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L'Iran juge un accord "proche" après un message furieux de Trump
L'Iran a jugé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.
Maintien du contrôle sur Ormuz, droit à l'enrichissement d'uranium, déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger: l'agence Mehr a publié ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions drastiques.
"Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit", a réagi le président américain sur son réseau Truth Social. C'est "sans rapport avec la réalité".
"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il ajouté, appelant Téhéran à "se ressaisir, et VITE".
Après ces déclarations rageuses, la diplomatie iranienne a semblé tenter de calmer le jeu.
"Le mémorandum d'entente d'Islamabad (capitale du Pakistan, médiateur des négociations) n'a jamais été aussi proche", a écrit sur X le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, appelant les médias à ne pas "spéculer sur son contenu et promettant des détails "en temps voulu".
Washington livrait de son côté une toute autre version du texte.
"Voilà ce qu'ils ont accepté", a indiqué un haut responsable américain à l'AFP, énumérant cinq points: "le matériau nucléaire (iranien) sera détruit et enlevé"; "le programme nucléaire sera démantelé"; "leurs fonds ne seront pas libérés avant qu'ils ne remplissent les termes"; "le détroit d'Ormuz sera ouvert"; "pas de financement des groupes terroristes par l'Iran."
- "En temps voulu" -
Donald Trump, qui a déjà annoncé par 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février.
Le conflit a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.
Ce dernier rebondissement intervient alors que les hostilités avaient repris dimanche, après des tirs de missiles iraniens sur Israël en représailles à des frappes israéliennes sur Beyrouth, malmenant davantage encore la trêve en vigueur depuis le 8 avril.
Et jeudi, Donald Trump avait juré de frapper "très fort" l'Iran dans la soirée, avant d'annoncer, en "prenant acte" de l'avancée des négociations, l'annulation des "frappes et bombardements prévus".
"Je ne sais pas trop quoi penser", "je ne sais pas si cela sera bon ou mauvais pour nous", réagit à Téhéran auprès de l'AFP une femme de 29 ans, demandant à rester anonyme. "L'objectif principal de cette guerre était que les Etats-Unis démantèlent le système, et cela n'a pas été le cas. Alors, à quoi sert un accord?"
- Jamais la bombe -
Les marchés parient eux sur un accord, le pétrole repassant sous le barre des 90 dollars, tout en restant prudents.
"Il est très difficile de savoir ce qui se passe", commente auprès de l'AFP Steve Sosnick, de la plateforme Interactive Brokers. "Cela fait au moins 30 fois, voire près de 40 fois ou plus, qu'on nous annonce que quelque chose va se passer".
Selon l'agence officielle Irna, le protocole d'accord ne prévoit pas que l'Iran renonce au contrôle sur Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, qu'il a imposé au début de la guerre.
Et si le texte renvoie la question nucléaire à des négociations ultérieures de 60 jours, Téhéran entend mettre en avant "en vue de leur inclusion dans un accord final", son "droit à enrichir l'uranium" et la conservation sur son territoire de ses stocks d'uranium hautement enrichi.
C'est notamment sur ces exigences iraniennes, au coeur de la discorde entre les deux pays ennemis, qu'a jusque là buté toute entente.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a de son côté affirmé vendredi qu'il était "entièrement d'accord" avec Donald Trump pour que l'Iran n'ait jamais la bombe atomique. Téhéran dément vouloir s'en doter, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.
Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.
D'après Mehr, le texte prévoit selon elle la "cessation permanente et immédiate des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban", deux dossiers indissociables selon la République islamique alors que Washington veut les traiter séparément.
Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël a pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite.
Les opérations israéliennes au Liban ont tué plus de 3.700 personnes.
Ch.Campbell--AT