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Cosquer: une réplique du "Lascaux sous-marin" s'ouvre samedi à Marseille
Chevaux, bisons et pingouins: les chefs d’œuvre de l'art préhistorique de la grotte Cosquer seront visibles à partir de samedi dans une réplique du "Lascaux sous-marin" du sud de la France, ouverte sur le port de Marseille.
Depuis l'annonce en 1991 de la découverte de cette grotte, ornée de plus de 30.000 ans dans les profondeurs des calanques de Marseille, l'idée d'en réaliser une réplique pour un large public a vite germé.
Mais il aura fallu attendre 2016 pour que la Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur décide de l'implanter à la villa Méditerranée, un bâtiment moderne mais inexploité, idéalement situé à côté du Mucem, le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, au coeur de la deuxième ville de France.
Samedi, après deux ans et demi de travaux, la société Kléber-Rossillon, choisie pour conduire et gérer ce projet de 23 millions d'euros, ouvrira au grand public la troisième copie d'une grotte préhistorique en France après celles de Lascaux en Dordogne et de Chauvet en Ardèche qu'elle avait déjà réalisées.
Sur ses parois émergées, un spectacle inoubliable l'attendait: la représentation de 229 figures de 13 espèces animales, des chevaux, bouquetins, bovidés, cerfs, bisons, antilopes saïga mais aussi phoques, pingouins, poissons, jamais vus dans les autres grottes préhistoriques déjà découvertes.
"Notre volonté était de montrer à un large public ce lieu inaccessible mais aussi de conserver un patrimoine voué à disparaitre par la montée de la mer", ont expliqué les promoteurs du projet "Cosquer Méditerranée".
- "si Cro-Magnon pouvait revenir" -
"Le résultat est fabuleux. On voit mieux les dessins que dans la vraie grotte" s'est enthousiasmé jeudi Henri Cosquer à l'issue d'une visite de presse. "Si l'homme de Cro-Magnon pouvait revenir il dirait: vous les hommes, vous arrivez maintenant à bouger les rochers et à les mettre dans le bon sens pour qu'on voie bien nos peintures", s'est-il amusé.
Si jeudi tout n'était pas encore calé - une passerelle pas livrée, des ouvriers mobilisés pour des derniers travaux, un programme informatique à régler - la patronne Geneviève Rossillon se voulait confiante pour le jour J, se disant à la fois "impatiente et stressée".
Dans le bassin entourant le bâtiment, la réplique du bateau d’Henri Coquer, le "Cro-magnon", est elle bien arrivée.
A l'entrée du site, après être passé devant la reconstitution d'un club de plongée et celle du café "Le France", QG des plongeurs de Cassis, un audio-guide en six langues est remis aux visiteurs.
Un ascenseur transformé en cabine de plongée avec des images marines dans des hublots, descend jusqu'au sous-sol, sous le niveau de la mer, où les curieux embarquent par six dans un véhicule d'exploration pour une visite de 35 mn et 220 mètres de parcours à travers la grotte reconstituée.
Bercé par la voix du comédien Philippe Caubère, sur un récit du préhistorien Thierry Felix, les visiteurs glissent en silence dans un jardin minéral reconstitué avec ses stalactites, ses effets mouillés, ses transparences, sa patine et ses bassins d'eau reflétant la roche.
Les principaux panneaux de la grotte, copiés par des artistes plasticiens, se succèdent sous des faisceaux lumineux: "La plage" (porte d'entrée de la découverte), "le panneau des chevaux", "les animaux marins", "le grand puits" avec ses mains noires et "le panneau des bisons" et ses mains rouges.
"Si on ne voit pas tous les dessins, ce n'est pas grave, ce qui compte c'est l'expérience", juge Gilles Tosselo, artiste plasticien, en évoquant la sérénité du lieu, loin des bruits de la ville pourtant si proche.
Si l'original de la grotte Cosquer est plus grand que sa réplique, "1.750 m2 de caverne, 100% des parois peintes et 90% des parois gravées seront montrées", assure Laurent Delbos, chef du chantier.
La visite prend fin au dernier étage du bâtiment par des expositions consacrées à la préhistoire et au réchauffement climatique avec notamment un projection dynamique illustrant la montée des eaux dans la baie de Marseille. Quelque 800.000 visiteurs sont espérés la première année, 500.000 les suivantes.
A.Taylor--AT