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"Un homme qu'on aurait voulu comme frère": l'adieu intime et populaire à Bruno Salomone
Sous un soleil printanier, un chant gospel se mêle aux applaudissements. A Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne, anonymes et célébrités se sont rassemblés lundi pour un ultime hommage à l'acteur Bruno Salomone, "un homme simple" apprécié ici.
Devant la jolie petite église Sainte-Anne de Polangis, à l'architecture de briques rouges, des dizaines de personnes patientent debout. A l'intérieur, les quelque 80 places assises n'ont pas suffi à accueillir tous ceux venus saluer l'humoriste, décédé d'un cancer à 55 ans.
"C'était l'homme qu'on aurait eu envie d'avoir comme frère, beau-frère, mari ou ami", confie Anne, une admiratrice de 55 ans. "Le plus drôle de sa génération. A ses spectacles, j'ai pleuré de rire pendant une heure et demie non-stop".
Loin des artifices, Bruno Salomone cultivait la discrétion sur l'île Fanac, havre de verdure sur la Marne. "On faisait notre marché ensemble dans le haut de Joinville", se souvient Sabrina, 55 ans. "C'était quelqu'un de très simple, abordable, qui ne se prenait pas la tête."
Une couronne de fleurs multicolores témoigne de cet ancrage local : "Habitants, voisins et amis de l'île Fanac". La ville de banlieue parisienne a l'habitude de côtoyer des personnalités. "Laurent Voulzy habite aussi à Joinville", glisse Jérôme Blade, 66 ans. "Mais perdre Bruno, c'est un peu de nous-mêmes qui s'en va, on a l'impression qu'on l'a toujours connu".
Brigitte, une de ses anciennes collaboratrices, confirme : "C'était un homme d'une infinie délicatesse. Même les inconnus ont le sentiment de perdre un proche".
- "Poète fou" -
Durant la messe, James Huth, le réalisateur franco-britannique de "Brice de Nice", a rendu hommage à son ami, ce "poète fou", qui est "parti avec élégance".
Le prêtre a salué le combat d'un "guerrier" face à la maladie, puis le cercueil est porté par six personnes, dont l'acteur Jean Dujardin, très ému. Le cortège entame alors une lente déambulation via l'avenue du Général-Gallieni jusqu'au cimetière communal à un kilomètre de là.
Dans la foule se pressent ses anciens complices des "Nous ç Nous", mais aussi toute la distribution de la série "Fais pas ci, fais pas ça" (Guillaume de Tonquédec, Valérie Bonneton, Isabelle Gélinas...), qui l'a consacré auprès du grand public dans le rôle de Denis Bouley.
Certains viennent de loin, comme Cyril, directeur de mairie, parti à 4h30 du matin pour parcourir 1.200 kilomètres depuis la Drôme avec son fils. "Cette série a accompagné toute notre vie, on tenait à être là".
Corinne, 64 ans, se rappelle avec tendresse de son humour "burlesque", évoquant ses irrésistibles sketchs sur le cochon d'Inde.
Au cimetière, sur fond de "Si tu n’existais pas" de Joe Dassin et sous une nuée d'applaudissements, l'heure est aux souvenirs intimes, autour de son épouse Audrey et de sa maman. Les prises de parole s'enchaînent autour du cercueil. Toute l'équipe de "Fais pas ci fais pas ça", ouvre les hommages "au meilleur des partenaires, humble et pudique" même pendant le cauchemar de la maladie".
Des amis rappellent son exigence créative, sa célèbre Audi bordeaux, et sa générosité, rappelant le courage indéfectible de sa femme, qualifiée de "warrior" (guerrière). Un de ses camarades résume l'esprit de l'artiste, atteint de misophonie : "Cherche pas t'as tort, je suis collector. Oui l'ami tu étais collector, unique".
Devant la tombe, où trône une plaque de marbre portant l'inscription "Bruno Salomone 1970-2026", Stéphane, 54 ans, se remémore avec nostalgie leurs cours d'improvisation théâtrale à l'Olympia dans les années 1990 : "Il imitait à merveille Louis de Funès. Je l'aimais bien, jamais personne m'a fait rire comme ça".
P.Smith--AT