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Le dossier judiciaire s'alourdit pour Morandini, maintenu à l'antenne
Le dossier judiciaire de Jean-Marc Morandini s'alourdit: déjà condamné pour corruption de mineurs, l'animateur a renoncé à contester une condamnation pour harcèlement sexuel dans un autre dossier, accentuant la pression sur sa chaîne CNews qui le maintient à l'antenne.
L'animateur de 60 ans présentera bien mercredi le "Morandini Live", comme chaque jour, a indiqué la chaîne à l'AFP.
M. Morandini s'est désisté jeudi dernier de son pourvoi en cassation contre sa condamnation pour harcèlement sexuel, ce qui va la rendre définitive, a appris mardi l'AFP de source judiciaire, confirmant une information de BFMTV.
Il avait été condamné en appel en janvier 2025 à 18 mois de prison avec sursis, reconnu coupable d'avoir "usé de pressions pour obtenir un acte sexuel" de la part d'un jeune comédien.
L'animateur doit en outre payer une amende de 10.000 euros et indemniser Gabriel, la victime, et il a également l'obligation de suivre des soins psychologiques.
Il était poursuivi pour avoir encouragé des comédiens, âgés de 19 à 26 ans au moment des faits, entre juin et septembre 2015, à s'exhiber nus pour les castings d'une web-série intitulée "Les Faucons" dont il était le producteur.
Une pseudo directrice de casting, Catherine Leclerc - qui n'était autre que Jean-Marc Morandini sous pseudonyme - leur avait adressé des courriels pour leur demander avec insistance d'envoyer des vidéos d'eux nus, le pubis rasé, et de scènes de masturbation parfois avec éjaculation.
Selon les enquêteurs, le "personnage totalement fictif" de Catherine Leclerc constituait une "figure maternelle et sécurisante inspirant confiance" notamment au plus jeune des plaignants, Gabriel.
Le 14 janvier déjà, la Cour de cassation avait rendu définitive une autre condamnation à son encontre, pour corruption de mineurs, pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016.
Pour ces faits, il a écopé de deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende. M. Morandini a en outre une interdiction définitive d'exercer une profession en contact avec des mineurs, et son inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles est confirmée.
- "le coeur et la raison" -
Dans la foulée de la décision de la Cour de cassation, CNews avait annoncé maintenir l'animateur à l'antenne, faisant valoir que "Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice" avec un recours envisagé devant la Cour européenne des droits de l'Homme.
Mais depuis, plusieurs figures de CNews - Sonia Mabrouk, Pascal Praud, Laurence Ferrari - ont pris leurs distances.
Le 20 janvier, la première avait été interpellée par son invité, le député socialiste Jérôme Guedj: la décision du maintien de M. Morandini "ne m'appartient pas" mais "votre question est légitime, j'avoue que je n'en dors pas depuis plusieurs jours", avait-elle répondu.
Mardi matin, Sonia Mabrouk n'était pas à l'antenne mais a posté sur X que "le coeur et la raison ont parlé". Elle sera de retour mercredi, d'après CNews.
Aucune de ces vedettes n'a demandé le retrait de l'animateur.
En interne, certains le réclament cependant. Le syndicat +Libres de Canal+ a ainsi demandé "le départ sans indemnité de Jean-Marc Morandini", comme la direction de la chaîne alors appelée iTélé s'y était engagée en 2016 en cas de condamnation.
La première chaîne d'information en continu de France en parts d'audience, appartient au groupe Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
L'animateur revendique 400.000 téléspectateurs en moyenne cette saison devant le "Morandini Live", où sont conviés politiques, journalistes et personnalités pour débattre de l'actualité.
En fin de semaine dernière, Jordan Bardella a donné consigne aux élus et porte-parole du RN de ne plus participer à ses émissions, alors qu'ils s'y rendaient régulièrement.
Depuis septembre, Jean-Marc Morandini enregistre son émission dans les locaux de CNews et d'Europe 1 à Paris. Il n'est pas au même étage que les jeunes stagiaires.
Le statu quo "n’est pas souhaitable, même pour Morandini", estime une source interne auprès de l'AFP, en déplorant que "ceux qui attaquent la chaîne vont utiliser cette histoire".
En 2016, la rédaction avait fait grève pendant un mois pour protester contre l'arrivée de l'animateur à l'antenne. Il venait d'être mis en examen pour "corruption de mineurs" et avait été écarté d'Europe 1.
R.Lee--AT