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Moyen-Orient: la chute des prix du pétrole porte les marchés après les déclarations de Trump
Les marchés mondiaux respirent mardi: le pétrole chute de 10% et les Bourses rebondissent après les déclarations du président américain Donald Trump affirmant que la guerre avec l'Iran est "quasiment" terminée.
"Les prix du pétrole brut ont connu un retournement spectaculaire, déclenchant une vague de soulagement sur les actifs risqués à l'échelle mondiale", commente Fawad Razaqzada, analyste pour Forex.com.
Vers 16H45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du brut, dévissait de 10,00% à 98,96 dollars. Son équivalent américain, le WTI, chutait de 10,48% à 84,84 dollars. Avant le début de la guerre, le Brent évoluait autour des 72 dollars le baril, et le WTI à environ 67 dollars.
Les deux références mondiales du brut ont connu une flambée spectaculaire ces derniers jours face aux difficultés d'approvisionnement depuis les pays du Golfe, en raison de la quasi-paralysie du stratégique détroit d'Ormuz avec la guerre au Moyen-Orient, jusqu'à frôler tous deux les 120 dollars lundi, des sommets depuis juin 2022.
Mais les investisseurs ont pris en compte des "commentaires du président américain Donald Trump suggérant que le conflit impliquant l'Iran pourrait se terminer plus tôt que ne le craignaient les marchés", poursuit M. Razaqzada.
Dans une déclaration à une journaliste de la chaîne CBS, le président américain a déclaré lundi soir que la guerre était "quasiment" finie, faisant valoir que l'Iran n'avait plus de "marine", ni de "communications", ni de "force aérienne".
En parallèle, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) tient une réunion extraordinaire mardi après-midi à Paris afin d'envisager un possible recours aux stocks stratégiques de pétrole pour endiguer la flambée des cours de l'or noir depuis le déclenchement de la guerre.
Côté gaz, le TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, cédait 16,51%, à 47,13 euros le mégawattheure, loin de son pic à 69,50 euros touché lundi, un plus haut depuis janvier 2023.
- Bourses rassurées, mais prudentes -
Les marchés d'actions sont "portés par les commentaires (de) Donald Trump laissant entrevoir une possible résolution du conflit au Moyen-Orient", souligne Patrick Munnelly, de Tickmill Group.
Son intervention "a apaisé les craintes d'un conflit à long terme susceptible de déclencher un choc +stagflationniste+", une situation économique très inconfortable combinant forte inflation et faible croissance, selon les analystes de la Deutsche Bank.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en nette hausse de 1,79%, Francfort a gagné 2,39%, Londres 1,59% et Milan 2,67%.
Wall Street se montrait plus prudente. Vers 16H45, le Dow Jones prenait 0,60%, l'indice élargi S&P 500 gagnait 0,43% quand l'indice Nasdaq avançait de 0,69%.
- Taux d'intérêts en recul -
Le soulagement se fait également sentir sur les taux d'intérêt des dettes souveraines européennes mardi.
"Les événements au Moyen-Orient ont ajouté un épais nuage d'incertitude sur la trajectoire des taux directeurs", rappelle Sanjay Raja, de la Deutsche Bank. Les taux d'intérêts européens avaient augmenté ces derniers jours, poussés par la crainte d'un retour de fortes pressions inflationnistes sur le continent avec la flambée du prix des hydrocarbures --importés par de nombreux pays d'Europe.
Vers 16H45 GMT, le taux d'intérêt français à échéance dix ans reculait à 3,44%, contre 3,51% lundi soir, un fort mouvement sur ce marché. Avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%.
Le taux d'intérêt italien s'établissait à 3,52% contre 3,61% lundi. Hors zone euro, le taux de l'emprunt britannique à échéance dix ans atteignait 4,56%, contre 4,64% lundi soir. La dette allemande, référence en Europe, reculait plus timidement à 2,83% contre 2,86%.
"Malgré l’accalmie, la situation reste fragile", prévient Fawad Razaqzada. "La prime de risque géopolitique s’est peut-être réduite, mais elle n’a certainement pas disparu".
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé qu'ils "décideront de la fin de la guerre", en réponse aux propos de Donald Trump, et promis mardi que plus aucune goutte de pétrole ne sortirait du Moyen-Orient "jusqu'à nouvel ordre".
Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement près de 20% du pétrole brut mondial, est fortement perturbé depuis le début de la guerre déclenchée le 28 février par des frappes des Etats-Unis et Israël contre l'Iran.
Y.Baker--AT