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L'exécutif accélère sa rentrée mercredi à l'Elysée
Emmanuel Macron donne mercredi un coup d'accélérateur à la rentrée de l'exécutif en présidant un séminaire gouvernemental sur ses grandes priorités à l'Elysée, suivi d'un Conseil national de la refondation (CNR) le lendemain.
Le premier Conseil des ministres de rentrée, le 23 août, est déjà loin. Le président, jamais avare de nouveaux formats de consultation, a depuis réuni les chefs des partis politiques le 30 août à Saint-Denis.
Mercredi matin, le traditionnel Conseil des ministres sera suivi d'un séminaire gouvernemental destiné à dérouler la feuille de route parlementaire de la majorité "sur l'automne jusqu'au budget 2024", indique-t-on dans l'entourage du président.
Avec en ligne de mire une possible motion de censure contre le gouvernement d'Elisabeth Borne lors du vote sur le projet de loi de Finances 2024 à l'Assemblée.
Une épée de Damoclès qui pourrait bouleverser le cours d'un quinquennat déjà largement contrarié par l'absence de majorité absolue pour Emmanuel Macron, avec à la clé un risque de dissolution de l'Assemblée.
D'ici là, le chef de l'Etat se concentre sur la recherche de compromis possibles autour de ses quatre priorités, l'éducation, la santé, la planification écologique et l'ordre républicain après les émeutes urbaines du début de l'été.
Emmanuel Macron, qui considère que les 12 heures de sommet avec l'opposition à Saint-Denis sont un succès à reproduire, doit encore synthétiser ces échanges dans une lettre aux participants.
Lesquels commencent à s'impatienter. "Il y a travaillé ce week-end, c'est en cours de finalisation", assure-t-on dans son entourage, en rappelant qu'aucun collaborateur n'était présent lors de la rencontre et que donc lui-seul peut rédiger le document.
- "Pour quoi faire?" -
En attendant, "on est sur un séminaire traditionnel de rentrée, pas sur un suivi thématique de Saint-Denis", relève une source gouvernementale, contrairement à ce qu'avait annoncé initialement le porte-parole du gouvernement Olivier Véran.
"Il y aura aussi une présentation par pôle ministériel des grands sujets", explique ainsi un ministre en égrenant sa propre feuille de route pour le trimestre à venir.
Autre rendez-vous, jeudi, Emmanuel Macron présidera pour la troisième fois un Conseil national de la refondation (CNR) depuis sa première édition en septembre 2022, consacré cette fois à l'éducation.
Problème, cet autre outil macronien destiné à "bâtir des consensus nationaux" en réunissant forces politiques, partenaires sociaux, représentants des entreprises et associations sera de nouveau boycotté par les oppositions et une partie des syndicats.
La CGT a annoncé mardi qu'elle ne se rendrait pas au rendez-vous, rejoignant ainsi deux autres syndicats représentatifs (Force ouvrière et CFE-CGC).
"Un CNR pour quoi faire ?", s'interroge Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, "quand dans le même temps, la Première ministre annonce qu'elle va continuer à recourir au 49.3 et que le président de la République refuse d'organiser un référendum sur les retraites".
Méconnu des citoyens, le CNR peine à s'ancrer dans le paysage politique, au point de susciter des interrogations sur son avenir.
"Ce n'est pas la fin (..) pas une deuxième naissance non plus. C'est plutôt pour faire un point sur ce qui est déjà fait", résume la source gouvernementale citée.
Un conseiller de l'exécutif préfère de son côté mettre l'accent sur les CNR locaux, plus efficaces selon lui pour identifier des projets concrets. "Dès le départ, la plénière a fait l'objet d'instrumentalisation et de postures politiques", déplore-t-il.
E.Rodriguez--AT