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A Cannes, le jury en conclave avant de révéler sa Palme d'or
Le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook et son jury rendent leur verdict samedi soir pour la Palme d'or, au terme d'une compétition très éclectique, avec parmi les favoris "Minotaure" ou encore l'ambitieuse fresque queer "La Bola negra".
Le jury pourrait décider d'envoyer un message politique en distinguant le cinéaste russe en exil Andreï Zviaguintsev et son "Minotaure", porteur d'un message anti-guerre.
Le film, acclamé par la critique, raconte les déboires d'un couple de la bourgeoisie russe, avec en toile de fond la guerre et le délitement de la société.
Les neuf membres du jury se réuniront en conclave dans un lieu tenu secret pour désigner, parmi les 22 films en compétition, le successeur d'"Un simple accident" de l'Iranien Jafar Panahi, Palme d'or 2025.
La tradition veut que le président du jury ait le dernier mot pour désigner la Palme. Mais les jurés doivent décerner au moins six autres trophées, dont les prix d'interprétation féminine et masculine, au cours d'une cérémonie qui débutera à 20H15 (18H15 GMT).
Les réalisateurs espagnols Javier Ambrossi et Javier Calvo - surnommés Los Javis -, héritiers revendiqués de Pedro Almodovar, ont fait forte impression avec "La Bola negra", fresque historique ambitieuse sur la condition homosexuelle dans un pays longtemps rongé par le fascisme.
- Déception française -
"Il est important qu’un film comme celui-ci soit en compétition (à Cannes) avec deux réalisateurs gays, trois protagonistes gays interprétés par trois acteurs ouvertement gays", ont expliqué les deux cinéastes, salués par une très longue standing ovation de 20 minutes après la projection du film jeudi.
Le jury pourrait aussi décider de récompenser d'une seconde Palme d'or le cinéaste roumain Cristian Mungiu. Avec "Fjord", il interroge les abus commis au nom de principes progressistes, en racontant l'histoire d'une famille évangélique très pieuse dont les enfants leur sont retirés par l'Aide à l'enfance norvégienne. Un drame inspiré d'une histoire vraie.
L'actrice Renate Reinsve et son partenaire à l'écran Sebastian Stan, qui jouent les parents, sont de sérieux prétendants aux prix d'interprétation.
De même que l'acteur espagnol Javier Bardem, en cinéaste démiurge qui tente de renouer avec sa fille actrice sur le tournage d'un de ses films. Swann Arlaud a également impressionné dans "Notre salut", le coup de coeur français du festival, sur le destin d'un fonctionnaire du régime de Vichy pris dans les rouages de la collaboration.
Les autres oeuvres françaises en compétition ont reçu un accueil plus mitigé, malgré des performances d'actrice remarquées de Léa Drucker dans "La Vie d'une femme", d'Adèle Exarchopoulos dans "Garance" ou encore de Léa Seydoux dans "L'Inconnue".
- Polémique -
Etonnant film sud-coréen sélectionné en compétition, "Hope" a lui suscité une vague d'enthousiasme sur la Croisette.
En l'absence des blockbusters hollywoodiens cette année à Cannes, cette grosse production (la plus chère de l'histoire du cinéma sud-coréen) a comblé un vide à coup de courses-poursuites haletantes et de scènes d'action ébouriffantes pour un film de monstre réjouissant.
Le festival de Cannes a également été le théâtre d'une polémique qui a mis en ébullition le monde du cinéma. Une tribune visant Vincent Bolloré, actionnaire de référence de Canal+, a suscité la colère du président du groupe de Maxime Saada, qui a déclaré ne plus vouloir travailler avec les 600 signataires du texte.
Sa sortie a provoqué l'incompréhension des professionnels du secteur qui se sont inquiétés de l'existence d'une "liste noire" dans une industrie dont Canal+ est le principal financeur.
Depuis, près de 3.000 personnes supplémentaires ont signé la tribune, selon le collectif Zapper Bolloré, dont quelques stars internationales (Javier Bardem, Ken Loach...) mais peu de figures de premier plan du cinéma français.
P.Smith--AT