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La Malaisie rejoint la vague mondiale de restrictions des réseaux sociaux pour les mineurs
La Malaisie va obliger les principaux réseaux sociaux à vérifier l'âge des utilisateurs et interdire aux moins de 16 ans de créer des comptes, en vertu de nouvelles règles entrées en vigueur lundi, emboîtant le pas à d'autres pays sur cette question.
Ces obligations s'appliquent aux plateformes comptant au moins huit millions d'utilisateurs dans ce pays d'Asie du Sud-Est, dont Facebook, Instagram, TikTok et YouTube.
Les entreprises bénéficieront d'une période de grâce pour mettre en oeuvre ces mesures, a indiqué l'autorité de régulation des communications, sans en préciser la durée.
Le pays est le dernier en date à tenter de restreindre l'accès des jeunes aux réseaux sociaux, alors que l'inquiétude progresse quant à leurs effets négatifs sur le bien-être des enfants.
L'Australie est devenue en décembre le premier pays à exiger de TikTok, YouTube, Snapchat et d'autres grands sites qu'ils suppriment les comptes détenus par des moins de 16 ans, sous peine de lourdes amendes.
Elle a été imitée ensuite par l'Indonésie en mars, tandis qu'en France, un projet de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été adopté par le Sénat.
Le parlement turc a approuvé en avril une loi similaire, et certains autres pays européens, dont la Norvège, la Grèce, l'Espagne et le Danemark, ont indiqué qu'ils introduiraient des restrictions similaires.
- Insuffisance -
Mais trois mois après l'entrée en vigueur de ses lois inédites, l'Australie a constaté qu'une "proportion substantielle d'enfants australiens" continuait à utiliser les plateformes interdites.
Et l'ONU a alerté la semaine dernière sur les insuffisances des restrictions d'âge votées dans plusieurs pays, appelant à des mesures plus fermes des États comme des entreprises.
En Malaisie, les plateformes sont tenues à compter de lundi de mettre en place des "mesures de vérification de l'âge", notamment des contrôles à partir de documents officiels tels que les cartes d'identité ou les passeports.
Les réglementations exigent également une "gouvernance des contenus renforcée" sur les réseaux sociaux, les plateformes devant "mettre en oeuvre des mesures proactives et systémiques pour atténuer les risques liés aux contenus nuisibles".
Ces règles sont assorties de sanctions financières pouvant atteindre 10 millions de ringgits malaisiens (2,16 millions d'euros) pour les entreprises concernées, a précisé la Commission malaisienne des communications et du multimédia.
Selon l'instance, ces mesures "ne visent pas à interdire aux enfants l'accès à internet ni à leur refuser l'accès à la technologie", mais à promouvoir un accès aux réseaux sociaux adapté à l'âge.
Cependant, des organisations ont exhorté la Malaisie à retirer cette "interdiction générale" des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans.
"Les enfants ne doivent pas être empêchés d'accéder au monde numérique, ils doivent pouvoir le faire en toute sécurité et d'une manière qui protège leurs droits", ont déclaré vendredi, dans un communiqué commun, l'organisation britannique de défense de la liberté d'expression Article 19 et d'autres groupes.
"L'interdiction générale proposée des réseaux sociaux ne s'attaque pas aux problèmes de fond liés aux modèles économiques et aux services des entreprises de réseaux sociaux", ont-ils ajouté.
H.Thompson--AT