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Nicolas Doucet, le Français derrière le jeu vidéo de l'année "Astro Bot"
Un Français au firmament du jeu vidéo: Nicolas Doucet et son jeu "Astro Bot", hommage aux héros phares des consoles PlayStation, ont remporté le titre de jeu de l'année jeudi soir lors des Game Awards 2024.
"Rien ne peut vous préparer à ça", a lancé le directeur du studio nippon Team Asobi, propriété de Sony, sur la scène du Peacock Theater à Los Angeles, brandissant la statuette la plus convoitée de la cérémonie annuelle consacrant l'industrie vidéoludique.
Le Français de 46 ans au parcours atypique a également rendu hommage - sans le citer - au géant concurrent du jeu vidéo Nintendo.
"Je me souviens qu'enfant, à Noël 1989, j'ai reçu une boîte grise dans laquelle se trouvait un jeu appelé "Super Mario Bros.", un jeu génial", a-t-il glissé sur scène, alors que "Astro Bot" rappelle les grandes heures des aventures du plombier moustachu.
"L'amour du Japon a toujours été un vecteur important dans ma vie", confiait-il à l'AFP en août dernier, dans un grand open space au siège tokyoïte de Sony Interactive Entertainment.
Son équipe a passé plus de trois ans sur cet "Astro Bot", sorti en août, qui met en scène de nouvelles aventures de son petit robot.
Vendu à plus de 1,5 million d'exemplaires et exclusif à la PS5, le jeu a décroché la meilleure note de l'année sur le site d'agrégateurs d'avis Metacritic, avec 94 sur 100, ex-aequo avec "Metaphor: ReFantazio" et "Elden Ring: Shadows of the Erdtree".
- "Rêve de gamin" -
Originaire d'Aignan, "un petit village" du Gers, au coeur des vignobles d'Armagnac (sud-ouest), il raconte avoir baigné très tôt dans la pop culture japonaise, comme beaucoup d'autres de "cette génération de Français qui a grandi avec le Club Dorothée".
Il y avait dans le village "un gamer qui importait ses consoles et qui nous a tous contaminés. On avait 14 ans, on jouait à des jeux tout en japonais, on ne comprenait rien, mais on les avait un ou deux ans à l'avance. Ça a cristallisé en nous cet amour du Japon", dit-il.
Voulant d'abord devenir professeur d'anglais, il s'exile à Londres où il tombe par hasard dans le monde du jeu vidéo, officiant chez Eidos, Electronic Arts ou Lego, puis chez Sony pour travailler avec le EyeToy, une caméra permettant de jouer grâce à la reconnaissance de mouvements.
"J'ai toujours baigné dans le jeu-jouet super accessible où les gens se marrent", glisse-t-il. Puis, au début des années 2010, il demande à rejoindre le siège japonais de Sony, "un rêve de gamin qui devenait réalité".
Son équipe est d'abord chargée d'explorer les applications ludiques de diverses technologies et crée "Astro Bot Rescue Mission" pour le casque de réalité virtuelle PlayStation VR.
Fin 2020 sort la PlayStation 5, sur laquelle est préinstallé "Astro's PlayRoom", conçu pour exploiter à fond les capacités de sa manette.
- "Magie" -
"Astro Bot" se veut l'extension de ces premières aventures, à la vitesse supérieure: sans répit, Astro court, vole, nage, patine, escalade, fore, s'essore comme une éponge ou se transforme en souris à travers une cinquantaine de planètes aux teintes sucrées.
Le jeu met la technique au service de l'immersion avec le "retour haptique" présent dans la manette, une technologie également utilisée dans les smartphones, permettant notamment au joueur de "ressentir" si le personnage marche dans l'herbe, sur un sentier rocailleux ou une surface en métal.
Le mot "magie" revient sans cesse dans la bouche du créateur lorsqu'il présente l'univers qui mène Astro de planète en planète: "ça vient des jeux avec lesquels j'ai grandi", sourit Nicolas Doucet.
"Faire un jeu de plate-forme au Japon a vraiment du sens, car c'est un pays où historiquement la qualité, la précision des contrôles a toujours été au top, dans les jeux d'arcade ou de baston par exemple".
"Je respecte énormément les membres de l'équipe qui ont ça dans le sang", confie-t-il. "Parfois, je me dis +mais tu as vraiment de la chance de pouvoir faire ça+."
E.Rodriguez--AT