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Prison avec sursis en Belgique pour la chanteuse Rokia Traoré, dans un litige familial
La chanteuse malienne Rokia Traoré a été condamnée mercredi par le tribunal correctionnel de Bruxelles à deux ans de prison avec sursis, dans un litige l'opposant au père de sa fille née en 2015, à propos de la garde de l'enfant.
Le père de la fillette est le dramaturge belge Jan Goossens. Il affirme avoir été privée d'elle quasiment sans interruption depuis 2019 quand l'enfant avait 4 ans. Au point de saisir la justice.
"C'est un soulagement pour M. Goossens que la culpabilité (de Mme Traoré) ait été reconnue, ce qui me semble légitime et normal", a réagi auprès de l'AFP un des avocats du père, Romain Delcoigne.
Ni Jan Goossens ni Rokia Traoré n'étaient présents à l'énoncé du jugement en début d'après-midi.
La défense de Mme Traoré a indiqué ne pas souhaiter faire de commentaire avant d'avoir pu échanger avec elle. Elle a la possibilité d'interjeter appel.
La chanteuse et guitariste malienne âgée de 52 ans avait été condamnée en octobre 2023 par le tribunal correctionnel de Bruxelles à une peine de deux ans d'emprisonnement pour "non-représentation d'enfant".
Mais elle a usé de son droit à faire opposition à la condamnation, prononcée en son absence, et été rejugée en mars par ce même tribunal et pour les mêmes chefs, en sa présence cette fois.
-- "Partie en boule de neige" --
L'affaire avait finalement atterri devant une juridiction pénale car Rokia Traoré n'avait pas respecté les premières injonctions émises par un juge de la famille, au civil.
Depuis l'automne 2019, la justice belge a dû émettre dans ce dossier plusieurs mandats d'arrêt européens pour obtenir la remise à la Belgique de Mme Traoré, lorsqu'elle séjournait en France ou lors d'un déplacement en Italie pour un concert.
Après son arrestation à Rome il y a deux ans, elle avait été remise à la Belgique fin 2024 puis incarcérée près de deux mois dans une prison de Bruxelles.
Sa libération était intervenue en janvier 2025 en vertu d'un accord conclu à l'amiable avec Jan Goossens, sous le contrôle des juges belges.
Cette "convention" restée confidentielle portait sur les modalités des retrouvailles entre le père et sa fille et laissait présager une sortie de crise, selon les avocats des deux parties à l'époque.
Mais Jan Goossens a estimé qu'à nouveau Mme Traoré n'avait pas respecté ses engagements.
L'an dernier, "le contact a été superficiellement renoué (entre père et fille), puis plus rien du tout", a souligné Me Delcoigne. Jan Goossens "ne voit plus sa fille", qui séjourne sans doute dans sa famille maternelle au Mali, selon l'avocat.
Cette affaire "est partie en boule de neige, ça a détruit ma carrière", avait reconnu Rokia Traoré en décembre 2024, lors de la première audience publique à Bruxelles depuis son extradition d'Italie.
Outre sa carrière musicale, Rokia Traoré s'est également illustrée par son action en tant que ambassadrice de l'ONU de 2015 à 2018 pour sensibiliser à la situation des réfugiés, particulièrement en Afrique.
Jan Goossens est connu en Belgique pour avoir été directeur artistique du Théâtre royal flamand (KVS), grande institution culturelle néerlandophone de Bruxelles. Cet Anversois d'origine a aussi été de 2016 à 2021 le directeur général du Festival de Marseille, en France.
A.Anderson--AT