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Malgré la répression en Iran, l'espoir en étendard dans les manifestations en France
Entre inquiétudes face à l'ampleur de la répression des manifestations en Iran et "espoir" de voir un jour s'effondrer le "régime des mollahs", plusieurs milliers de personnes, dont de nombreux membres de la diaspora, ont défilé samedi en France.
A Paris, la foule réunie à l'appel de collectifs de réfugiés, d'organisations féministes, d'associations de défense des droits humains, de syndicats et de partis de gauche, scande "Femme, vie, liberté" - slogan emblématique de la contestation de 2022 - et "Mort à Khamenei" en farsi avant de défiler entre le Panthéon et la place d'Italie.
Dans la foule qui brandit des drapeaux iraniens et des portraits de jeunes gens tués dans les manifestations, des participants clament "Le pouvoir des mollahs, on n'en veut pas" ou encore "Ni chah, ni mollahs, l'Iran vivra".
"Vous êtes nos compatriotes, vous êtes abandonnés dans le concert des nations, vous appelez désespérément à l'aide. La société civile mondiale est solidaire", lance depuis la tribune l'avocate Chirinne Ardakani, présidente du collectif Iran Justice, s'adressant à des Iraniens dont les communications internet avec l'extérieur ont été coupées par les autorités il y a plus de huit jours.
D'autres évaluations donnent plus de 5.000 morts, voire 20.000, selon IHR.
La chaîne d'opposition Iran International, basée à l'étranger, a annoncé de son côté qu'au moins 12.000 personnes avaient été tuées lors des manifestations, citant de hauts responsables gouvernementaux et des sources sécuritaires.
- "Soutien international" -
Zahra Bodin, une des organisatrices de la manifestation qui s'est déroulée à Rennes, se dit "très touchée par le massacre ces dernières semaines du peuple iranien". "Nous voulons crier aussi fort que nos compatriotes qui sont dans la rue", explique-t-elle.
Pour Ali Rastegar, Franco-Iranien installé en France depuis 43 ans, il s'agit d'envoyer un "message de soutien international au peuple iranien" face à "un régime dictatorial obscurantiste".
"Le peuple se révolte, le peuple a faim (...), ils manifestent et on leur tire dessus, c'est inacceptable", s'indigne-t-il lors d'un rassemblement à Strasbourg.
L'Iran a été secoué durant près de trois semaines par une vague de manifestations déclenchées le 28 décembre à Téhéran par des commerçants contre le coût de la vie, avant de prendre de l'ampleur le 8 janvier, défiant ouvertement la République islamique en place depuis 1979.
La répression s'est alors abattue et la vague de protestation semble étouffée.
- "La répression ne peut l'emporter" -
Malgré "la répression, la torture, la peur, les exécutions à venir", Galia veut garder "espoir". "A chaque fois, je me dis +cette fois, c'est la bonne+, que ce sera la liberté pour le peuple. Et si cette fois c’est pas la bonne, ça arrivera", affirme cette femme de 36 ans, arrivée d'Iran à l'âge de 19 ans, et qui préfère taire son nom dans le cortège parisien.
Un avis partagé par Amir, étudiant de 23 ans, qui souhaite lui aussi garder l'anonymat. La chute du pouvoir en place depuis 1979 est selon lui "inévitable": "On ne peut pas vivre comme ça".
"La répression ne peut l'emporter, tôt ou tard, la liberté triomphera", veut-il croire, heureux d'avoir eu la veille des nouvelles rassurantes de son cousin à Téhéran.
Avec la coupure d'internet, nombre de manifestants disent leur difficulté à avoir des nouvelles de proches en Iran.
"Ca commence à revenir", explique un homme de 30 ans, manifestant à Lyon. Mais c'est seulement depuis l'Iran "qu'ils peuvent nous appeler, pendant une minute. Et tout est enregistré là-bas. Quand ils veulent dire ce qui s’est passé, c'est coupé", se désole-t-il.
Plus loin, un groupe de jeunes d'une vingtaine d'années reprend les slogans de la manifestation. Dans un français hésitant, mêlant parfois de l’anglais, l'un d'entre eux explique qu'un de ses amis lui a raconté "sentir l'odeur du sang sur les routes d'Ispahan".
"Les familles à l'hôpital ne peuvent pas reconnaître les corps. Et ils fouillent les appartements pour retrouver les manifestants", relate ce manifestant. Son téléphone sonne. "C'est ma famille!", s’exclame-t-il en prenant l’appel.
burs-mra/sva/swi
W.Stewart--AT