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Administration Trump et religieux conservateurs célèbrent les racines chrétiennes de l'Amérique
Des milliers de personnes sont rassemblées à Washington dimanche pour un marathon de "prière nationale" auquel participent plusieurs hauts responsables de l'administration Trump, perçu par certains comme une vitrine quasi officielle pour le nationalisme chrétien.
Ce courant bénéficie d'une plateforme importante depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, via les discours du ministre de la Défense Pete Hegseth, membre d'une église évangélique ultraconservatrice, ou des événements religieux au sein de la Maison Blanche.
Sur la pelouse du National Mall, à deux pas des centres de pouvoir de la capitale américaine, le public a rendez-vous devant une scène imitant le choeur d'une église dont les vitraux représentent la fondation des Etats-Unis, dont on célèbre les 250 ans.
Des membres du clergé, dont des pasteurs protestants et l'ex-archevêque de New York Timothy Dolan, des évangéliques et des politiques vont s'y relayer. Le président américain ouvrira le bal en vidéo, avant Pete Hegseth ou le secrétaire d'État Marco Rubio.
Dans un message sur son réseau Truth Social, Donald Trump a souhaité que les participants passent un "bon moment".
S'il "n'est pas rare de voir un groupe de pasteurs évangéliques se réunir et associer christianisme et nationalisme", il est "très inhabituel" que des membres de l'administration y participent, relève Sam Perry, professeur spécialisé dans la rhétorique à l'université Baylor (Texas).
- "Christianisme blanc" -
Doivent être honorés "l'histoire" et "les fondations de notre nation, qui a été bâtie sur les valeurs chrétiennes, sur la Bible", a décrit la télévangéliste Paula White, à la tête du "Bureau de la foi" de la Maison Blanche et conseillère spirituelle de Donald Trump.
Pete Hegseth a lui appelé à "reconsacrer cette république à Dieu et à la patrie".
L'administration Trump fait la promotion d'"une identité américaine ancrée dans le christianisme blanc" ou dans des racines "européennes", constate Sam Perry.
Mais ni la Déclaration d'indépendance, ni la Constitution ne mentionnent "la religion, Dieu, ou Jésus", précise Julie Ingersoll, professeure d'études religieuses à l'Université de Floride du Nord.
Pour elle, l'événement envoie le message que le christianisme est l'apanage des "Américains traditionnels", face aux autres religions ou personnes athées "mises à l'écart".
En réalité, estime Sam Perry, "il s'agit moins de la renaissance d'une certaine forme de christianisme que de la promotion d'un mouvement politique utilisant la religion pour justifier certaines positions", notamment anti-immigration.
- "Nationalisme chrétien" -
"Les détracteurs qui ont inventé ce nouveau terme de +nationalisme chrétien+, péjoratif et dénigrant, essaient de réduire au silence l'influence et les voix des chrétiens", a répondu le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, sur la chaîne Fox News dimanche matin.
Il figure sur la liste des invités, aux côtés de Robert Jeffress, pasteur baptiste du Texas et proche du président Trump, ou Samuel Rodriguez, pasteur évangélique ayant lu une prière lors de sa première investiture en 2017.
Tous sont chrétiens, à l'exception du rabbin orthodoxe Meir Soloveichik.
Parmi le public, essentiellement composé de personnes âgées, ainsi que de quelques adolescents, blancs, afro-américains comme asiatiques, des pancartes "Love Jesus" et "God Bless America" mais aussi de nombreuses casquettes "Make America Great Again" ("Rendre sa grandeur à l'Amérique"), le slogan de Donald Trump.
"Dieu aime ce pays, et je prie pour que les gens reviennent vers Jésus. Il est la seule réponse, pas seulement pour les Etats-Unis mais pour le monde", affirme Sarah Tyson, quinquagénaire venue de New York avec des amis de son église.
"Nous sommes ravis d'être ici pour ce moment historique", où Donald Trump va "reconsacrer ce pays à Dieu, dont nous croyons fermement qu'il est à l'origine même de notre nation", ajoute William Lodge, venu du Michigan.
Le choix du 17 mai n'est pas un hasard. Il marque une date désignée par le Congrès en 1776 comme journée de "jeûne et de prière" en faveur de la cause révolutionnaire contre les Britanniques. Moins de deux mois plus tard, le 4 juillet, l'Amérique proclamait son indépendance.
R.Chavez--AT