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Un discours du trône en pleine tempête politique au Royaume-Uni
En pleine tempête, le gouvernement du Premier ministre britannique Keir Starmer s'apprête à dévoiler ses priorités législatives mercredi lors du traditionnel discours du trône, prononcé par le roi Charles III à Westminster lors d'une fastueuse cérémonie.
Rituel de la vie politique, ce discours marque l'ouverture d'une nouvelle session parlementaire et permet de présenter les projets de loi que le gouvernement souhaite introduire dans les 12 mois à venir.
Il a lieu après plusieurs jours chaotiques pour Keir Starmer, appelé à la démission par 86 députés de son camp travailliste - sur un total de 403 -, à la suite d'élections locales aux résultats désastreux en Grande-Bretagne la semaine dernière et de nombreuses polémiques.
Quatre secrétaires d'État ont quitté leurs fonctions mardi en signe de défiance.
Le chef du gouvernement a reçu mercredi matin à Downing Street le ministre de la Santé Wes Streeting, dont le nom revient comme l'un de ses principaux rivaux. Une rencontre qui a duré moins de 20 minutes, de laquelle aucune information n'est sortie.
Coup dur supplémentaire pour Keir Starmer: les syndicats affiliés au parti travailliste lui ont retiré leur soutien. "Le Labour ne peut pas continuer sur cette voie", ont-ils écrit sur X. "Il va falloir mettre en place un plan pour l'élection d'un nouveau dirigeant".
- Trêve -
Mais la journée de mercredi devrait vraisemblablement se dérouler sous le signe de la trêve, par respect pour le discours du roi.
Keir Starmer a assuré mardi vouloir "continuer à gouverner". Et plus de 100 députés du Labour lui ont apporté son soutien dans une lettre, estimant que "ce n'(était) pas le moment d'engager une procédure de contestation de la direction" du parti.
Le Royaume-Uni "se trouve à un moment charnière: aller de l'avant avec un plan pour bâtir un pays plus fort et plus juste, ou revenir au chaos et à l'instabilité du passé", a déclaré Keir Starmer, cité dans un communiqué publié mardi soir par Downing Street.
"Le monde d'aujourd'hui est plus volatile et dangereux qu'il ne l'a été à aucun moment de l'histoire récente", a aussi souligné le bureau du Premier ministre, avec des guerres au Moyen-Orient et en Ukraine qui "menacent le niveau de vie" dans le pays.
Le roi Charles III se prête à cet exercice aux multiples rituels - arrivée en carrosse, couronne et tenues d'apparat - pour la troisième fois depuis son accession au trône en septembre 2022. En tant que monarque, il est tenu à une stricte neutralité politique.
Il récitera ce discours sur un trône doré dans la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement, vers 11H30 (10H30 GMT), assis aux côtés de son épouse Camilla.
Plus de 35 projets de loi doivent être présentés mercredi, sur des sujets aussi variés que la nationalisation du sidérurgiste British Steel, les énergies vertes ou l'immigration.
- Traditions séculaires -
Sur ce sujet, le gouvernement devrait présenter un texte visant à restreindre l'application de la Convention européenne des droits de l'homme pour faciliter les expulsions, déjà annoncé en novembre par la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood.
Il devrait aussi faire part de son projet de limiter les possibilités de recours des demandeurs d'asile déboutés, alors que le nombre de migrants ayant traversé la Manche sur des bateaux de fortune vient de dépasser 200.000 depuis le début des comptages en 2018.
Le gouvernement devrait aussi acter son intention d'interdire les Gardiens de la révolution iraniens, après une série d'attaques visant la communauté juive ces dernières semaines, dont l'une au cours de laquelle deux hommes ont été blessés à coups de couteau.
Ce discours solennel s'accompagne de traditions perpétuées depuis des siècles. Avant l'arrivée du monarque au palais de Westminster, des gardes royaux fouillent ainsi les caves à la recherche d'explosifs, un héritage de la tentative ratée des catholiques de faire sauter le bâtiment en 1605.
Le souverain se rend à Westminster en carrosse doré. Un député est symboliquement retenu en otage au palais de Buckingham afin d'assurer le "retour sain et sauf du roi".
W.Morales--AT