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Le rythme de réduction des inégalités femmes-hommes a "considérablement ralenti", selon une étude
Le rythme de réduction des inégalités femmes-hommes a "considérablement ralenti depuis une dizaine d'années", selon une note du Conseil d'analyse économique (CAE) publiée jeudi.
L'écart de revenus du travail se resserre depuis 30 ans, mais les progrès ont "pour l'essentiel" été réalisés entre 1990 et 2010 (-15%), indique la note de l'organe d'expertise rattaché à Matignon. Il n'a baissé que de 5 points entre 2010 et 2020.
Cet écart des revenus du travail entre les femmes et les hommes "dépasse légèrement les 30%", selon la note, qui explique ce taux plus élevé que celui de l'Insee (24,4% pour 2020) par une méthodologie différente, intégrant notamment les personnes qui ne sont pas en emploi.
Ces inégalités sont liées à "une moindre participation des femmes au marché du travail, à un temps de travail inférieur et à des différences salariales persistantes, même à temps de travail égal", rappelle la note, qui souligne que l'écart représente un coût "de l'ordre de la dizaine de points de PIB".
Les trois facteurs - participation, heures et salaires horaires - "jouent à peu près à égalité" à un tiers chacun pour expliquer l'écart de revenus, a précisé Camille Landais, l'un des auteurs de l'étude lors d'une présentation à la presse.
Si les inégalités "commencent dès le système éducatif", c'est surtout l'impact de la maternité qui "est le facteur déterminant" dans leur persistance, indique la note.
A l'arrivée du premier enfant, les revenus du travail des mères "chutent brutalement" puis "se stabilisent à un niveau beaucoup plus bas avec une très faible croissance", indique l'étude.
"Pour les femmes, aïe... cela a un effet très large mais surtout incroyablement persistant", a commenté M. Landais.
Dans les dix années qui suivent la naissance de leur premier enfant, les femmes voient leurs revenus du travail diminuer de près de 38% par rapport à une situation où elles n'auraient pas eu d'enfants.
Même quand elles continuent à travailler, les femmes "vont changer de job, elles vont trouver des jobs plus proches de la maison (pour avoir moins de transports), plus flexibles (...) changer de secteur...", autant de choix qui vont "affecter le salaire horaire", a énuméré l'économiste.
La France se situe dans la moyenne des pays de l'OCDE, avec une "pénalité" pour les femmes beaucoup plus forte que dans les pays scandinaves (entre 15 et 20%) mais moins sévère que dans les pays germanophones, où elle avoisine les 60% comme en Allemagne.
La carrière des hommes, elle, ne connaît pas de perturbations après la naissance des enfants.
Pour améliorer la donne, les auteurs recommandent un "cocktail de politiques", avec notamment une réforme "ambitieuse" du congé paternité en l'allongeant à 10 semaines, dont 6 obligatoires, contre 25 jours calendaires actuellement. Cela coûterait quelque 1,3 milliard d'euros.
A.Anderson--AT