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Présidentielle: Macron et Le Pen à couteaux tirés dans leur débat
Les deux finalistes à la présidentielle Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont eu de vifs échanges mercredi soir lors de leur débat télévisé en s'affrontant sur la Russie, l'économie, les prix de l'énergie ou encore l'Europe, à quatre jours du second tour.
Interrogés sur l'Ukraine, le candidat Macron, très offensif, a accusé sa rivale de "dépendre du pouvoir russe" et "de monsieur Poutine" pour avoir "contracté un prêt auprès d'une banque russe".
"Vous parlez à votre banquier quand vous parlez de la Russie, c'est ça le problème madame Le Pen", a déclaré le président-candidat, Mme Le Pen répondant être "patriote (...) une femme absolument et totalement libre".
Elle a accusé M. Macron d'avoir "une posture pas digne", jugeant son attaque "assez malhonnête".
"C'est pas Gérard Majax ce soir madame Le Pen", "vous n'expliquez jamais comment vous financez vos projets, vous n'êtes pas honnête avec les gens", "le projet que vous portez est un projet de rétrécissement": le président-candidat a multiplié les attaques sur tous les sujets.
Notamment sur l'Europe. "Votre projet consiste à sortir de l'UE. Vous mentez sur la marchandise. L'Europe est une copropriété, on ne peut pas décider seul de ripoliner la façade", a-t-il accusé.
Mme Le Pen venait de dire qu'elle souhaitait "rester dans l'Union européenne", mais "profondément la modifier pour faire émerger une +alliance européenne des nations+".
Abordant en premier la thématique du pouvoir d'achat, préoccupation numéro un des Français selon les sondages, les deux adversaires se sont accrochés sur leurs propositions respectives d'incitations à augmenter les salaires et primes, chacun accusant l'autre de faire croire que les hausses seront "automatiques".
"Vous n'allez pas faire les salaires Mme Le Pen". "Tout comme vous n'allez pas faire les primes M. Macron", se sont répondu les deux candidats qui se font face pour la première fois depuis leur duel télévisé en 2017.
La cheffe de file du Rassemblement national a défendu sa proposition de geler "les cotisations patronales" en cas d'augmentation de "10% les salaires jusqu'à 3 fois le Smic".
- "Crises sans précédent" -
"C'est certes un manque à gagner" pour l'Etat mais, "ça n'est pas une dépense directe", a assuré Mme Le Pen.
Les deux candidats se sont aussi opposés sur les méthodes pour protéger le pouvoir d'achat, notamment sur l'energie, Emmanuel Macron défendant le "bouclier" déjà mis en place et son projet de "chèque alimentaire", Marine Le Pen prônant une baisse de TVA.
M. Macron a reproché à son adversaire de ne pas avoir voté pour ce bouclier à l'Assemblée nationale.
Le débat a commencé par des déclarations liminaires des candidats, Mme Le Pen déclarant que "le plus grand atout de la France c'est son peuple". Se disant "porte-parole des Français", elle a déploré les voir depuis cinq ans "souffrir, s'inquiéter d'un déclassement et d'une précarité qui reste généralisée".
Pour sa part, le président sortant a insisté sur cette période "de crises sans précédent" citant la pandémie de Covid-19 et la guerre sur le sol européen en Ukraine, disant vouloir "rendre notre pays plus indépendant et plus fort par son économie, par le travail, par la recherche, l'innovation, par sa culture".
Les deux adversaires se sont serrés la main en entrant sur le plateau pour un débat de 2H30, arbitré par les journalistes vedettes de TF1 et France 2, Gilles Bouleau et Léa Salamé.
Après moult tractations et tirages au sort de ce rendez-vous incontournable de toute présidentielle, c'est la candidate RN qui s'est exprimé en premier et qui conclura le débat.
Selon les experts, l'exercice ne bouleverse habituellement pas les dynamiques d'intentions de vote. Mais il pourrait servir à remobiliser certains électorats et "déplacer davantage de voix que ce qu'on a observé depuis le début de la Ve République", indique Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos France.
D'autant qu'une éventuelle forte abstention pourrait brouiller le jeu dimanche. Quelque 69% des sondés se disent certains d'aller voter, selon le sondage Ipsos, soit une baisse de six points par rapport à l'enquête des 30 avril et 1er mai 2017.
A quatre jours du second tour, les sondages donnent invariablement l'avantage au président sortant, avec 54 à 56,5% des intentions de vote contre 43,5 à 46% pour Marine Le Pen. Soit un écart de 8 à 12 points.
Les deux candidats divergent sur l'Ukraine, les relations avec la Russie, comme quasiment tout le reste: des retraites à l'écologie en passant par le port du voile, les libertés publiques et les institutions, le pouvoir d'achat et l'Union européenne.
P.Hernandez--AT