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A New York, le Met Gala et ses stars veulent élever la mode au rang d'art
"La mode est un art": c'est ce que doivent montrer les stars du cinéma, de la musique, du sport et, bien sûr, de la mode qui prennent part lundi au spectaculaire gala annuel du Met à New York.
Particulièrement attendue, Beyoncé y fera sa première apparition depuis dix ans, en tant que coprésidente aux côtés de la légende du tennis Venus Williams et de l'actrice oscarisée Nicole Kidman.
Comme chaque année depuis 30 ans, le Met Gala - dont les tenues extravagantes font le régal des réseaux sociaux - est placé sous la supervision de la papesse de la mode Anna Wintour, directrice éditoriale mondiale de Vogue.
Le directeur artistique de Saint Laurent Anthony Vaccarello, l'actrice Zoë Kravitz, les chanteuses Sabrina Carpenter, Doja Cat et la Française Yseult figurent également parmi les personnalités encadrant l'événement, traditionnellement organisé le premier lundi de mai.
Le gala a permis cette année de lever 42 millions de dollars (un "record" après les 31 millions récoltés l'an dernier) au profit du Metropolitan Museum of Art de New York et de son département de mode, le Costume Institute, a indiqué lundi le directeur général du Met, Max Hollein, lors d'une conférence de presse.
L'édition 2025 - et l'exposition qui l'accompagnait - mettait à l'honneur le subversif dandysme noir. Cette fois, c'est la mode qui est célébrée en tant qu'art à part entière.
Intitulée "Costume Art" (l'art du costume), l'exposition du Costume Institute, qui ouvre le 10 mai, met en valeur les liens immémoriaux entre l'art et le vêtement.
- Célébrer les corps -
Une robe drapée en soie blanche translucide signée John Galliano pour Maison Margiela est ainsi associée à des statues antiques.
Et un blazer brodé Yves Saint Laurent retrouve les "Iris" de Vincent van Gogh qui ont inspiré son motif.
L'exposition entend aussi montrer le corps - si souvent standardisé dans la mode - sous toutes ses formes: mince ou gros, enceint, handicapé, tatoué... avec des mannequins modelés sur des personnes réelles.
Le mot d'ordre pourrait être "équité ou équivalence", résume pour l'AFP le conservateur du Costume Institute, Andrew Bolton. Il n'est fait "aucune hiérarchie" entre les oeuvres d'art (sculptures, peintures, dessins, photos... et bien sûr vêtements) ou entre les corps, ajoute-t-il.
Perçue de longue date par certains comme un étalage indécent de richesses, la soirée est encore plus controversée cette année car le patron d'Amazon Jeff Bezos et son épouse Lauren Sanchez Bezos en sont les principaux sponsors et présidents d'honneur.
Dans les dernières semaines, une campagne appelant au boycott de l'événement a fleuri à New York, à l'initiative d'un collectif, "Everyone Hates Elon" (en référence à Elon Musk), dénonçant les activités des milliardaires de la tech et leur rapprochement avec le président américain Donald Trump.
Louant longuement face à la presse lundi les qualités de son "amie" Lauren Sanchez Bezos, Anna Wintour a, au contraire, estimé qu'"elle et son mari Jeff ont montré, à travers cet événement, qu'ils ont vraiment à cœur de rendre à la communauté".
Le Met Gala a été organisé pour la première fois en 1948 et, pendant des décennies, il est resté l'apanage de la haute société new-yorkaise — jusqu'à ce qu'Anna Wintour transforme la soirée, dans les années 1990, en un podium ultra-médiatisé pour les célébrités.
D.Johnson--AT