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L'inflation continue de déraper aux Etats-Unis, le pouvoir d'achat fond
L'inflation a une nouvelle fois bondi en mai aux Etats-Unis, à 4,2% sur un an, bien loin des 2,4% que le pays connaissait avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient qui a fait s'envoler la facture énergétique.
Les données publiées mercredi montrent une spectaculaire poussée des prix dans la foulée des premiers bombardements israélo-américains contre l'Iran, le 28 février.
Téhéran a rétorqué en bloquant notamment le trafic d'hydrocarbures dans le détroit d'Ormuz, propulsant les prix du pétrole et des produits qui en sont dérivés comme le plastique et les engrais.
L'indice officiel des prix à la consommation (CPI) avait entamé une décrue en fin d'année 2025 et s'était stabilisé autour de 2,4% début 2026. Il a décollé dès mars.
Il faut remonter à avril 2023 pour trouver une inflation plus élevée que les 4,2% enregistrés en ce mois de mai.
En parallèle, les salaires ont progressé en moyenne de 3,4% sur la période, selon un rapport publié la semaine dernière.
Les Américains perdent donc du pouvoir d'achat - sujet au coeur de la campagne en vue des élections de mi-mandat, en novembre.
La hausse des prix de l'essence (+40,5% sur un an) découlant de la guerre explique largement l'accélération de l'inflation.
Un indice montre toutefois que les augmentations tarifaires sont plus largement répandues dans l'économie. Ainsi, l'inflation sous-jacente (hors variations des coûts de l'énergie et de l'alimentation) est désormais de 2,9% sur un an (contre 2,5% en février).
Les billets d'avion connaissent un renchérissement spectaculaire (+26,7% sur un an). Il coûte aussi nettement plus cher de faire entretenir sa voiture (+6,1%) ou de se faire soigner à l'hôpital (+5,7%).
Selon un outil en ligne du service statistique du ministère du Travail, qui publie ces données d'inflation, les Américains doivent désormais débourser un peu plus de 130 dollars pour avoir l'équivalent de ce qui leur coûtait 100 dollars six ans plus tôt.
La pandémie de Covid-19 avait ensuite commencé à tirer les prix vers le haut (jusqu'à quasiment 9% d'inflation en juin 2022).
- "Pic"? -
L'exécutif américain jure depuis des semaines que les répercussions de la guerre au Moyen-Orient seront temporaires. Il s'efforce de conclure un accord avec Téhéran pour mettre durablement fin au conflit, impopulaire aux Etats-Unis.
"L'inflation va tomber comme une pierre" une fois la guerre terminée, a encore affirmé mercredi Donald Trump depuis le Bureau ovale.
Plusieurs analystes ont estimé que la situation devrait s'améliorer dans les mois qui viennent.
"Nous considérons que l'inflation a atteint un sommet et devrait ralentir au cours du second semestre, à condition qu'un accord soit trouvé rapidement avec l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz", écrit Kathy Bostjancic, économiste de l'assureur Nationwide, dans une note.
Nancy Vanden Houden, du cabinet Oxford Economics, pense aussi qu'un "pic" pourrait être passé "compte tenu de la forte baisse des prix de l'essence" observée ces derniers jours.
L'inflation mettra toutefois "du temps à reculer", pronostique-t-elle.
Malgré une inflation nettement supérieure à celle de la zone euro, la Réserve fédérale américaine (Fed) n'est pas prête à emboiter le pas de la Banque centrale européenne (BCE) qui devrait relever ses taux d'intérêt jeudi.
La Fed - dont les taux sont plus élevés que ceux de la BCE - veut croire en un choc inflationniste de courte durée et optera sans doute la semaine prochaine pour un quatrième statu quo d'affilée.
Ce sera la première réunion de l'ère Kevin Warsh, désigné par Donald Trump pour succéder à Jerome Powell. Le chef de l'Etat ne cache pas attendre de lui une politique plus accommodante pour stimuler l'économie.
Cette perspective s'éloigne néanmoins, la Fed étant chargée de contenir l'inflation autour de 2%.
K.Hill--AT