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Réseaux sociaux: Starmer promet des mesures "audacieuses" pour protéger les enfants
Le Royaume-Uni suivra-t-il l'exemple de l'Australie en interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans ? Le Premier ministre Keir Starmer va dévoiler lundi des mesures "audacieuses" visant à mettre fin à "un système qui laisse tomber" les enfants.
Cette prise de parole a été annoncée dimanche soir par le bureau du Premier ministre.
Les médias britanniques évoquent depuis des semaines l'imminence d'une interdiction des réseaux sociaux pour cette tranche d'âge.
À ce stade, plusieurs pays, dont l'Australie, pionnière en la matière, ou encore l'Indonésie, ont mis en place cette interdiction. Le Canada a annoncé jeudi son intention de faire de même, tandis qu'un projet de loi en ce sens est notamment à l'étude au Parlement français pour les moins de 15 ans.
Pour plusieurs médias britanniques, dont le Sunday Times, il ne fait guère de doute que Keir Starmer devrait annoncer une future interdiction.
Celle-ci inclurait en outre les agents conversationnels d'IA. Les enfants pourraient également se voir interdire de discuter avec des inconnus sur les plateformes de jeux vidéo, très populaires surtout chez les jeunes garçons, toujours selon le Sunday Times.
- "Protéger les enfants" -
"La façon dont nous protégeons les enfants en ligne est l'un des plus grands débats de notre époque", a déclaré M. Starmer en amont de sa prise de parole lundi, cité dans le communiqué de Downing Street.
Et d'ajouter: "Nous tournerons la page d'un système qui laisse tomber nos enfants et prendrons des mesures audacieuses pour donner à chaque enfant les meilleures chances possibles dans la vie".
Mi-avril, le chef du gouvernement n'avait pas exclu la piste d'une interdiction. Il avait toutefois indiqué vouloir attendre les conclusions d'une consultation nationale sur le sujet.
Lancée en janvier, elle s'est achevée fin mai et a recueilli environ 116.000 contributions, dont celles d'adolescents, ce qui en fait la deuxième plus importante de l'histoire du pays, selon Downing Street.
Plus de 83% des parents ayant répondu à cette consultation ont déclaré que les risques des réseaux sociaux l'emportaient sur leurs avantages pour les enfants, 91% d'entre eux soutenant un âge minimum de 16 ans avant que les plateformes ne puissent proposer leurs services aux mineurs.
Interrogée dimanche sur la BBC, la ministre de la Culture Lisa Nandy n'a pas souhaité confirmer l'information d'une interdiction, renvoyant à la prise de parole de Keir Starmer lundi.
Elle a toutefois indiqué ne pas croire que la seule interdiction des réseaux sociaux soit "une solution miracle", plaidant pour un "paquet de mesures".
Toutefois, a-t-elle poursuivi, "l’Australie a montré très clairement que cette mesure a un rôle important à jouer".
Reste que le sujet divise familles et associations.
Ian Russell, dont la fille Molly s'est donné la mort à 14 ans après avoir visionné des contenus faisant l'apologie du suicide, s'est toujours dit opposé à une interdiction. À l'inverse, Esther Ghey, la mère de l'adolescente transgenre Brianna Ghey, dont le meurtre par deux adolescents en 2023 a suscité une vague de choc dans le pays, y est favorable.
Le 8 juin, le gouvernement a sommé les géants de la tech comme Apple ou Google de déployer dans les trois mois des outils bloquant l'envoi et la réception d'images sexuellement explicites par des mineurs, faute de quoi il légiférera en ce sens.
Th.Gonzalez--AT