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Les crues se poursuivent dans l'Ouest, même sans pluie
Malgré une accalmie sur le front des pluies, les crues exceptionnelles se poursuivent dans l'Ouest et vont encore durer plusieurs jours, se propageant peu à peu sur l'aval des cours d'eau placés en alerte maximale.
Samedi matin, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et la Charente-Maritime restaient en vigilance rouge crues, le plus haut niveau. Neuf autres départements dans l'Ouest sont en vigilance orange.
Sur la Maine et la Loire, "les niveaux devraient se stabiliser dans la nuit prochaine de samedi à dimanche", indique Vigicrues dans son dernier bulletin.
A Angers, ville de 160.000 habitants traversée par la Maine, l'eau continue de monter et aucune amélioration n'est prévue avant la semaine prochaine, selon la mairie. Au moins 5.000 personnes sont touchées par cette crue, la plus importante depuis celle de 1995.
Des rues supplémentaires ont été fermées à la circulation samedi matin, obligeant les services de la ville à installer davantage de parpaings et de planches pour permettre aux riverains de passer les pieds au sec. La circulation des tramways est aussi très perturbée.
La municipalité a coupé totalement l'accès au pont de Verdun, qui relie les deux rives en pleine ville. L'eau est si haute que certaines voûtes du pont ne sont plus visibles, a constaté un journaliste de l'AFP.
Sur les quais, des restaurants pompent en continu depuis jeudi pour tenter de limiter le niveau d'eau de leurs caves. Melkior Desmots, second de cuisine, est au chômage technique au moins "pour plusieurs jours encore".
"On va rester fermé ce weekend, tout est inondé dans la cave. On a dû jeter de la nourriture, c'est ce qui fait le plus mal au cœur", a-t-il dit à l'AFP, alors qu'il venait constater les dégâts.
- Camions militaires -
La crue "se propagera sur la Loire aval", de Bouchemaine, commune située à la confluence de la Maine et de la Loire, à Oudon, à une vingtaine de km de Nantes, "dans les prochains jours", précise Vigicrues.
En Gironde, la "décrue est lente" selon les autorités. A Baurech, en bord de Garonne, le maraicher Louis-Maire Palué continue de naviguer en kayak dans ses parcelles inondées.
"Les oignons, on les voit un peu flotter, les épinards sont sous l'eau, les fèves, les fenouils, les petits pois. Tout est perdu", constate-t-il à bord de son embarcation, devant ses serres éventrées par la crue.
"Niveau financier, matériel, on a environ 15.000 euros de pertes", plus "les pertes d'exploitation au niveau récoltes" et le temps passé à les préparer, énumère-t-il. Tout ce temps-là, il aura servi à rien", glisse-t-il, amer.
A Courcoury (Charente-Maritime), la gendarmerie a déployé samedi matin trois camions 4x4 militaires pour aider les habitants à circuler, en remplacement d'un tracteur équipé d'’une remorque devenu inopérant avec la montée de la Charente et de la Seugne, a constaté un photographe de l’AFP.
Ces camions pouvant transporter 10 personnes "sont là pour permettre aux gens d'aller travailler, aux enfants d'aller à l'école, aux personnes d'aller se faire soigner, d'aller se ravitailler aussi", a expliqué sur place le préfet du département, Brice Blondel.
A Saintes, à cinq kilomètres de là, 10 kilomètres de madriers ont été déposés ces derniers jours pour circuler dans les rues inondées par la Charente depuis mardi et 1.380 maisons sont inondées, a indiqué la mairie.
Les coefficients de marée importants ralentissent l'écoulement vers la mer et "le phénomène est très long à décroître", a expliqué le préfet.
Après la phase de "gestion de crise" viendra, "à partir de la fin de la semaine prochaine", une deuxième phase pour accompagner "dans la durée les sinistrés", a-t-il poursuivi. "Le temps de la décrue, c'est aussi le temps de la déprime. Il va y avoir tout l'aspect assuranciel. Et là, les gens vont avoir besoin d'être vraiment accompagnés", anticipait le préfet.
tsq-bur-tmn-laf/bar/as
A.Williams--AT