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Trump accuse l'Iran d'avoir abattu un hélicoptère et promet de répliquer
Donald Trump a promis mardi de "répliquer" à l'Iran, l'accusant d'avoir abattu un hélicoptère américain au dessus du détroit d'Ormuz, une brusque remontée des tensions alors que le président des Etats-Unis avait auparavant affirmé qu'un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient était proche.
"Les Iraniens ont abattu la nuit dernière l'un de nos hélicoptères très perfectionnés de type Apache pendant qu'il survolait le détroit d'Ormuz", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, en précisant que les deux pilotes étaient indemnes.
"Néanmoins les Etats-Unis doivent, nécessairement, répliquer à cette attaque", a-t-il ajouté.
"Nous préférons le langage de la diplomatie, mais nous parlons bien plus couramment d’autres langues. Rompez vos engagements, et nous passerons à celle que nous maîtrisons le mieux", a déclaré de son côté sur X le négociateur en chef de l'Iran, le puissant président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.
- Changement de ton -
Il s'agit d'un changement de ton notable alors que Donald Trump affirmait quelques heures plus tôt que la diplomatie américaine était "dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord" pour mettre fin aux hostilités, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour qu'il soit conclu.
Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les attaques réciproques avaient repris entre l'Iran et Israël dimanche et lundi, tuant trois personnes dont deux militaires et blessant 15 personnes en Iran, selon un nouveau bilan de la télévision d'Etat mardi.
M. Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté les deux pays à cesser "immédiatement" les hostilités.
Avant cette énième remontée des tensions mardi, les prix du pétrole, qui avaient flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, crucial pour le transport d'hydrocarbures, avaient baissé, portés par les espoirs d'un accord: vers 16H30 GMT (18H30 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, perdait 4,27% à 90,23 dollars.
En moins de 24 heures, l'Iran avait tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.
Si les forces armées iraniennes ont annoncé "la cessation de l'opération" lundi à la mi-journée, elles ont également prévenu qu'en cas "de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant (seraient) entreprises".
Téhéran continue d'exiger que le Liban fasse partie d'un accord pour mettre fin à la guerre avec Israël et les Etats-Unis entamée le 28 février, ce que rejette Washington, qui souhaite aborder le dossier libanais dans un second temps.
- Tyr désertée -
En attendant, au Liban, frappes israéliennes et attaques du Hezbollah se poursuivent, le groupe pro-iranien continuant de refuser un cessez-le-feu sous conditions entre le Liban et Israël.
Dans le sud du pays, Tyr, pilonnée sans relâche par l'armée israélienne, a été visée mardi par une "lourde frappe" après un appel israélien à évacuer, selon l'agence nationale d'information libanaise (ANI).
Pour la première fois depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement chiite, le 2 mars, l'appel à évacuer concernait toute la ville, y compris le quartier chrétien où des habitants de Tyr et de localités voisines s'étaient réfugiés.
"Le quartier chrétien est désormais vide à 99%", a rapporté à l'AFP Walid al-Tawil, du conseil municipal.
Avant cette mise en garde, au moins huit personnes avaient été tuées et 32 blessées, dans une autre frappe israélienne sur cette ville millénaire, selon un bilan provisoire du ministère de la Santé.
Le Hezbollah avait, lui, revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban - qui n'ont pas fait de blessés selon l'armée israélienne. Par ailleurs, dans le nord d'Israël, un homme, accusé d'avoir tiré sur des soldats après avoir traversé la frontière depuis le Liban, a été abattu, selon l'armée.
Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a discuté mardi de "la situation sécuritaire régionale" avec Asim Munir, son homologue au Pakistan - principal pays médiateur dans les pourparlers visant à mettre durablement fin à la guerre.
Selon son Premier ministre Shehbaz Sharif, un accord américano-iranien pour mettre fin à la guerre était "sur le point d'être conclu" lorsque de nouveaux combats entre l'Iran et Israël ont éclaté dimanche.
burx-apz-san/tq
G.P.Martin--AT