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Les médias Bolloré cherchent une "privatisation rampante" de France Télé, accuse un de ses dirigeants
Le numéro 2 de France Télévisions, Stéphane Sitbon-Gomez, a accusé lundi les médias dans le giron de Vincent Bolloré d'avoir recherché une "privatisation rampante" du groupe, via la commission d'enquête sur l'audiovisuel public.
"On est face à une campagne d'OPA hostile qui ne dit pas son nom", a lancé le directeur général adjoint de France Télé devant l'Association des journalistes médias.
Selon lui, cette campagne remonte à l'arrêt de la chaîne C8, qui appartenait au groupe Canal+ et dont la fréquence n'a pas été renouvelée en 2025 par le régulateur de l'audiovisuel après des manquements répétés. "A partir de là, il y a eu une contre-offensive menée sur nous", d'après Stéphane Sitbon-Gomez.
Dans son rapport publié la semaine dernière à l'issue de six mois de travaux de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, le député UDR Charles Alloncle a recommandé notamment la suppression de la chaîne jeunesse France 4 et la fusion de France 2 et France 5.
Ainsi, deux canaux seraient libérés et le groupe Canal+, dont l'actionnaire de référence est le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, pourrait candidater, selon le dirigeant de France Télé.
Aux yeux de dernier, c'est "un groupe privé qui mène une campagne pour s'accaparer une partie du service public".
Charles Alloncle a déjà démenti tout lien avec Vincent Bolloré. Le député du parti d'Eric Ciotti n'a pas préconisé une privatisation de l'audiovisuel public, prônée par le RN, allié de son parti.
Mais il est accusé par la gauche et les députés du bloc central de vouloir affaiblir le secteur.
Alors que la campagne pour la présidentielle va démarrer, le dirigeant estime que "le rôle du service public, plus que jamais, c'est d'être l'agora", de "confronter des points de vue différents et divergents".
Il a refusé de confirmer l'arrivée -- parmi d'autres figures -- d'Eugénie Bastié, journaliste au Figaro et chroniqueuse sur Europe 1, pour une émission politique, "L'heure de vérité", à partir de septembre.
Selon la société des journalistes de France Télévisions, elle est "identifiée pour ses idées très conservatrices et souverainistes" et "revendique clairement ses opinions", ce qui fait qu'elle ne peut "animer le débat politique sur France 2".
"On est là pour n'exclure aucune opinion, pour avoir tout le monde autour de la table", a fait valoir Stéphane Sitbon-Gomez.
O.Brown--AT