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L'adieu en rose et blanc à Loana, l'émotion d'une génération
La cathédrale du Vieux-Nice était pleine vendredi, avec au premier rang Steevy Boulay, pour dire adieu à Loana, première vedette de la téléréalité en France, morte à 48 ans après un itinéraire chaotique qui a marqué toute une génération.
Applaudi à son arrivée, Steevy, ancien camarade du Loft de Loana, répond: "C'est normal, c'était mon amie".
A ses côtés, un petit condensé du premier Loft Story, émission pionnière de la téléréalité, il y a 25 ans, qui avait propulsé Loana: la productrice Alexia Laroche-Joubert, le présentateur Benjamin Castaldi ou Julie Mercy, une autre participante de ce "Loft".
Le cercueil rose rehaussé d'un coeur en argent était porté par des employés des pompes funèbres portant des cravates roses et des fleurs blanches à la boutonnière devant sa mère.
"Je demande à Marie de prendre soin de mon enfant. On n'a jamais coupé le cordon ombilical. Je te retrouverai ma miette, tu resteras ma miette", commence Violette Petrucciani.
Sur la photo à l'entrée de la cathédrale Sainte-Réparate, Loana salue tout sourire dans un top dénudé rose clair. C'était en 2001, elle descendait les Champs-Elysées telle une star après avoir passé dix semaines filmée 24H/24 par les caméras de M6 et remporté cette première édition de "Loft Story".
C'est donc cette image-là que ces proches veulent que le public, invité et venu nombreux, retienne alors que les dernières années ont été marquées par la précarité, les addictions. Le 25 mars, son corps avait été découvert dans son petit appartement, à côté de celui de son chien.
Pour Josiane Higuero, retraitée de 65 ans, Loana était "une fille bien, une fille simple, qui a tout donné, elle était proche des gens, elle a gagné de l'argent mais elle a distribué et plus personne n'était là après autour d'elle".
"C'est ma génération, j'ai suivi le loft et tout son parcours. Son décès est triste mais c'était évident, vu comme elle dépérissait. Il aurait fallu mieux l'accompagner", confie Sylvie, 56 ans.
La cérémonie religieuse, fermée aux caméras, sera entrecoupée par Le rêve bleu, chanson culte du dessin animé de Disney Aladdin interprété à l'orge. Elle se terminera par "Comme je t'aime", un titre hommage à sa fugace carrière de chanteuse.
Son ami Laurent Amar était également présent, ainsi qu'Eryl Prayer, arrivé en larmes.
Loana Petrucciani (de son nom complet) sera ensuite incinérée dans l'intimité.
- "On a tous regardé" -
La France l'avait découverte au printemps 2001 lorsqu'elle a vécu avec d'autres anonymes le "Loft". Elle avait 21 ans et s'était vite distinguée par sa blondeur, ses ébats dans la piscine mais aussi son évidente vulnérabilité.
Elle a grandement participé au succès immédiat et phénoménal de ce premier programme de téléréalité en France. L'émission, considérée comme culte, a inspiré en 2024 une série.
Après, Loana avait tenté différentes reconversions: mannequin pour Jean-Paul Gaultier, styliste pour une ligne de vêtements portant son nom, animatrice TV sur des chaînes du câble... Mais le conte de fée a rapidement viré au cauchemar.
Déjà fragile - victime d'un père incestueux et obligée à 19 ans de confier sa fille Mindy aux services sociaux - Loana avait entamé ensuite un long déclin personnel, entre violences subies, problèmes de santé, tentatives de suicide, overdoses et épisodes psychiatriques.
Quand les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir, ont découvert son corps à son domicile près de la gare de Nice, le décès remontait à plusieurs jours.
L'enquête n'a révélé aucun élément indiquant l'intervention d'un tiers. Une plaie à l'arrière du crâne et des ecchymoses dans la région lombaire laissent envisager l'hypothèse d'une chute en arrière, mais l'autopsie n'a pas permis de déterminer les causes du décès avec certitude.
Des analyses pour détecter la présence de produits toxiques ou d'éventuelles pathologies sont encore en cours.
"La vérité, c'est qu'on est tous un peu responsables. Parce qu'on a tous regardé. Parce qu'on a tous commenté. Parce qu'on a tous, à un moment, détourné les yeux quand ça devenait trop dur. Elle incarnait une innocence brute dans un monde qui ne pardonne rien", avait commenté à l'annonce de son décès Benjamin Castaldi, sur Instagram.
P.A.Mendoza--AT