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30 euros la fiche de police sur Snapchat: une policière parisienne et son compagnon arrêtés
Elle consultait les fichiers de police, il revendait les infos sur Snapchat : une policière de la région parisienne et son compagnon ont été placés sous contrôle judiciaire, notamment pour "corruption", a-t-on appris jeudi de sources concordantes.
Les deux suspects, placés en garde à vue lundi, ont été présentés à un juge mercredi et doivent être jugés le 15 juin 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris pour "détournement de la finalité d'un fichier" et "transmission frauduleuse des données", "violation du secret professionnel" ou encore "corruption active et passive", a indiqué à l'AFP le parquet de Paris.
D'ici là, ils n'ont pas le droit d'entrer en contact, de quitter le territoire et pour la policière "d'exercer toute fonction publique", a-t-il précisé.
L'enquête a commencé en mai, lorsque des enquêteurs de l'Office anti-cybercriminalité (Ofac) découvrent sur Snapchat une story qui propose la consultation de fichiers de police, notamment celui des personnes recherchées.
La policière, une gardienne de la paix affectée à des gardes de bâtiments et qui ne menait pas d'enquête, est suspectée d'avoir consulté "une vingtaine de fiches". Sur son compte, des virements allant de 15 à 5.000 euros, venant des personnes concernées par ces fiches.
Selon une source proche du dossier, la policière de 25 ans et son compagnon, âgé de 31 ans, auraient mis en place ce système début 2024. L'homme était chargé de trouver des clients sur Snapchat, tandis que sa compagne consultait les fichiers, a détaillé cette source.
Ils facturaient 30 euros pour la consultation de fichier la plus simple, 250 la levée d'immobilisation d'un véhicule, 150 euros pour celle du fichier des personnes recherchées (FPR).
Ce fichier sert à rechercher, surveiller ou contrôler certaines personnes à la demande des autorités judiciaires, administratives ou des services de police ou de gendarmerie. C'est là que se trouvent les fameuses fiches S, qui regroupent les personnes soupçonnées de visées terroristes ou d'atteinte à la sûreté de l'Etat.
En garde à vue, les deux suspects ont reconnu les faits tout en minimisant l'ampleur de la fraude, a ajouté cette source. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été co-saisie de l'enquête.
O.Brown--AT