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Meta soutenu par l'IA au premier trimestre, mais le marché s'inquiète de ses dépenses
Meta a publié mercredi des résultats supérieurs aux attentes du marché, soutenu par l'intégration de l'intelligence artificielle (IA), mais l'action du groupe a été sanctionnée après le relèvement d'une prévision d'investissements, déjà colossale.
Le bénéfice net ressort à 26,8 milliards de dollars pour le premier trimestre, selon un communiqué de la maison mère de Facebook et Instagram, un bond de 61% lié notamment à un effet fiscal favorable de 8 milliards de dollars.
L'entreprise de Menlo Park (Californie) table désormais sur des investissements compris entre 125 et 145 milliards de dollars pour l'ensemble de l'exercice en cours, essentiellement dans l'IA.
C'est sensiblement plus que la fourchette de 115 à 135 milliards annoncée en janvier.
Cette modification a pris le marché à rebrousse-poil et, dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, l'action abandonnait plus de 6%.
Ce mouvement brutal "reflète la nervosité des investisseurs quant aux prévisions d'investissement", a réagi Matt Britzman, analyste d'Hargreaves Lansdown.
Sous l'impulsion du PDG Mark Zuckerberg, Meta a opéré, depuis juin dernier, un virage stratégique pour tenter de se repositionner dans la course à l'intelligence artificielle.
Des figures du secteur ont été recrutées à prix d'or et le groupe a poussé le curseur sur ses investissements. Il s'agit principalement de s'assurer de capacités suffisantes de stockage et de traitement de données, le nerf de la guerre de l'IA.
"Ces dix derniers mois, nous avons assemblé l'équipe de recherche la plus forte de l'industrie et posé les bases scientifiques et techniques pour développer des modèles (d'IA) très avancés", a déclaré Mark Zuckerberg lors d'une conférence téléphonique de présentation des résultats.
Considéré comme retardataire dans l'IA, Meta a présenté, début avril, son nouveau modèle, baptisé Muse Spark, le premier depuis un an, avant tout conçu pour les produits du groupe, à savoir l'interface Meta AI mais aussi Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger ou les lunettes connectées.
"Spark a déjà fait de Meta AI un assistant IA de classe mondiale", a affirmé le patron du géant des réseaux sociaux, indiquant que l'utilisation de l'application avait augmenté depuis cette mise à jour.
- "Confiance" -
Contrairement au pari de 2021 sur le métavers, qui s'est soldé par un échec et des pertes massives, les sommes consacrées à l'IA ont déjà permis à la société de faire croître ses revenus publicitaires.
Ces derniers, qui représentent la quasi-totalité du chiffre d'affaires de Meta, ont gagné 33% sur un an au premier trimestre.
Au total, le chiffre d'affaires du groupe se monte à 56,2 milliards de dollars.
Grâce à ses nouveaux modèles d'IA, Meta "va pouvoir comprendre ce qui vous intéresse", a promis Mark Zuckerberg, "plutôt que d'analyser des tendances statistiques", la méthode utilisée jusqu'ici.
Cela va notamment "nous permettre de vous montrer des choses plus utiles à ce que vous essayez d'accomplir" et de "créer du contenu personnalisé", une précision accrue qui doit améliorer l'efficacité de la publicité sur ses plateformes.
La marge opérationnelle est restée stable, signe que la frénésie d'investissements ne rogne pas, en l'état, sur la rentabilité.
Pour Matt Britzman, le décrochage de l'action après la publication relève d'une "réaction excessive" du marché.
L'analyste souligne que la prévision de coûts de l'entreprise est restée inchangée.
Meta a récemment annoncé en interne le licenciement de 8.000 personnes, soit environ 10% de ses effectifs, ainsi que la suppression de 6.000 postes actuellement non pourvus.
Ces mesures visent notamment à contrebalancer l'impact des dépenses liées à l'IA.
Mark Zuckerberg a justifié la hausse du budget d'investissement prévu par celle des coûts d'approvisionnement, notamment pour les puces mémoire, qui font l'objet d'une pénurie depuis plusieurs mois.
"Mais", a insisté le PDG, "tous les signes que nous observons dans nos activités et à travers l'industrie nous donne confiance dans ces investissements."
Pour Minda Smiley, analyste d'Emarketer, certains observateurs sont aussi préoccupés par l'avenir du modèle de Meta à l'aune d'un mouvement mondial pour limiter l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux.
Meta vient d'être condamnée en première instance dans deux affaires aux Etats-Unis, tandis que le Parlement de Californie examine un texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, à l'instar de la loi entrée en vigueur en Australie fin 2025.
A.Taylor--AT