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CNews: la pression monte autour du cas Morandini
La pression s'accentue sur CNews et Jean-Marc Morandini, condamné pour corruption de mineurs: élus et porte-parole du RN ont reçu consigne de ne plus participer à ses émissions, après déjà plusieurs prises de distance de figures de sa chaîne.
Le 14 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de l'animateur pour corruption de mineurs pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016.
Jordan Bardella a transmis l'ordre de boycott à ses troupes en fin de semaine dernière, a indiqué lundi l'entourage du président du Rassemblement national, confirmant une information du magazine Le Point.
Les membres du parti d'extrême droite allaient jusqu'ici régulièrement sur le plateau du "Morandini Live", l'émission quotidienne de Jean-Marc Morandini.
A gauche, aucun élu n'y allait plus dès avant la décision de justice. Seul un élu LR y a été vu depuis.
Dans la foulée de la décision de la Cour de cassation, CNews avait annoncé maintenir l'animateur à l'antenne, faisant valoir que "Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice" avec un recours envisagé devant la Cour européenne des droits de l'Homme.
"On assume complètement", Jean-Marc Morandini "est à l'antenne et il le restera", avait ensuite assuré le directeur général de Canal+ France, Gérald-Brice Viret.
CNews, première chaîne d'information en continu de France en parts d'audience, appartient au groupe Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
Sollicitée lundi au sujet des derniers développements, la chaîne n'a pas réagi.
L'animateur revendique 400.000 téléspectateurs en moyenne cette saison devant le "Morandini Live", où sont conviés politiques, journalistes et personnalités pour débattre de l'actualité.
Le 20 janvier, Sonia Mabrouk a été la première figure de CNews à prendre ses distances.
Interpellée par son invité, le député socialiste Jérôme Guedj, elle avait répondu: "C'est une décision qui ne m'appartient pas". "Votre question est légitime, j'avoue que je n'en dors pas depuis plusieurs jours", avait-elle ajouté, tout en disant son "respect pour (sa) direction".
- "loyauté professionnelle" -
Samedi, elle a été soutenue par la tête d'affiche de la chaîne, Pascal Praud. "Elle a trouvé les mots justes. J'aurais pu prononcer quasiment les mêmes paroles", a-t-il écrit sur X.
"Chacun a pu entendre sur l'antenne de CNews que je me suis toujours engagé contre les violences sexuelles et les comportements sexistes. Je pense évidemment aux victimes", a-t-il poursuivi.
Dimanche, c'est une autre vedette de CNews, Laurence Ferrari, qui a pris la parole dans le quotidien Le Parisien. "Je me sens interpellée au-delà du plan professionnel par la situation que nous vivons à CNews", a-t-elle déclaré, soulignant son engagement "dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes".
Pour autant, "je n'ai pas de malaise" et "ma loyauté professionnelle envers cette chaîne reste totale", a-t-elle précisé.
Aucun de ces journalistes n'a demandé le retrait de l'animateur de 60 ans.
En interne, certains le réclament cependant. Le syndicat +Libres de Canal+ a ainsi demandé "le départ sans indemnité de Jean-Marc Morandini", comme la direction de la chaîne alors appelée iTélé s'y était engagée en 2016 en cas de condamnation.
Le syndicat a pointé notamment une "atteinte" à l'"image" du groupe Canal+ et un "impact sur la fierté d'appartenance des collaborateurs".
Depuis septembre, Jean-Marc Morandini enregistre son émission dans les locaux de CNews et d'Europe 1 à Paris. Il n'est "pas au même étage" que les jeunes stagiaires, a précisé le directeur général de Canal+ France.
En 2016, la rédaction avait fait grève pendant un mois pour protester contre l'arrivée de l'animateur à l'antenne. Il venait d'être mis en examen pour "corruption de mineurs" et avait été écarté d'Europe 1.
Jean-Marc Morandini a également été condamné en appel en janvier 2025 à 18 mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel à l'encontre d'un jeune comédien.
Dans ce dossier, il était poursuivi pour avoir encouragé en 2015 des comédiens, alors âgés de 19 à 26 ans, à s'exhiber nus pour les castings d'une web-série dont il était le producteur.
L'animateur a là aussi déposé un pourvoi en cassation, qui n'a pas encore été examiné.
E.Hall--AT