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Disparition de Lyhanna: le suspect visé par d'autres plaintes pour des faits antérieurs
L'homme soupçonné de l'enlèvement de Lyhanna, collégienne de 11 ans dont on est sans nouvelles depuis vendredi, a fait l'objet par le passé de trois procédures pour viols ou agressions sexuelles et est visé depuis mercredi par une nouvelle plainte dans une autre affaire.
Le gouvernement a de son côté annoncé mercredi une enquête administrative sur d'"éventuels dysfonctionnements" concernant les antécédents du suspect.
Interpellé à l'Assemblée nationale par le député du Gers David Taupiac, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a répondu avoir décidé avec le ministre de la Justice "de diligenter une enquête administrative, qui sera confiée à l'Inspection générale de la justice, à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale pour identifier évidemment d'éventuels dysfonctionnements".
Une plainte déposée en 2022 avait été classée sans suite en 2024, une seconde déposée en 2025 a tardé à être examinée et une troisième a été déposée mercredi. Les deux premières pour viol, la dernière pour agression sexuelle.
L'enquête administrative annoncée par le ministre de l'Intérieur porte sur le traitement de la plainte de 2025.
Comme l'agression dénoncée avait eu lieu à Montestruc-sur-Gers, village où réside la famille de Lyhanna dans le Gers, le parquet de Toulouse a transféré le dossier au parquet d'Auch, qui n'a pu transmettre la plainte à la gendarmerie de Lectoure qu'en janvier, indique la procureure d'Auch Clémence Meyer, précisant que "l'enquête est toujours en cours".
- Enquêtes regroupées -
Les parents de Lyhanna ont "pris connaissance de la procédure pénale ouverte depuis le 22 août 2025 révélée par les médias. Ils demeurent dans la plus grande inquiétude, appellent à respecter leur intimité et ont foi en la justice", selon un communiqué de leur avocat François Roujou de Boubée.
La plainte classée sans suite en 2024, pour "infraction insuffisamment caractérisée", selon la procureure d'Auch, sera réexaminée, assurant que "les enquêtes judiciaires (visant le suspect allaient) se poursuivre et vraisemblablement être regroupées".
Par ailleurs, il y a cinq ans, le suspect a été congédié du lycée de Lectoure où il occupait un emploi d'agent d'entretien, "après une procédure disciplinaire suite au signalement d'un comportement inapproprié envers une lycéenne", a indiqué la région Occitanie, gestionnaire de l'établissement.
La première plainte répertoriée, classée sans suite, remonte à 2017, pour avoir entretenu une relation avec une adolescente de 17 ans. Elle a été déposée par la mère mais sa fille avait déclarée qu'il s'agissait d'une relmation consentie.
Lors de son interrogatoire de première comparution devant le juge d'instruction nommé dans le dossier Lyhanna, le suspect, dont le casier judiciaire ne fait apparaître aucune condamnation, "n'a pas souhaité s'exprimer", "ni répondre à d'éventuelles questions", a affirmé le procureur de la République d'Agen, Olivier Naboulet.
Lyhanna a été vue pour la dernière fois à Fleurance, vendredi vers 15h00, en train de monter dans la voiture du suspect, un homme qu'elle connaissait bien car il est le père d'une de ses amies.
- Les recherches continuent -
Sollicitées mercredi par l'AFP, les avocates du suspect, Sandra Vazquez et Eléonore Paré, n'ont pas souhaité répondre, renvoyant à leur communiqué diffusé mardi affirmant qu'elles ne feraient "aucune déclaration à la presse" et invitant "l'ensemble des médias et intervenants" au "plein et strict respect" de la présomption d'innocence.
Mercredi, au sixième jour de la disparition de la collégienne, les recherches ont continué à Fleurance et dans les communes voisines, une zone rurale, boisée et vallonnée, à environ 80 km à l'ouest de Toulouse.
"Le volume du dispositif du jour est reconduit, compris entre 170 et 180 personnels, dont les gendarmes mobiles toujours en renfort", a indiqué un porte-parole du commandement opérationnel de la gendarmerie sur place, le lieutenant-colonel Romand.
"Une cinquantaine de volontaires", issus des rangs des chasseurs, ont "été répartis en plusieurs groupes, encadrés par les gendarmes", ce qui porte à "environ 230 personnes" le total déployé sur le terrain.
O.Brown--AT