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"Backrooms", phénomène de l'horreur sur internet, débarque au cinéma
Fort du succès de ses "Backrooms" sur internet, avec des millions de vues sur YouTube, le créateur américain de contenu Kane Parsons porte sur grand écran ce concept, où plusieurs personnes se retrouvent piégées dans un univers angoissant et labyrinthique.
Lancé vendredi aux Etats-Unis et le 17 juin en France, le film est distribué par la société de production américaine A24, derrière plusieurs succès du cinéma d'horreur comme Midsommar (2019).
Une photo mise en ligne en 2019 sur un forum, accompagnée d'un court texte évoquant un monde parallèle où il ne faudrait pas tomber par mégarde, a donné naissance à cette "creepypasta", ces fictions d'horreur amateur nées aux Etats-Unis et largement diffusées sur internet depuis une quinzaine d'années, qui évoluent au gré des récits faits par les internautes.
"Je ne me souviens pas exactement de la première fois où je l'ai vue car c'était déjà un peu partout sur internet", rembobine pour l'AFP Kane Parsons, 13 ans à l'époque.
Début 2022, il crée pour sa chaîne YouTube un court-métrage dans lequel un jeune garçon s'égare justement dans des couloirs terrifiants. En deux semaines, la vidéo dépasse les 20 millions de vues.
"J'ai commencé à recevoir des e-mails de plein d'entreprises", raconte-t-il. "J'avais 16 ans à l'époque, tout ça était très nouveau pour moi et j'étais très sceptique à l'idée de traiter avec des gens en costume sur un sujet qui me tenait autant à coeur".
Un accord est finalement trouvé et le tournage a lieu à l'été 2025, avec l'acteur britannique Chiwetel Ejiofor dans le rôle principal et Parsons aux manettes pour son premier film.
- "Produit de niche" -
"Je n'aurais jamais pu envisager de ne pas être à la réalisation", affirme-t-il. "J'ai toujours été très intransigeant sur ce point".
Sur sa chaine YouTube Kanepixels, le jeune homme a déjà fait ses preuves: il compte plus de trois millions d'abonnés, tandis que la vingtaine de vidéos consacrées à l'univers des "Backrooms" cumule plus de 215 millions de vues.
Le film s'inscrit "dans la continuité directe de la série", explique-t-il. Il alterne des séquences en "found footage", filmées à la première personne et semblables à ce qu'on peut retrouver dans son oeuvre d'origine, et des plans à la caméra plus classiques.
"C'était un peu un produit de niche, donc ça fait un peu bizarre de voir (cet univers) se démocratiser pour le grand public", confie Parsons.
Ce n'est pas le seul phénomène issu d'internet à arriver au cinéma cette année: Mark Fischbach (38 millions d'abonnés sur YouTube) a sorti en janvier "Iron Lung", film d'horreur adapté d'un jeu vidéo qu'il a lui-même popularisé par des vidéos en ligne.
Avant cela, dès 2018, une autre "creepypasta" populaire, celle du monstre longiligne en costume "Slender Man", avait récolté plus de 50 millions de dollars au box-office mondial.
"Backrooms n'est pas terminé", promet Kane Parsons, qui aimerait continuer l'aventure au cinéma ou dans une série télévisée.
Il a aussi lancé en 2023 une autre série sur YouTube, "The Oldest View", qui suit cette fois l'exploration d'un vieux centre commercial souterrain abandonné.
P.Smith--AT