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Trump face à ses pairs au G7 d'Evian, après l'accord conclu avec l'Iran
Après l'annonce d'un accord américano-iranien, Donald Trump est très attendu lundi à Evian, sur les bords du lac Léman, au rendez-vous des grandes puissances du G7 organisé par la France, qui sera le dernier d'Emmanuel Macron.
Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Iran et Etats-Unis, a annoncé dans la nuit l'entente des deux belligérants sur un protocole d'accord, qu'ils ont ensuite confirmé, prévoyant notamment la réouverture du détroit d'Ormuz.
En attendant la cérémonie de signature prévue vendredi à Genève selon le Pakistan, les grandes puissances du G7 vont évoquer dès lundi les "conséquences de cet accord, le soutien au Liban, la réouverture d'Ormuz dans la durée, et évidemment la conclusion d'un accord sur le nucléaire et le balistique en Iran", a indiqué dans la foulée le président français Emmanuel Macron sur Instagram.
Ces questions seront aussi abordées mardi en présence des dirigeants de l'Egypte, des Emirats arabes unis et du Qatar, a-t-il souligné.
Le président américain, réputé pour son peu d'engouement pour ces grand-messes multilatérales et ses coups d'éclat permanents, doit entrer en scène dès 17H00 (15H00 GMT) pour un entretien avec son homologue français.
Les deux dirigeants auront une nouvelle fois l'occasion de tester la force de leur poignée de main - après celle très appuyée de leur première rencontre en 2017 - et à travers elle leur bonne entente, malmenée depuis les visées de Donald Trump sur le Groenland, sa guerre commerciale et le conflit lancé fin février contre l'Iran.
Ils enchaîneront avec un dîner d'ouverture avec les autres membres (Allemagne, Canada, Italie, Japon, Royaume-Uni).
Le tout dans le décor idyllique de cette ville thermale des Alpes qui tranchera avec un contexte géopolitique des plus sombres. Et loin des altermondialistes qui ont défilé par milliers dimanche à Genève, près d'Evian, lors d'une manifestation émaillée d'affrontements avec les forces de l'ordre.
Emmanuel Macron, qui s'est longtemps affiché comme l'interlocuteur privilégié de Donald Trump côté européen, montre désormais une certaine opposition, tout en continuant à ménager un président imprévisible. Un dîner sera d'ailleurs donné en son honneur mercredi au château de Versailles.
- "Sommet des crises" -
Le président français, hôte pour la seconde fois du G7 après celui de Biarritz en 2019, mise aussi sur son ultime participation à ce club de puissances industrialisées, avant son départ de l'Elysée en mai 2027, pour tenter d'engranger un succès diplomatique.
"Ce sera un sommet des crises et un sommet concret dans ses résultats", promet la présidence.
Avec un mot-clé, la "convergence". Entre Donald Trump et les Européens, aux antipodes sur bien des sujets. Et entre les pays du G7 et les pays invités (Brésil, Inde, Kenya, Corée du Sud et Egypte).
En plus de gages d'un retour à la paix au Moyen-Orient, Emmanuel Macron espère décrocher de Donald Trump une posture plus à l'écoute de Kiev et moins de Vladimir Poutine, pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
Le locataire de la Maison Blanche participera mardi à une session sur l'Ukraine en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky, et un aparté n'est pas à exclure après leur coup de fil de dimanche pour les 80 ans du dirigeant américain.
- "Mauvaise idée" -
Emmanuel Macron accomplira-t-il un nouveau coup diplomatique comme au G7 de Biarritz où il avait réussi à faire venir le ministre iranien des Affaires étrangères d'alors, Mohammad Javad Zarif, quand le torchon brûlait déjà entre Donald Trump et l'Iran?
Les attentes sont grandes. "Le G7 doit s'imposer comme un format qui fonctionne avant de passer sous présidence américaine en 2027", avertit une source européenne à Bruxelles.
Autre défi que s'est posé Emmanuel Macron: la résorption des "grands déséquilibres macroéconomiques mondiaux".
Il s'agit de dire aux Américains que les droits de douane, "c'était une mauvaise idée, il faut les enlever progressivement", et à la Chine: "soyez plus réglo avec les aides aux entreprises et relancez votre marché intérieur", au lieu d'exporter massivement, a pointé M. Macron.
Un responsable américain a salué la décision "très intelligente" et "pertinente" de la France de mettre à l'agenda les déséquilibres commerciaux, sujet cher à Donald Trump, qui a lancé une offensive protectionniste mondiale n'épargnant en rien ses alliés du G7.
La France a par ailleurs invité plusieurs "leaders de la tech mondiale", dont les Américains Sam Altman et Dario Amodei, patrons respectifs d'OpenAI et du fleuron de l'IA Anthropic, pour un déjeuner mercredi axé sur la régulation de l'intelligence artificielle et l'interdiction des réseaux sociaux aux plus jeunes.
Des débats qui s'annoncent tendus avec l'injonction de Washington de suspendre l'accès de "tout ressortissant étranger" à des modèles d'IA, qui frappe de plein fouet Anthropic.
M.O.Allen--AT