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Téhéran et Washington sur le point de finaliser un accord, annonce le médiateur pakistanais
Les Etats-Unis et l’Iran sont sur le point de finaliser un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, probablement sous "24 heures", a annoncé samedi le médiateur pakistanais, après que les deux parties ont dit qu'un compromis était susceptible d'aboutir.
"Nous sommes plus proches que jamais d’un accord de paix. Sa finalisation étant probablement attendue dans les prochaines 24 heures, le Pakistan se prépare à la signature électronique de l’accord de paix immédiatement après", a affirmé sur X le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Des "discussions techniques" suivront "la semaine prochaine", a-t-il précisé.
Les versions d'un éventuel accord données par les médias iraniens et Washington divergent toutefois, après des semaines de négociations laborieuses. Et le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait auparavant rappelé que "tant qu'un accord complet n'aura pas été conclu (...) on ne pourra affirmer avec certitude qu'un terrain d'entente a été trouvé".
En marge des négociations, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué dans la nuit avoir abattu "plusieurs drones d'attaque" lancés par l'Iran "pour frapper des navires commerciaux transitant par le détroit d'Ormuz". Après ces tirs, "le trafic maritime dans le détroit reste fluide", a-t-il ajouté.
Vendredi, les deux camps avaient laissé entrevoir une issue.
"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a déclaré M. Araghchi. "Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir".
Selon lui, le compromis prévoit la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, contrôlée par Téhéran depuis le début de la guerre.
Et à Washington, un haut responsable, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, même si "la ligne d'arrivée n'est pas encore franchie".
- "Personne ne se soucie des Iraniens" -
En Iran, le journal réformiste Etemad saluait la possibilité de "sortir de l'impasse géopolitique et économique chronique". Mais pour le quotidien conservateur Kayhan, le pays doit garder le contrôle du détroit d’Ormuz, "la plus grande faiblesse de l’ennemi".
Contacté depuis Paris, Ali, 49 ans, confie sous couvert d'anonymat sa désillusion: "personne ne se soucie du peuple iranien", fustige-t-il, redoutant qu'en cas d'accord, le pouvoir "opprime la population mille fois plus durement".
Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant un cessez-le-feu le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.
Donald Trump est sous pression aux Etats-Unis pour s'extraire d'une guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par son paus les Etats-Unis.
Il a pesté vendredi sur son réseau Truth Social contre l'Iran, l'accusant d'avoir fait fuiter des informations sur l'accord qui "n'ont RIEN à voir avec les termes (...) convenus par écrit".
L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, remplissant une série de conditions iraniennes, dont le droit à l'enrichissement d'uranium, et le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.
- Versions divergentes -
Washington a livré une toute autre version.
Le compromis doit, selon le haut responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit" puis "sorti" du pays.
M. Araghchi a lui préconisé une dilution en Iran des stocks d'uranium enrichi à 60%. Les diluer à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe atomique, éloignerait considérablement la menace d'un programme nucléaire à des fins militaires.
Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.
Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.
Ce point est central pour l'Iran, dont l'économie est asphyxiée par des décennies de sanctions.
Sur le Liban, autre volet majeur des discussions, le haut responsable américain a indiqué qu'il était bien inclus dans l'accord en discussion, comme réclamé par Téhéran. Washington avait auparavant dit vouloir dissocier ce dossier.
Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite, qui cible lui ses positions et son territoire. Les frappes israéliennes ont fait plus de 3.700 morts selon Beyrouth.
burx/cab/cm
T.Sanchez--AT