondiales dopées au premier semestre par ses partenariats avec d'autres constructeurs et le succès de ses voitures électriques.
Le constructeur a publié mercredi un chiffre d'affaires semestriel bien supérieur aux attentes des analystes, à 30,25 milliards d'euros, en hausse de 9,5%.
Le consensus d'analystes Factset tablait sur 29,05 milliards d'euros. Un autre consensus de 21 analystes, envoyé à la presse par le constructeur lui-même, faisait état de 29,04 milliards d'euros.
Cette croissance est soutenue par "un effet des ventes à partenaires fortement positif" comme les véhicules fabriqués par Renault pour le compte de Mitsubishi et Nissan dans son usine de Douai (nord de la France), et un "effet volume légèrement positif", précise le constructeur.
"Nous visons de l'ordre de 300.000 voitures par an vendues à des partenaires, c'est plus important qu'avant mais cela restera marginal" a précisé le nouveau directeur général, François Provost, lors d'un entretien téléphonique avec la presse.
Même si la rentabilité de l'électrique est encore inférieure à celle du thermique pour le constructeur, ses ventes de véhicules électriques ont augmenté de 47,6%, représentant 18,6% des ventes au premier semestre, soit une croissance de 6,5 points par rapport aux six premiers mois de 2025.
Au total, deux tiers des ventes de Renault sont désormais "électrifiées", c'est-à-dire portent sur des voitures totalement électriques ou hybrides, a résumé M. Provost, qui a pris ses fonctions il y a un an exactement.
Pour la fin d'année, il parie sur le lancement d'un nouveau véhicule utilitaire Trafic en version électrique.
Sur les six premiers mois, des coûts supplémentaires liés à de nouvelles réglementations européennes en matière de voitures électriques ont contribué à rétrécir légèrement la marge d'exploitation du groupe, à 5,2% du chiffre d'affaires au lieu de 6% l'an passé.
Mais pour l'année, le constructeur a confirmé qu'il atteindrait son objectif: une marge opérationnelle "d'environ 5,5% du chiffre d'affaires" et une génération de cash de l'automobile "d'environ 1 milliard d'euros".
Techniquement, Renault est sorti du rouge le semestre dernier, en dégageant un bénéfice net de 705 millions d'euros, alors qu'il avait inscrit une perte de 11,18 milliards l'an passé, liée à la dépréciation de ses actifs dans Nissan.
- "Pas de surcapacité en Europe" -
Sans prendre en compte cette opération de nettoyage comptable, liée à la fin progressive de l'alliance nouée entre les deux constructeurs depuis 1999, le bénéfice net se compare à un bénéfice ajusté de l'impact Nissan, de 461 millions d'euros au premier semestre 2025.
M. Provost a attribué l'amélioration des performances à la bonne exécution du plan "futuREady" lancé depuis son arrivée aux commandes du groupe.
Celui-ci comprend le lancement de nouveaux modèles, un accent sur la montée en gamme technologique (batteries électriques, software..), et une compression des coûts de production passant par une réduction des temps de développement au dessous de deux ans pour les nouveaux modèles.
Face à la conccurence chinoise, "notre ambition est de démontrer qu'on peut développer des voitures en deux ans en Europe pour l'Europe, au Technocentre (le centre d’ingénierie du groupe en France, NDR), avec nos fournisseurs européens" a dit M. Provost.
Ce qui nécessite des changements de méthodes de travail impliquant quelque 2.500 ingénieurs du Technocentre, a-t-il dit, en "saluant" l'esprit de "responsabilité" des partenaires sociaux, qui ont approuvé le plan "à 75%".
Alors que d'autres constructeurs annoncent des partenariats avec des constructeurs chinois pour occuper leurs salariés dans des usines en surcapacité, Renault a souligné qu'il n'avait "pas de projet en cours avec des Chinois" en Europe. "Nous n'avons pas de surcapacité en Europe" a indiqué M. Provost.
"FutuREady est un plan où Renault est indépendant, et nous faisons des partenariats au cas par cas quand cela apporte quelque chose", a-t-il affirmé.
M. Provost a aussi souhaité que l'Union européenne "gèle pendant dix ans toutes les règlementations automobiles, pour que les constructeurs puissent se concentrer sur les baisses de prix" et gains de productivité afin de "rendre les voitures accessibles au plus grand nombre".
W.Morales--AT