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La flambée historique des cours du pétrole secoue les marchés mondiaux
La flambée des prix du pétrole lundi au-dessus des 100 dollars le baril au dixième jour de la guerre au Moyen-Orient fait plonger les marchés boursiers et grimper les taux d'emprunt des Etats avec les craintes d'un choc inflationniste mondial.
"Les marchés financiers ont été brutalement secoués alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient s'intensifient, provoquant l'une des plus fortes hausses du prix du pétrole de l'histoire et obligeant les investisseurs à réévaluer les perspectives économiques mondiales", commente Daniela Hathorn, analyste de Capital.com.
Durant le week-end, "de nouvelles frappes ont visé des infrastructures énergétiques clés dans la région du Golfe, entraînant d'autres fermetures d'installations de production de pétrole et de gaz", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Pendant la séance asiatique, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du marché, s'est envolé de plus de 28% et le WTI, son équivalent américain, de plus de 31%, sa plus forte hausse journalière jamais enregistrée. Même l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui avait vu le baril grimper jusqu'à 130,50 dollars début mars 2022, n'avait pas provoqué de mouvements aussi violents.
La flambée du brut s'est ensuite modérée "après des informations selon lesquelles les pays du G7 se réuniraient pour discuter d'un recours aux réserves stratégiques", poursuit Mme Hathorn.
Il s'agit d'une "option envisagée" qui devrait être discutée par les ministres des Finances du G7, qui se réunissent lundi sous présidence française par visioconférence pour se pencher sur les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, a confirmé lundi une source au sein de l'exécutif français.
Le quotidien britannique Financial Times évoque "une libération conjointe comprise entre 300 et 400 millions de barils, soit environ 25% à 30% des 1,2 milliard de barils détenus en réserve", souligne Lee Hardman, analyste de MUFG.
"Le détroit d'Ormuz transporte normalement entre 17 et 20 millions de barils de pétrole brut et de produits raffinés. Ainsi, une libération des réserves stratégiques compenserait environ deux à trois semaines de flux normaux transitant par le détroit d'Ormuz s'il reste effectivement fermé", explique M. Hardman.
Vers 11H40 GMT, le baril de Brent grimpait de 13,36% à 105,07 dollars, et le WTI bondissait de 13,73%, à 103,38 dollars. Côté gaz naturel, la référence européenne, le TTF néerlandais, prenait 16,24% à 62,05 euros le mégawattheure, après avoir flambé de 30% à l'ouverture.
Les marchés de l'énergie restent suspendus aux développements au Moyen-Orient, où le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de l'offre mondiale de pétrole et gaz naturel liquéfié (GNL), reste quasi-paralysé.
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"Tant que le conflit se prolonge, les marchés de l'énergie devraient rester sous tension, avec des implications bien au-delà du seul pétrole", souligne Mme Hathorn.
"Dans ces conditions, la question du retour des pressions inflationnistes et de leurs conséquences économiques s'impose à nouveau comme l'un des principaux sujets d'inquiétude pour les investisseurs", explique John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank, les pays européens important massivement leurs hydrocarbures.
Sur les marchés actions européens très sensibles aux coûts de l'énergie, la Bourse de Paris perdait 2,01%, Francfort 1,59%, Londres cédait 1,10% et Milan 1,41% vers 11H45 GMT.
A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient présager une ouverture dans le rouge.
A Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé en repli de 5,19%, et à Séoul, l'indice Kospi a fini en chute de 5,96%.
L'Asie est également très exposée, la Corée du Sud étant le quatrième plus gros importateur de brut, suivie du Japon, et l'économie coréenne reposant sur une industrie tech très énergivore.
Par ailleurs, le marché de la dette "en Europe et au Royaume-Uni commencent à intégrer une probabilité réduite de nouvelles baisses de taux — et dans certains cas même des hausses — alors que la hausse des prix de l'énergie menace de relancer l'inflation", note Mme Hathorn.
Le rendement de l'emprunt français à échéance 10 ans évoluait à 3,58% vers 11H40 GMT contre 3,51% vendredi à la clôture, une forte variation pour ce marché. Son équivalent britannique s'établissait à 4,74% contre 4,63% vendredi, et l'italien à 3,69% contre 3,62%.
O.Brown--AT