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Avant des accords commerciaux et militaires, accueil royal pour le président sud-coréen à Londres
Le président sud-coréen Yoon Suk Yeol a reçu mardi un accueil fastueux de la part de la famille royale britannique au début d'une visite d'Etat visant à renforcer les liens commerciaux mais aussi militaires entre les deux pays.
Londres et Séoul veulent afficher leur bonne entente alors que le Royaume-Uni œuvre à renforcer ses alliances dans la région Asie-Pacifique sur fond de tension avec la Chine, tandis que la Corée du Sud s'inquiète du rapprochement militaire entre la Russie et la Corée du Nord.
La visite de trois jours du dirigeant sud-coréen, accompagné de son épouse Kim Keon Hee, doit être marquée mercredi par le lancement de négociations en vue d'un accord de libre-échange et de nouveaux partenariats militaires face à la Corée du Nord.
Avant le volet diplomatique et économique de sa visite, le prince William, l'héritier du trône, et son épouse Kate ont accueilli le couple présidentiel à son hôtel mardi matin, avant une cérémonie avec le roi Charles III et la reine Camilla, avec inspection des troupes et procession en carrosses jusqu'au palais de Buckingham.
Après une visite à l'abbaye de Westminster où a été couronné Charles III en mai, le président sud-coréen s'exprimera - a priori en anglais - devant les deux chambres du Parlement britannique.
La journée se terminera par un banquet au palais de Buckingham avec des toasts prononcés par les deux chefs d'Etat.
- Patrouilles communes -
Le président sud-coréen, cité par les médias locaux lors d'un conseil des ministres la semaine dernière, a présenté son déplacement à Londres comme "un tremplin pour approfondir la coopération économique entre les deux pays, en mettant l'accent sur la coopération scientifique et technologique".
Le Royaume-Uni, de son côté, cherche à signer des accords de libre-échange tous azimuts depuis le Brexit, le gouvernement conservateur vantant les nouvelles possibilités permises par la sortie de l'Union européenne.
Il cherche en particulier à renforcer ses liens avec les pays de l'Asie-Pacifique, sur le plan économique, signant récemment son adhésion au partenariat de libre-échange transpacifique, mais aussi sécuritaire. Londres a noué cette année un important accord militaire avec Tokyo, considéré comme un moyen de répondre aux ambitions croissantes de la Chine dans la région.
Le Premier ministre Rishi Sunak, qui recevra Yoon Suk Yeol mercredi, a qualifié Londres et Séoul de "partenaires naturels".
La visite doit permettre de lancer des négociations formelles en vue d'un accord de libre-échange, alors que les échanges commerciaux ont déjà doublé entre les deux pays depuis 2011. Ils ont permis d'engranger 21 milliards de livres (24 milliards d'euros) d'investissements coréens au Royaume-Uni, notamment dans les énergies vertes et les infrastructures.
Les deux dirigeants doivent signer un "accord de Downing Street" sur la technologie, la défense et la sécurité, portant notamment sur les domaines hautement stratégiques de l'intelligence artificielle et des semi-conducteurs.
Concernant la coopération militaire, Londres et Séoul veulent renforcer leurs exercices communs et prévoient la participation de navires britanniques à des patrouilles veillant au respect des sanctions visant la Corée du Nord.
"Le Royaume-Uni montre la voie en soutenant nos amis coréens dans leur lutte contre l'attitude agressive de la Corée du Nord et en garantissant la sûreté et la sécurité de la région indo-pacifique", a déclaré le ministre de la Défense Grant Shapps dans un communiqué.
Le dirigeant sud-coréen est le deuxième chef d'Etat reçu en visite d'Etat par Charles III depuis son accession au trône, après le président sud-africain Cyril Ramaphosa à l'automne 2022. Le roi a toutefois reçu plusieurs dirigeants comme Joe Biden ou Volodymyr Zelensky.
Il avait rencontré Charles lorsqu'il était venu à Londres pour les obsèques de la reine Elizabeth II l'an dernier. Il avait été critiqué par l'opposition dans son pays pour n'avoir pas rendu hommage à la souveraine à Westminster où son cercueil était exposé. Il avait invoqué les embouteillages dans la capitale londonienne.
O.Ortiz--AT