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Viry-Châtillon: l'adolescent passé à tabac est décédé, la France "endeuillée"
L'adolescent de 15 ans passé à tabac jeudi à la sortie de son collège de Viry-Châtillon (Essonne) est décédé vendredi des suites de ses blessures, un drame qui suscite une vive émotion, de cet établissement scolaire jusqu'au sommet de l'Etat.
L'enquête est désormais ouverte des "chefs d'assassinat et de violences en réunion aux abords d'un établissement scolaire", a souligné le procureur de la République d'Evry Grégoire Dulin, assurant qu'une autopsie devait avoir lieu "dans les prochaines heures".
L'adolescent, selon son communiqué, a été passé à tabac entre "16h00 et 16h30", soit à la sortie du collège, par "plusieurs individus".
Après avoir été transporté à l'hôpital Necker, à Paris, il a été opéré dans la nuit et est "décédé ce jour (vendredi) en début d'après-midi".
Dès le matin, les collégiens se sont pressés devant l'établissement pour exprimer tristesse et inquiétude.
"Ils ne peuvent pas faire ça à un jeune de 15 ans", a déploré Omar (prénom modifié), qui se décrit comme un ami de la victime, Shamseddine, "un gars sans problème" et "souriant".
Dans l'établissement, situé dans un quartier réputé calme de cette banlieue sud, la victime n'avait pas de problème de harcèlement scolaire, ajoute l'adolescent de 15 ans.
"Quand on m'a dit que c'était +Shams+ qui s'était fait tabasser, je n'arrivais pas à y croire, personne n'arrive à y croire", répète le collégien.
Un ballon de foot à la main, Mathéo, 12 ans, se sent "stressé et triste". L'élève de 5e décrit un collège "assez tranquille". Mais avant de rentrer en cours, il confie avoir "peur" que les agresseurs de Shamseddine ne "reviennent".
- Ne pas "baisser les bras" -
Aucune interpellation n'a eu lieu à ce stade dans cette enquête, confiée à la police judiciaire de l'Essonne.
Selon une source policière, trois jeunes portant des cagoules s'en sont pris à Shamseddine dans un hall d'immeuble.
Le drame s'est déroulé "à 100 mètres du collège", a pour sa part assuré le maire de la ville, Jean-Marie Vilain, en pleurs face à "l'innommable", mais avec l'espoir que la vidéosurveillance municipale puisse faire avancer l'enquête.
"Que peut-il y avoir comme motivation pour massacrer un gamin de 15 ans dans la rue ?", a-t-il interrogé. "Ca nous prend aux tripes, on se demande comment on peut arriver à un tel degré de violence".
"On n'a pas le droit de baisser les bras", a toutefois exhorté le maire de Viry-Châtillon, qui a également décrit la victime comme un "élève jovial, qui participait à la vie de l'établissement" et qui "apportait de la joie de vivre".
L'édile a participé dans l'après-midi, avec la ministre de l'Education Nicole Belloubet, à une minute de silence au collège.
"La nation tout entière est endeuillée", a écrit sur X (ex-Twitter) Nicole Belloubet, se disant "profondément bouleversée" par ce drame qui survient après l'agression mardi d'une adolescente de 13 ans devant son collège à Montpellier.
"Un acte barbare", a dénoncé la porte-parole du gouvernement Prisca Thevenot, sur X.
Le rectorat a indiqué que des représentants de l'académie de Versailles s'étaient rendus "sur place pour accompagner l'équipe éducative".
"Choqué", Kamel, 40 ans (il n'a pas souhaité donner son nom), un ami de la famille de Shamseddine, ne comprend pas "pourquoi il s'est passé ça ici" à Viry-Châtillon, "une ville tranquille" de 30.000 âmes.
"Même s'il y avait une petite raison, ça ne valait pas tout ça", ajoute-t-il.
"Ca me ronge le coeur", abonde Nourou (elle n'a pas donné son patronyme), une agente de restauration scolaire de 42 ans, à la sortie du collège: "Sa mère l'a envoyé à l'école le matin et on l'appelle pour lui dire +ton enfant, on l'a tabassé+".
Le fils de Nourou était dans la même classe que la victime, assure-t-elle, et désormais il ne "fait que pleurer". "Il m'a dit que c'était un enfant merveilleux, qui n'avait jamais manqué de respect à qui que ce soit".
A.Clark--AT