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La ministre Oudéa-Castéra tente d'éteindre la polémique et se rendra à l'école publique Littré
La ministre de l'Education Amélie Oudéa-Castéra, au coeur d'une polémique liée à la scolarisation de ses enfants, se rendra mardi à l'école publique Littré - d'où elle avait retiré son fils ainé pour le mettre dans le privé -, dans l'espoir d'éteindre la première crise du gouvernement Attal.
La visite aura lieu "en fin de matinée", "pour aller à la rencontre des professeurs et l'équipe dirigeante de l'établissement, et échanger avec eux", a-t-on précisé dans l'entourage de la ministre, confirmant des informations de BFMTV.
Depuis vendredi, soit à peine installée dans ses nouvelles fonctions, Amélie Oudéa-Castéra est obligée de se justifier sur l'inscription de ses trois fils à l'école Stanislas, prestigieux établissement privé des beaux quartiers de la capitale.
Un choix motivé par "des paquets d'heures pas sérieusement remplacées" dans le public, avait-elle expliqué vendredi lors de son premier déplacement. Des propos vécus comme une provocation par les syndicats, au point qu'Amélie Oudéa-Castéra a aussitôt battu sa coulpe, disant "regretter" d'avoir "pu blesser certains enseignants".
Cette enseignante - aujourd'hui à la retraite - a indiqué que les parents voulaient que leur fils saute une classe, un souhait auquel cette école maternelle publique, du nom de Littré, s'était opposée.
Des révélations dont se sont saisies les oppositions. "C'est un mensonge qui la disqualifie pour continuer à occuper cette fonction", a ainsi affirmé l'insoumis Manuel Bompard sur franceinfo, tandis que le communiste Fabien Roussel a estimé sur le réseau social X qu'"il est temps de démissionner".
Dans une lettre à la ministre publiée par Libération lundi soir, des parents d'élèves ou anciens élèves de l'école Littré défendent cet établissement et critiquent des propos "généraux", "réducteurs" et "stigmatisants". Ils font part de leur "plus profond attachement à l’école de la République et notamment à notre école Littré, si injustement mise en cause pour les besoins de votre situation personnelle et individuelle".
- "Blessés et humiliés" -
Lors d'un déplacement au village olympique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) lundi matin, Amélie Oudéa-Castéra, qui est également ministre des Sports et des Jeux Olympiques, a déclaré ne pas vouloir "aller plus avant sur le terrain de la vie personnelle et de la vie privée". "Il y a des attaques auxquelles j’ai essayé de répondre avec le plus de sincérité possible. Il faut clore ce chapitre des attaques personnelles et de la vie personnelle", a-t-elle dit.
Mais ses collègues peinaient à cacher leur embarras. La porte-parole du gouvernement Prisca Thévenot a botté en touche sur France Inter: "Je ne sais pas si elle a menti, je dis simplement qu'elle a expliqué pourquoi son fils a été scolarisé dans le privé".
C'est dans ce contexte très tendu que la ministre de l'Education a débuté ses rencontres avec chacun des syndicats, pour évoquer les priorités de son ministère.
"Tous les enseignants se sont sentis blessés, humiliés", a déclaré à l'AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du second degré (collèges et lycées), après son rendez-vous lundi. Faute d'"excuses publiques", de "réponse claire" ou d'"engagement", la FSU a "coupé court à la réunion".
Elisabeth Allain-Moreno, du SE-Unsa, a elle indiqué à l'AFP que la ministre s'était "excusée": "elle regrettait, elle était consciente que ça avait vraiment blessé au sein de la profession" et "elle a reconnu une erreur".
Les syndicats ont appelé à des grèves le 25 janvier et le 1er février.
La polémique contrarie les plans de l'exécutif, moins d'une semaine après le changement de gouvernement censé lui donner un nouveau souffle incarné par Gabriel Attal. D'autant que l'ancien titulaire de l'Education nationale a assuré qu'il serait le "garant" de la "priorité absolue" accordée à l'école.
Emmanuel Macron, qui considère que le sujet "fait partie du domaine réservé du président", doit préciser mardi soir lors d'une conférence de presse comment il entend mener à bien le "réarmement" du pays, qui pourrait passer par des annonces en matière d'éducation.
bur-gbh-asm-slb-fmp/dlm
M.King--AT