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Fin de partie pour Stephen Colbert et son "Late Show" honni de Trump
Ultime série de blagues au canon, sketches absurdes et Paul McCartney en invité d'honneur : Stephen Colbert a animé jeudi soir le dernier "Late Show" sur CBS, énième chapitre de la guerre de Donald Trump contre les médias qu'il juge hostiles.
Critique acerbe du président, qu'il étrille presque chaque soir à l'antenne, l'humoriste de 62 ans l'a curieusement épargné pour sa dernière émission, préférant mettre en valeur ses invités, comme l'ancien Beatles de 83 ans, qui a chanté "Hello, Goodbye" pour l'occasion.
"Nous avions prévu de faire une énorme émission spéciale ce soir, mais le truc c'est que nous aimons penser que chaque épisode du +Late Show+ est en quelque sorte spécial et que la meilleure façon de célébrer ce que nous avons fait ces onze dernières années était simplement de faire une émission normale", a-t-il lancé.
L'annonce de la fin de ce show de dernière partie de soirée vieux de 33 ans date de l'été, après que l'humoriste eut qualifié de "gros pot-de-vin" un accord de 16 millions de dollars passé avec Donald Trump par la maison mère de la chaîne, Paramount, à la suite d'une polémique concernant le montage d'une interview avec son ex-rivale à la présidentielle, Kamala Harris.
- "épave pathétique" -
CBS a insisté sur le fait que la décision d'annuler "The Late Show" - leader d'audience sur son créneau - était purement financière, sans rapport avec les efforts de Paramount pour obtenir l'aval du gouvernement pour sa fusion de 8,4 milliards de dollars avec Skydance Media.
Mais de nombreuses voix, à commencer par celle de l'animateur de 62 ans, y ont vu la main du président américain, en guerre ouverte contre les médias qu'il juge lui être hostiles.
A plusieurs reprises, ce dernier avait jugé que CBS était "hors de contrôle", qualifiant Stephen Colbert d'"épave pathétique" devant être mis "hors service".
Depuis, une journaliste d'opinion classée à droite, Bari Weiss, a été nommée à la tête de CBS News, où elle a entrepris une refonte des équipes.
Dans les semaines précédant la dernière émission, plusieurs invités prestigieux se sont pressés sur son plateau, essentiellement des voix hostiles à Donald Trump, comme l'ancien président Barack Obama, le chanteur Bruce Springsteen, le réalisateur Steven Spielberg, les acteurs Robert De Niro ou Tom Hanks.
- La suite avec Tolkien -
Stephen Colbert était visiblement ému la semaine dernière lorsqu'il a été rejoint dans l'émission par ses confrères et concurrents d'autres chaînes - Jimmy Kimmel, Seth Meyers, John Oliver et Jimmy Fallon -, venus lui rendre hommage et témoigner de leur soutien. Jeudi ils sont de nouveau apparus dans l'émission pour un sketch, avec aussi l'humoriste Jon Stewart.
Jimmy Kimmel a lui-même été brièvement déprogrammé en septembre 2025 par sa chaîne ABC après une levée de bouclier dans les rangs républicains sur une remarque qu'il avait faite au sujet de l'assassinat de l'influenceur ultra-conservateur Charlie Kirk.
Pour la suite, Stephen Colbert a laissé entendre qu'il pourrait envisager une nouvelle émission, sans plus de détail.
"Beaucoup de gens me demandent ce que je vais faire maintenant... La réponse est : la drogue", a-t-il lancé jeudi soir.
Grand fan de l'univers de l'écrivain britannique Tolkien, il va surtout co-écrire un nouveau film tiré du "Seigneur des Anneaux" avec le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson, qui a adapté la trilogie au cinéma.
Pour la dernière de l'émission, enregistrée dans l'après-midi à l'Ed Sullivan Theater de New York, dans le quartier de Broadway, des centaines de personnes avaient fait la queue, espérant entrer dans le studio ou simplement apercevoir l'animateur.
Tyler Elliott avait un ticket pour assister au show. "L'ingérence des politiques dans les médias est très préoccupante aujourd'hui, et il est important d'avoir des personnes prêtes à dire la vérité", a-t-il déclaré à l'AFP. "Avec Colbert, nous perdons assurément une voix importante".
E.Flores--AT