-
Cuba: rétablissement progressif du réseau électrique
-
Mondial: encore miraculée, l'Argentine de Messi foudroie l'Egypte
-
Le CIO réintègre les Russes, sans leur rendre hymne et drapeau
-
Tour de France: torpeur partout, fraîcheur nulle part
-
Sans Nice, une carte olympique et paralympique plus compacte pour 2030
-
Le freeride et le patinage synchronisé seront aux JO-2030, pas le combiné nordique
-
La Bourse de Paris finit emportée par les doutes sur les semi-conducteurs
-
Wimbledon: l'habitué Sinner et la novice Gauff au rendez-vous des demi-finales
-
Tour de France: la 4e étape pour Pedersen, le jaune pour Traeen
-
Climat: le prochain El Niño devrait battre "des records" d'intensité, selon un expert de référence
-
Mondial-2026: entre la France et le Maroc, la bataille des milieux
-
Les télé et radio publiques hongroises cessent d'émettre pour repartir sur de nouvelles bases
-
Les Bourses européennes terminent majoritairement dans le rouge
-
GB: rattrapé par des affaires, Nigel Farage démissionne pour s'en remettre au vote des électeurs
-
JO-2030: entrée du freeride et patinage synchronisé, sortie du combiné nordique
-
En intégrant l'indice boursier Nasdaq 100, SpaceX s'invite au portefeuille de millions d'Américains
-
Rebond des prix et volumes agricoles en 2025, après la terrible année 2024 (bilan Insee)
-
Au sommet de l'Otan, Trump vante son "alchimie" avec Erdogan
-
Cuba: HRW dénonce les sanctions américaines et le manque de liberté sur l'île
-
Wall Street ouvre en baisse, nouvelle vague de vente sur les semi-conducteurs
-
Macron affiche son soutien à Chareh pour stabiliser la Syrie, après deux attentats à Damas
-
La mortalité périnatale continue d'augmenter en France: 11 pour 1.000 naissances en 2024
-
Tour de France: l'équipe Visma aussi s'intéresse à Paul Seixas
-
Le cercueil du guide suprême iranien Khamenei entame sa route vers l'Irak
-
Wall Street ouvre en ordre dispersé, nouvelle vague de vente sur les semi-conducteurs
-
Action en justice au Royaume-Uni contre un méga projet pétrolier de Total en Ouganda
-
Cuba: le rétablissement du réseau électrique ralenti par le manque de carburant
-
Orages et pluies diluviennes en Chine: 17 morts, des centaines de blessés
-
Marine Le Pen éligible, mais sous bracelet électronique, donnera sa décision pour la présidentielle à 20H00
-
Colis piégé à Monaco: la suspecte retrouvée tuée par balle en Ukraine
-
Mistral dernier d'un classement sur la gestion des risques IA, juge la méthodologie discutable
-
Syrie: attentats à la bombe à Damas en pleine visite de Macron, 18 blessés
-
Isabelle Adjani et la pionnière Galia Salimo dans le jury de "Drag Race France 4"
-
La justice ouvre la porte à une candidature de Marine Le Pen mais sous bracelet
-
En Afghanistan, des femmes contraintes de quitter l'Iran retrouvent espoir en travaillant
-
Orages et précipitations extrêmes en Chine: 15 morts, des centaines de blessés
-
USA-Turquie: la bromance Trump-Erdogan en quelques mots
-
Procès RN: début de l'audience qui va sceller le destin politique de Marine Le Pen
-
Mondial-2026: USA et Ronaldo éliminés, l'Argentine de Messi pour compléter le tableau ?
-
Marine Le Pen est au Palais de justice où va se sceller son destin politique
-
La France face à sa deuxième vague de chaleur en moins d'un mois
-
Procès Pormanove: bracelet, sursis et bannissement numérique requis contre les streamers
-
Le gouvernement français abaisse sa prévision de croissance pour 2026
-
Comment Washington use de menaces et de dollars pour expulser ses migrants en Afrique
-
La Bourse de Paris en hausse malgré les interrogations sur la tech
-
Des moyens aériens supplémentaires pour contenir l'incendie des Pyrénées-Orientales
-
Attentats à la bombe à Damas en pleine visite de Macron, 18 blessés
-
Le sommet de l'Otan vante des contrats d'armement, tente d'apaiser Trump
-
Marine Le Pen bientôt fixée sur sa candidature à la présidentielle 2027
-
Verdict attendu dans le procès du prince Harry contre le Daily Mail
Des adolescents soupçonnés de terrorisme, happés dans l'engrenage de vidéos "ultra violentes"
Vouloir s'attaquer à une ambassade israélienne à 14 ans, à des bars à 16 ans... En France, la jeunesse de certains suspects, prêts à commettre des actions terroristes, sidère. Un phénomène récent pour lequel les enquêteurs ne distinguent pas de "profil type", hormis l'addiction aux vidéos violentes.
"Il y a quelques années encore, les mineurs mis en examen en matière terroriste se comptaient sur les doigts d'une main alors que nous en avons eu 15 en 2023, 18 en 2024, et déjà 11 au 1er juillet", indique à l'AFP le parquet national antiterroriste (Pnat).
Avocats et magistrats s'accordent sur quelques caractéristiques: des garçons, pas délinquants avant de se radicaliser - dans une mouvance principalement jihadiste - et qui, pour beaucoup, dévoilent une grande timidité ou pâtissent d'un cadre parental fragile.
Toutefois, "nous manquons de recul pour catégoriser avec précision le profil type" de ces adolescents, "âgés de 13 à 18 ans, originaires de toute la France", reconnaît le Pnat qui a créé en mai une section mineurs au sein de sa division terrorisme "afin notamment de redimensionner les capacités d'analyse".
Se dégage "une constante" tout de même: "grands utilisateurs des réseaux sociaux, la plupart sont amateurs de contenus ultra violents, guerriers ou pornographiques".
- "Bulle algorithmique" -
Les réseaux leur prodiguent un flux de vidéos "insoutenables, pas forcément liées au terrorisme", comme des images de cartels, explique à l'AFP une source judiciaire. "Ils pensent affirmer leur identité d'homme en les regardant."
"On n'est ni un enfant, ni un adulte, quand on est adolescent. Cette double identité négative devient insupportable pour certains et débouche sur la violence pour être reconnus comme adultes, même si c'est un adulte négatif", abonde le sociologue Farhad Khosrokhavar.
Une vidéo violente en entraîne une autre.
"En moins de trois heures sur Tiktok, vous pouvez être dans une bulle algorithmique consacrée à l'État islamique" avec des "chants de guerre, des décapitations, des reconstitutions d'actions passées glorieuses par intelligence artificielle, des simulations d'actions à venir", explique la chercheuse Laurène Renaut, qui travaille sur les jihadosphères virtuelles.
Ces jeunes sont aussi abreuvés de contenu "mélancolique", creusant "le sentiment de solitude, avec des paysages ravagés, censés refléter l'âme". Ces vidéos leur proposent "de parler à +un frère+ s'ils se sentent exclus".
Tiktok a pourtant assuré à l'AFP se mobiliser pour "détecter les tendances extrémistes émergentes et supprimer 99% des contenus" terroristes "avant même qu'ils ne nous soient signalés".
Pour Nassire (prénom modifié), jugé pour avoir envisagé, à 16 ans, d'attaquer des bars identitaires à Lille ou Lyon, "tout a commencé" avec "la vidéo de (Brenton) Tarrant", auteur des attentats antimusulmans à Christchurch (Nouvelle-Zélande) en 2019.
"J'avais 13 ans, je jouais à Minecraft, sur Discord. C'est une application où on échange avec d'autres joueurs. Quelqu'un a envoyé la vidéo de Tarrant. (...) Je trouvais ça injuste de voir des hommes, femmes, enfants se faire massacrer", a-t-il expliqué au cours de l'enquête.
"A partir de là, j'ai regardé les vidéos des imams qui disaient de rester calmes, celles de terroristes d'extrême droite et je trouvais ça injuste. Puis j'ai vu celles des jihadistes, qui disaient d'aider les frères".
Dans sa bouche, le mot "injustice" revient comme un mantra. "Je me disais qu'en défendant cette cause, ça allait donner un sens à ma vie."
En juillet 2024, la cour d'appel l'a condamné à quatre ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis probatoire, notant "la gravité" des actes préparatoires (notamment sa rencontre avec un homme - en réalité agent infiltré - pour se renseigner sur des armes).
- "Divination" -
Mais la justice a aussi souligné "l'absence d'élément témoignant d'une radicalisation idéologique ancrée".
Elle a plutôt décelé une "quête identitaire et affective" chez ce jeune qui cherchait "à trouver sa place au sein d'un cadre établi et valorisant" auprès d'internautes, "alors qu'il avait souffert d'importantes carences affectives" (parents en conflit, quartier "ultraviolent").
"C'est un garçon essentiellement seul, triste et gentil, dont la seule occupation hors ordinateur était de faire des tours en trottinette", abonde auprès de l'AFP son avocat Jean-Baptiste Riolacci.
"La grande particularité de l'association de malfaiteurs terroriste est qu'on intervient assez tôt pour interpeller, mais on module sur la répression", relève une source judiciaire, c'est-à-dire quand il faut décider du placement en détention provisoire, dans un centre, ou sous contrôle judiciaire, puis au moment du prononcé des peines.
Ce n'est pas l'avis de Me Pierre-Henri Baert, qui a défendu un jeune jugé en mai. Son client a écopé de trois ans d'emprisonnement pour avoir, à 16 ans, publié de la propagande de l'État islamique appelant à des crimes contre les juifs. "Il s'agit d'une peine très sévère au regard de la grande jeunesse du prévenu, sans casier, auquel on reproche finalement de simples propos en ligne, mais aucun acte matériel", a estimé le conseil.
"Quand la justice poursuit pour association de malfaiteurs terroriste, elle fait de la divination", tacle une autre avocate ayant eu des dossiers similaires, alors que "l'étiquette terroriste est extrêmement stigmatisante". "Il n'y a pas de distinction entre un gamin qui a envoyé des messages virulents et un suspect qui a acheté des armes."
- "Jihadisme fantasmé" -
Si les adolescents sont souvent détectés par leur comportement sur les réseaux sociaux, ils sont poursuivis du fait d'actes plus concrets, comme "le passage à une messagerie cryptée, la communication de recettes pour fabriquer des explosifs, la recherche de financement", assure pourtant une source judiciaire.
En septembre, trois adolescents seront jugés à Paris, accusés d'avoir planifié, à l'âge de 14 et 15 ans, de faire exploser un camion contre le bâtiment de l'ambassade israélienne en Belgique.
Déjà repérés au collège pour leurs "propos radicaux", selon le Pnat, deux d'entre eux ont été surpris, dans un parc, en possession de "bouteilles d'acide chlorhydrique" renfermant du "papier d'aluminium", utiles à la composition d'engins explosifs. Leurs téléphones révèlent un fort goût pour les jeux vidéo de massacres.
"Mon client a pu avoir des comportements d'une personne radicalisée, en consultant des sites jihadistes, ce qui est interdit, mais il est très loin d'avoir projeté un attentat", a affirmé à l'AFP Jennifer Cambla, avocate de l'un d'entre eux, s'indignant de poursuites disproportionnées.
Mais pour une autre robe noire, parlant sous couvert d'anonymat, l'arrestation des adolescents pris dans un "jihadisme fantasmé" représente "presque une chance, au prix d'un choc monstrueux".
"Ce sont des interpellations dures, avec des services spécialisés, cagoule et sac sur la tête... Mais le suivi judiciaire est fascinant en terrorisme: en tant que mineurs, ils bénéficient de modèles d'accompagnement, voient des psys. Coupés des réseaux, ils refont du sport."
Un "sevrage" auprès de la Protection judiciaire de la jeunesse qui mérite d'être scruté, prévient une autre source judiciaire: il "donne l'impression d'une déradicalisation rapide, mais on ne sait pas si ces jeunes pourraient se radicaliser de nouveau".
A.Anderson--AT