-
Mondial-2026: l'Espagne se balade et rassure contre l'Autriche, avant les 8es
-
Venezuela: un survivant extrait des décombres huit jours après le séisme
-
Wimbledon: Rybakina, Swiatek et Zverev foncent au troisième tour, Anisimova accrochée
-
Le Sud en proie à des feux prématurés, violents, attisés par les "événements climatiques"
-
A New York, mariage imminent pour Taylor Swift et Travis Kelce
-
Au moins 25 morts à Kiev dans les pires frappes russes sur la capitale ukrainienne
-
Christine Lagarde n'exclut pas de quitter la BCE pour peser dans le débat présidentiel
-
Wimbledon: Swiatek, Fritz et Zverev foncent au troisième tour, Anisimova accrochée
-
La SNCF de nouveau interpellée après la mort d'un chat sur des voies en gare de Lyon
-
Pas de cigarettes pour les nouvelles générations: l'Assurance maladie dégaine une mesure choc
-
Guinée : un ex-Premier ministre condamné en appel à trois ans et neuf mois de prison
-
A New York, place au mariage plus si secret de Taylor Swift et Travis Kelce
-
Le coup de rabot de MaPrimeRénov' refusé par le Conseil national de l'habitat
-
Les canicules, une "hécatombe invisible" dans les écosystèmes marins
-
Le Sud en proie à des feux prématurés, violents, boostés par les "événements climatiques"
-
Jérôme Chapuis reprend la direction de La Croix après l'approbation de la rédaction
-
OpenAI a proposé au gouvernement américain une part de 5% de son capital (presse)
-
Wimbledon: Swiatek et Fritz foncent au troisième tour
-
La SNCF de nouveau interpellée après la mort d'un animal domestique sur des voies en gare
-
Mille jours depuis le 7-Octobre: en Israël, une commémoration sur fond de divisions
-
Royaume-Uni: excuses officielles pour un scandale d'adoptions forcées sur plusieurs décennies
-
L'Assurance maladie plaide pour interdire la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009
-
Ali Baddou reprend les rênes de "DébatDoc" sur LCP
-
Wall Street dans le vert, portée par l'emploi américain
-
Au moins 21 morts à Kiev dans les pires frappes russes sur la capitale ukrainienne
-
A Kiev, nuit de "cauchemar" sous les bombardements russes
-
Ukraine: au moins 21 morts à Kiev dans les pires frappes russes sur la capitale, selon le maire
-
Venezuela: après huit jours dans les décombres, le retour à la vie d'Hernan Gil
-
Venezuela: un survivant du séisme extrait des décombres huit jours après
-
Albanie: affrontements lors d'une manifestation contre un projet immobilier lié à la famille Trump
-
Ebola en RDC : l'épidémie continue à s'étendre, plus de 400 morts
-
Fin de "Dimanche en politique" sur France 3, Letellier en route pour les "4 vérités"
-
Eau, pesticides: mobilisation d'ONG contre la loi d'urgence agricole
-
Où en sont l'Iran et les Etats-Unis après la session de Doha ? Ce que l'on sait
-
Les pompiers luttent contre des incendies dans le Sud, où est attendu le Premier ministre
-
Flotte fantôme russe: le pétrolier Tagor autorisé à lever l'ancre contre un million d'euros
-
Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français
-
Les pompiers luttent contre des incendies dans le Sud, où est attendu lePremier ministre
-
Nord du Nigeria: le regain de violences fait bondir la faim à un niveau record, alerte le PAM
-
À Dresde, l'allemand Infineon muscle l’industrie européenne des puces
-
Mondial-2026: Ronaldo - Modric à l'affiche, l'Espagne doit accélérer
-
Ukraine : au moins 17 morts à Kiev dans les pires frappes russes sur la capitale, dit le maire
-
Mondial-2026: Harry Kane, joyau d'une couronne anglaise jusqu'ici sans éclat
-
A l'hôpital, exsangue après la canicule, la crainte d'une nouvelle vague de chaleur
-
Tour de France: les Français, moins nombreux, plus puissants?
-
Thaïlande : huit moines bouddhistes tués après qu'un enfant a foncé en camion dans un cortège
-
Birmanie: à la recherche d'Aung San Suu Kyi
-
Fiscalité, retraite, compétitivité: le chancelier allemand annonce un vaste ensemble de réformes
-
Café avec vue: le Starbucks qui surplombe la Corée du Nord attire les foules
-
Présidentielle au Pérou: le candidat de gauche conteste la victoire de Keiko Fujimori
Un demi-siècle plus tard, le mythe persistant du syndrome de Stockholm
"Tout le monde à terre, que la fête commence!", c'est avec ces mots exprimés en anglais que Jan-Erik Olsson, armé d'une mitraillette et sous l'emprise de stupéfiants, fait son entrée dans une banque du centre de Stockholm le 23 août 1973.
Démarre alors une prise d'otages qui va durer six jours et donner naissance à un concept connu du monde entier: le syndrome de Stockholm, une situation où des personnes séquestrées développent un attachement envers leur ravisseur.
Rapidement, la nouvelle du hold-up se répand. "Janne" Olsson a pris quatre employés --trois femmes et un homme-- en otage. Une armée de policiers est dépêchée sur place et des tireurs d'élite pointent leurs armes vers la banque.
Le braqueur utilise deux otages comme boucliers humains et menace de les tuer.
"J'ai souvent pensé à cette situation absurde dans laquelle on s'est retrouvés", se remémore Kristin Enmark, alors 23 ans, dans son roman-témoignage "Je suis devenue le syndrome de Stockholm".
"Terrifiés et coincés entre deux menaces de mort, d'un côté la police, de l'autre le ravisseur".
"Janne" a plusieurs exigences: 3 millions de couronnes et la libération de son acolyte Clark Olofsson, l'un des criminels les plus dangereux du pays.
Pour tenter de calmer la situation, le gouvernement le lui accorde. Devant les téléviseurs, toute la Suède est suspendue à ce fait divers hors-norme, l'un des premiers à être retransmis en direct.
"Quand Clark Olofsson est arrivé, il a pris les commandes et mené les négociations avec la police, à sa manière", se souvient auprès de l'AFP Bertil Ericsson, 73 ans, photographe qui a couvert l'événement.
"Il avait du charisme. Il parlait bien", relate-t-il.
Jan-Erik Olsson se calme presque instantanément à son arrivée. Et Kristin Enmark voit en lui un sauveur.
"Il m'avait promis que rien ne m'arriverait et j'ai décidé de le croire", écrit-elle. "J'avais 23 ans, j'étais terrifiée".
Plusieurs fois, elle prend publiquement la parole et défend ses ravisseurs.
"Je fais entièrement confiance à Clark et au voleur. Je n'ai pas du tout peur d'eux, ils ne m'ont rien fait. Ils ont été très sympas", dit-elle au deuxième jour de sa captivité lors d'un appel téléphonique avec le chef du gouvernement Olof Palme.
"Tu sais ce qui me fait peur? Que la police prenne d'assaut la banque".
Au bout du sixième jour, la police décide de passer à l'action, perce le toit de la banque et y asperge du gaz. "Janne" se rend et les otages sont libérés.
- "Ni amour ni attirance physique" -
Dans l'équipe de négociateurs se trouve un psychiatre, Nils Bejerot. Il analyse en direct les comportements des braqueurs et des otages, et inventera par la suite le terme "syndrome de Stockholm".
Le concept est maintenant contesté. "Ce n'est pas un diagnostic psychiatrique", relève auprès de l'AFP Christoffer Rahm, psychiatre et chercheur à Karolinska Institutet, auteur d'un article intitulé "Syndrome de Stockholm: diagnostic psychiatrique ou mythe urbain?".
Le terme décrit un "mécanisme de défense qui aide la victime" à accepter une situation objectivement traumatisante, ce qui à son tour permet de réduire le stress éprouvé, expose-t-il.
Pour Cecilia Åse, professeure en sciences politiques à l'université de Stockholm et spécialiste des questions de genre, le concept cache une dimension politique.
Les dires de Kristin et de ses co-otages sont interprétés par les autorités "de manière très sexualisée, comme si elles étaient tombées sous l'emprise d'un syndrome", qu'elles avaient perdu tout contrôle ou toute raison.
Cette vision est alimentée par les nombreuses rumeurs, en particulier sur la relation entre Kristin et Clark. Si ces deux auront ultérieurement une aventure, rien ne semble indiquer qu'une histoire d'amour se soit nouée dans la chambre forte de la banque pendant ces journées d'août 1973.
"De mon côté, il n'y avait ni amour ni attirance physique, il était ma chance de survie et me protégeait de +Janne+", affirme celle qui a inspiré le personnage "Kicki" de la série Netflix "Clark".
Les captives ont en réalité "agi de manière incroyablement rationnelle", estime Cecilia Åse.
"Elles ont appelé les médias, elles ont argumenté et essayé de convaincre les politiques et la police de les laisser sortir".
Selon la professeure, "le syndrome de Stockholm est un concept inventé" pour masquer l'échec de l'Etat à les protéger.
- "Vraie menace" -
"Nous représentions une vraie menace pour les otages", concédera des années plus tard le commissaire Eric Rönnegård dans un livre qui examine les ratés de la police lors de ce braquage.
"Avec autant de policiers qui entouraient la banque, il y avait un risque que les quatre otages se prennent une balle".
Signe de leur rancoeur contre les autorités, les ex-otages choisiront de garder le silence pendant le procès des ravisseurs.
Sur le plan psychologique, le chercheur Christoffer Rahm considère que beaucoup peuvent s'identifier au concept du syndrome de Stockholm.
"Développer un lien émotionnel positif avec quelqu'un de menaçant" est une réalité qui existe dans les relations abusives par exemple.
En comprenant la réaction psychologique de la victime, on allège le poids de la honte et de la culpabilité qu'elle ressent, conclut-il.
P.A.Mendoza--AT